Trump, les missiles balistiques iraniens et la question nucléaire

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Par Dr Roland Joseph, Ph.D.

MASSACHUSETTS, mercredi 24 juin 2026 (RHINEWS) – Lors de sa participation au sommet du G7, le 17 juin 2026, le président Donald Trump a déclaré qu’il trouverait « quelque peu injuste » d’interdire à l’Iran de posséder des missiles balistiques alors que d’autres pays de la région, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, possèdent ce type d’armement. Il a ajouté que si ces États disposent de tels missiles, l’Iran pourrait, lui aussi, en avoir « quelques-uns », dans des proportions raisonnables.

Cette déclaration pourrait marquer une évolution importante dans le conflit. Au début de la guerre, l’une des priorités de Washington consistait à réduire, voire à détruire, les capacités balistiques iraniennes et à mettre un terme au programme nucléaire de Téhéran. En reconnaissant désormais la possibilité pour l’Iran de conserver une capacité balistique limitée, Donald Trump semble assouplir certaines des exigences de Washington afin de favoriser un compromis politique et diplomatique avec Téhéran.

Aujourd’hui, cinq États sont officiellement reconnus comme puissances nucléaires par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Quatre autres États possèdent également l’arme nucléaire sans être reconnus par le traité : l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël. Les neuf puissances nucléaires réunies possèdent près de 12 000 armes nucléaires.

Si l’on considère qu’il est immoral pour un État de posséder des armes nucléaires, sur quelle base neuf États continuent-ils d’en détenir près de 12 000 ? Comment expliquer que la possession d’armes nucléaires par certains États soit tolérée, tandis que l’acquisition de telles capacités par d’autres fait l’objet d’une forte opposition internationale ?

Certaines théories des relations internationales, notamment le réalisme, soutiennent que la possession de l’arme nucléaire favorise la dissuasion et contribue à prévenir les conflits majeurs entre les puissances nucléaires. D’autres estiment, au contraire, que ces armes représentent une menace permanente pour l’humanité. Une erreur technique, un accident ou une mauvaise évaluation stratégique pourraient provoquer une escalade aux conséquences catastrophiques.

Les propos du président Donald Trump sur la possibilité pour l’Iran de conserver une capacité balistique limitée soulèvent une question fondamentale : jusqu’où Washington est-il prêt à aller dans la recherche d’un compromis avec Téhéran ? Peut-on imaginer qu’un futur accord ouvre la voie à une forme de reconnaissance, même implicite, de l’Iran comme puissance nucléaire ?

La perspective du nonkilling peace — qui met l’accent sur la capacité des êtres humains à gérer leurs conflits sans recourir au meurtre — remet en question la légitimité du recours aux armes, y compris aux armes de destruction massive, comme moyen d’assurer la sécurité. Selon cette approche, la véritable sécurité ne devrait pas reposer sur la capacité de détruire l’adversaire, mais sur celle des nations à résoudre leurs différends sans recourir au meurtre ni à la menace de destruction massive.

Dr Roland Joseph, Ph.D., est chercheur associé au Center for Global Nonkilling (CGNK), spécialiste du paradigme nonkilling, des études sur la paix, des conflits et du désarmement nucléaire. Il intervient également devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève sur des questions liées à la paix, à la sécurité internationale et aux droits humains.