Par Evens Dubois
NEW-YORK, dimanche 4 janvier 2026 (RHINEWS)-L’année 2026 a à peine trois jours qu’un événement inattendu fait déjà l’effet d’une bombe. Tôt ce matin, le président américain Donald Trump a ordonné à l’armée de son pays de bombarder le Venezuela et de kidnapper le président Nicolás Maduro, déclenchant un séisme politique mondial. Cette opération relance une version agressive de la doctrine Monroe, fragilise Cuba et accélère la recomposition d’un monde où l’Occident ne fixe plus seul les règles.
Le président de la République bolivarienne du Venezuela est accusé d’une longue liste de crimes. On dirait un « catalogue d’horreur », tant les accusations sont nombreuses et graves : corruption massive, violations des droits humains, liens supposés avec des groupes criminels, détournement de fonds publics, répression de l’opposition et implication présumée dans des réseaux de trafic de drogues. Pour certains analystes, l’ensemble ressemble à un dossier construit pour justifier une intervention rapide.
Lors de son allocution, Donald Trump a énuméré ces accusations sans montrer la moindre émotion, comme s’il s’agissait d’un simple inventaire administratif. Cette présentation froide a renforcé l’impression d’une opération menée avec détermination, sans nuance et sans considération pour les conséquences régionales.
L’arrestation de Nicolás Maduro marque un tournant. Depuis 1945, les grandes puissances respectaient certaines limites : souveraineté des États, protection des dirigeants en exercice, équilibre entre blocs. Cette opération montre que ces principes ne sont plus garantis.
Washington applique désormais une « doctrine Monroe 2.0 » : une vision où l’hémisphère occidental doit rester sous contrôle américain, par la pression, la force ou l’ingérence directe. L’annonce du président américain, qui veut diriger lui-même la transition au Venezuela, s’inscrit dans cette logique.
Les mesures présentées ressemblent, selon de nombreux experts, à un programme pensé pour des intérêts extérieurs. Elles ouvrent la voie à une restructuration économique qui pourrait transformer le pays en zone d’extraction rapide. Le Venezuela, riche en pétrole et en minerais stratégiques, apparaît comme un territoire vulnérable. Selon Trump, le Venezuela sera une « veine ouverte », exposée à des groupes économiques prêts à profiter de la situation.
Cette intervention envoie aussi un message politique. Elle montre que les États-Unis sont prêts à agir seuls pour défendre leur influence. Mais ce geste pourrait renforcer la Russie, la Chine et d’autres puissances qui contestent l’ordre international actuel. Pour elles, cet épisode confirme que le monde devient multipolaire et que l’Occident ne peut plus imposer ses règles sans résistance.
La République socialiste de Cuba se retrouve isolée, sous pression, et plus exposée que jamais. La chute du pouvoir vénézuélien a des conséquences immédiates pour La Havane. La Révolution bolivarienne était un soutien politique et économique essentiel ; sa disparition place Cuba dans une situation critique.
La révolution cubaine, qui a résisté plus de soixante ans, se retrouve aujourd’hui isolée. L’étau se resserre : crise économique, sanctions, perte d’alliés régionaux. Plusieurs analystes estiment que l’île présente désormais les signes d’un pays vulnérable. Certains craignent que des tensions internes soient encouragées ou instrumentalisées pour accélérer une transition politique.
Le pouvoir cubain, symbole historique de la lutte anti-impérialiste, cherche encore une voie pour sortir de la crise sans revenir à un modèle fondé sur l’exploitation de l’homme par l’homme, comme avant 1959. Mais la pression augmente. Pour plusieurs observateurs, Cuba ressemble à un fruit mûr que l’on pourrait tenter de faire tomber.
Dans ce contexte, l’administration américaine semble déterminée à poursuivre sa stratégie. Renforcée par son succès au Venezuela, elle pourrait intensifier ses pressions sur Cuba. L’idée qui circule est simple : après une première victoire, l’appétit grandit. Et Washington pourrait vouloir aller plus loin.
Ce coup porté à la révolution vénézuélienne dépasse largement les frontières du pays. Il ouvre une nouvelle phase dans l’histoire mondiale. Il montre que l’ordre international construit après 1945 se défait sous nos yeux.
Les règles changent, les rapports de force se déplacent, et les puissances émergentes prennent de plus en plus de place. Le Venezuela devient le symbole d’un monde où les interventions unilatérales créent plus de tensions qu’elles n’en résolvent. Cuba, de son côté, se retrouve exposée dans une région en pleine recomposition.
La doctrine Monroe 2.0, réactivée dans un contexte de rivalités globales, ouvre une période plus dure, plus instable, où chaque geste peut provoquer une réaction en chaîne. Une chose est claire : le monde entre dans une zone de turbulence durable. Les certitudes d’hier disparaissent, et les décisions prises aujourd’hui redessineront l’équilibre mondial pour longtemps.
Evens Dubois
Brooklyn, NY
1/4/26

