Assemblée générale de l’ONU : Mahmoud Abbas accuse Israël de génocide et appelle à la reconnaissance pleine de la Palestine…

Mahmoud Abbas, president de l'autorite palestinienne....

NEW-YORK, jeudi 25 septembre 2025 (RHINEWS) – Empêché de se rendre à New York faute de visa, le président palestinien Mahmoud Abbas s’est exprimé par vidéo jeudi devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Flanqué des drapeaux palestiniens dans son bureau de Ramallah, il a accusé Israël de mener « un des chapitres les plus atroces de l’histoire humaine » à Gaza, dénonçant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité assimilables à un génocide.

« Depuis le 7 octobre 2023, plus de 64.000 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne, dont une majorité d’enfants, de femmes et de personnes âgées », a déclaré Abbas. Il a évoqué une population piégée « entre la famine et les bombes », rappelant que plus de 80 % des infrastructures de Gaza – logements, hôpitaux, écoles, lieux de culte – ont été détruites. Selon lui, le blocus israélien a provoqué une famine qui s’étend désormais dans le nord de l’enclave.

Un rapport d’une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par l’ONU, publié le 16 septembre, a conclu qu’Israël, en réduisant l’espace vital des Palestiniens et en privant délibérément la population de ressources essentielles, s’était rendu coupable d’actes constitutifs de génocide. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, sans reprendre ce terme, avait estimé mardi au Conseil de sécurité que la situation était devenue « moralement et juridiquement indéfendable ».

Le président palestinien a également dénoncé l’expansionnisme israélien en Cisjordanie, citant en particulier le projet de colonie E1, récemment approuvé, qui couperait le territoire en deux et isolerait Jérusalem-Est. « Les colons brûlent des maisons, arrachent des arbres, attaquent des villages et agressent les civils palestiniens sous la protection de l’armée israélienne », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la Cour internationale de Justice avait jugé en juillet 2024 l’occupation israélienne « illicite » en vertu du droit international.

Abbas a par ailleurs pris ses distances avec le Hamas, à l’origine des attaques du 7 octobre 2023 qui ont fait environ 1.200 morts en Israël et plus de 200 otages. « Ces actes ne représentent pas le peuple palestinien », a-t-il insisté, appelant le mouvement islamiste à déposer les armes et à mettre fin à son contrôle de Gaza. Il a dressé la liste de ses conditions pour sortir de la crise : cessez-le-feu permanent, entrée sans conditions de l’aide humanitaire, libération des prisonniers et otages, retrait complet d’Israël de Gaza, arrêt de la colonisation, restitution des recettes fiscales palestiniennes et organisation d’élections générales.

Le président de l’Autorité palestinienne a enfin salué les nouvelles reconnaissances diplomatiques de l’État de Palestine par la France, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada lors d’une conférence internationale à l’ONU, coparrainée par la France et l’Arabie saoudite. « J’appelle les pays qui ne l’ont pas encore fait à passer à l’acte », a-t-il lancé.

Concluant son intervention, Mahmoud Abbas a martelé la détermination de son peuple : « La Palestine nous appartient. Jérusalem est notre capitale éternelle. Nous ne quitterons pas notre patrie. Notre peuple demeurera enraciné, tel l’olivier, solide comme le roc. »