Procès de l’assassinat de Jovenel Moïse à Miami : témoignages clés, thèse de la défense et nouvelles révélations sur la préparation du complot…

Jovenel Moise, ancien President d'Haiti

MIAMI, samedi 18 avril 2026 (RHINEWS)– Le procès fédéral en cours à Miami concernant l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse a été marqué, vendredi, par de nouveaux témoignages détaillant la genèse du complot, tandis que la défense a maintenu une ligne contestataire sur les circonstances exactes de la mort du chef d’État.

Selon un article publié le 17 avril 2026 par le Miami Herald, un témoin clé, l’ancien militaire colombien German Rivera, a déclaré devant le tribunal que le projet d’assassinat « a émergé environ deux semaines avant le meurtre », après l’échec d’une opération antérieure visant à capturer le président à son retour d’un voyage en Turquie.

Rivera a indiqué qu’un ancien fonctionnaire haïtien, Joseph Félix Badio, présenté sous le nom de code « le cousin », avait pris un rôle central dans la coordination sur le terrain. Il a également affirmé que les mercenaires recrutés avaient initialement été amenés à croire qu’ils participeraient à une mission de sécurité, avant que l’objectif ne bascule vers un changement de pouvoir en Haïti.

« Nous étions des guerriers, des vengeurs, et nous allions aider à changer le gouvernement d’Haïti », a-t-il déclaré, décrivant les motivations présentées au groupe.

Le témoin a ajouté qu’il lui avait été promis un salaire mensuel compris entre 4 000 et 4 500 dollars pour des missions de sécurité censées durer plusieurs années, affirmant avoir accepté en raison de difficultés financières personnelles.

Au cœur des débats, les avocats des quatre accusés — des hommes liés au sud de la Floride — ont réitéré leur argument principal selon lequel le président Moïse aurait déjà été mort lorsque les mercenaires colombiens sont arrivés à sa résidence dans la nuit du 7 juillet 2021.

Cette thèse contredit celle de l’accusation, qui soutient que les accusés ont conspiré pour recruter un commando chargé d’enlever ou de tuer le président. Des témoignages antérieurs, rapportés dans la presse floridienne, indiquent que certains participants au complot affirment ne pas avoir été informés d’une intention d’assassinat. « Ils ne m’ont jamais dit qu’ils allaient le tuer », a notamment déclaré l’homme d’affaires Rodolphe Jaar lors d’une audience précédente.

Les procureurs soutiennent pour leur part que les accusés ont organisé depuis la Floride le recrutement d’une vingtaine d’anciens militaires colombiens pour mener l’opération en Haïti, dans un contexte mêlant intérêts politiques, promesses financières et ambitions de changement de régime.

Le procès, ouvert début mars à Miami, vise quatre hommes accusés d’avoir participé à la planification du complot depuis le territoire américain, près de cinq ans après l’attaque qui a coûté la vie au président haïtien et plongé le pays dans une crise prolongée.

Au fil des audiences, les témoignages mettent en lumière la complexité d’un complot aux ramifications transnationales, impliquant des acteurs basés en Floride, en Haïti et en Amérique latine, ainsi que des divergences profondes entre les versions de l’accusation et celles de la défense sur le déroulement exact des faits et les intentions initiales des participants.