Par Dr Roland Joseph, PhD
Massachusetts, mardi 16 juin 2026 (RHINEWS) – Après plusieurs mois de tensions et d’affrontements, Washington et Téhéran sont parvenus à un protocole d’accord qui pourrait ouvrir la voie à une désescalade durable. Le président américain Donald Trump a annoncé sur Truth Social la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que la levée du blocus naval américain, deux mesures présentées comme des signes d’apaisement entre les parties.
La signature officielle de l’accord est prévue à Genève, en Suisse, au plus tard le 19 juin. Selon plusieurs médias internationaux, un accord de principe aurait déjà été conclu par voie électronique. Au moment d’écrire ces lignes, le document complet n’a toutefois pas encore été rendu public.
D’après les informations disponibles, l’entente prévoit la fin immédiate des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban. Les négociations qui doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines porteront principalement sur le programme nucléaire iranien, la levée des sanctions américaines, le développement économique du pays et la mise en place d’un mécanisme destiné à garantir le respect des engagements pris par les deux parties. L’accord prévoirait également le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger.
La conclusion de cet accord s’inscrit dans un contexte particulièrement symbolique, marqué par plusieurs dates importantes pour les États-Unis et, dans une certaine mesure, pour le président Donald Trump. Il survient quelques jours après le lancement de la Coupe du monde de football le 11 juin 2026, à l’ouverture du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le 15 juin, le jour de l’anniversaire du président Trump le 14 juin, et à quelques semaines du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, le 4 juillet 2026.
Il s’agit sans aucun doute d’une avancée significative dans le conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Au-delà des enjeux diplomatiques et stratégiques, cet accord rappelle une réalité souvent oubliée : aucune guerre ne peut remplacer durablement le dialogue. Après des mois de frappes, de menaces et de pertes humaines, les protagonistes reviennent finalement à la table des négociations, rappelant que même les conflits les plus complexes finissent souvent par emprunter la voie du « nonkilling peace », c’est-à-dire la capacité des êtres humains à gérer leurs différends sans recourir au meurtre.
Cette évolution rappelle également une idée centrale défendue par le professeur Glenn D. Paige, fondateur de la science politique nonkilling : l’absence de guerre ou l’existence d’une société de non-meurtre ne signifie pas l’absence de conflit. Les conflits font naturellement partie de la vie des sociétés et des relations entre les états. La véritable question n’est donc pas de savoir comment les éliminer, mais comment les gérer sans recourir à la force ou à la violence meurtrière.
L’histoire montre que les guerres finissent souvent par déboucher sur des négociations. Pourtant, les États continuent de préparer la paix par la guerre en investissant massivement dans leurs capacités militaires. Pourquoi attendre des milliers de morts avant de privilégier le dialogue ? Il est temps de dépasser l’adage « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre ») pour adopter une autre vision : « Si vis pacem, para pacem » (« Si tu veux la paix, prépare la paix »). Il devient donc nécessaire non seulement de préparer la paix, mais aussi de promouvoir une culture de la paix fondée sur les principes du nonkilling.
Reste à espérer que Washington et Téhéran feront preuve de sincérité, de courage politique et de respect de leurs engagements afin de transformer ce protocole d’accord en une paix durable, au bénéfice de leurs peuples, de leur région et de la stabilité internationale.
Dr. Roland Joseph, Ph.D., est chercheur associé au Center for Global Nonkilling (CGNK), activiste pour la paix et le désarmement nucléaire, promoteur infatigable du principe « nonkilling peace » ainsi que directeur exécutif du Caribbean Center for Nonkilling, Peace, and Conflict Studies (CCNPCS). Il a également participé aux travaux du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève en présentant des déclarations sur les défis sécuritaires, humanitaires et sociaux en Haïti.

