Pourquoi les élections prévues le 13 décembre pourraient ne pas avoir lieu ?

Symbole du CEP...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 17 septembre 2026 (RHINEWS)- À moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, des législatives et de la consultation populaire sur les modifications constitutionnelles, prévu le 13 décembre prochain, la question n’est plus seulement de savoir si le Conseil électoral provisoire (CEP) maintient cette date. Elle est désormais de déterminer si les conditions politiques, sécuritaires, administratives, techniques et logistiques nécessaires à la tenue effective du scrutin peuvent être réunies dans le délai qui reste.

Il reste exactement 87 jours avant le 13 décembre. Ce délai peut paraître suffisant sur le calendrier, mais il devient beaucoup plus court lorsqu’il faut le confronter aux réalités du terrain. Le CEP lui-même a précisé que le respect de son calendrier dépend notamment de l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et de la disponibilité des ressources financières nécessaires.

Le problème est donc moins celui de l’existence d’une date que celui de la capacité de l’État et des institutions électorales à rendre cette date opérationnelle dans un pays où une partie importante du territoire demeure exposée à la violence armée, où des centaines de milliers de citoyens doivent encore être enregistrés et où les déplacements massifs de population ont profondément bouleversé la géographie électorale.

Vingt-quatre risques, identifiés dans l’analyse de la situation électorale, permettent de mesurer l’ampleur des obstacles qui se dressent devant le scrutin. Ils ne signifient pas nécessairement que les élections seront reportées. Mais leur accumulation montre pourquoi la tenue effective du vote ne peut être considérée comme acquise.

Premier risque : l’insécurité et le contrôle territorial.

C’est le problème central. Les groupes armés ne constituent plus uniquement une menace criminelle concentrée dans certains quartiers de Port-au-Prince. Leur présence et leur influence se sont étendues à plusieurs zones de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite. Le BINUH a régulièrement alerté sur l’extension géographique de la violence et sur son impact sur l’autorité de l’État. Au deuxième trimestre 2026, au moins 1 408 personnes ont été tuées et 656 blessées, selon les Nations unies.

Une élection nationale suppose pourtant que les agents électoraux puissent circuler, que les matériels puissent être transportés, que les centres puissent être installés et que les électeurs puissent se déplacer sans subir de menaces. Lorsque certaines routes, certains quartiers ou certaines communes deviennent difficilement accessibles, l’organisation du scrutin cesse d’être une simple opération administrative et devient une opération de sécurité.

Deuxième risque : les kidnappings et les violences à Port-au-Prince.

Les candidats, leurs équipes, les journalistes, les observateurs, les techniciens et les électeurs sont tous exposés à des risques différents. Une campagne électorale suppose des déplacements, des réunions, des rassemblements et une présence sur le terrain. Dans un environnement où l’enlèvement reste une menace, les candidats peuvent être contraints de réduire leurs activités et les citoyens de limiter leurs déplacements.

Une élection dans laquelle une partie des acteurs ne peut pas librement se déplacer risque de devenir une élection géographiquement et politiquement inégale.

Troisième risque : l’accès limité aux électeurs.

L’inscription ne garantit pas à elle seule la possibilité de voter. Encore faut-il que l’électeur puisse atteindre son centre de vote le jour du scrutin. Or plusieurs quartiers et localités restent difficiles d’accès en raison de la violence.

La question est particulièrement importante dans les zones où les groupes armés contrôlent les déplacements. Le droit de vote peut exister juridiquement tout en devenant difficile à exercer matériellement. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles le chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, a insisté sur le fait que la sécurité est indispensable à la crédibilité des élections.

Quatrième risque : une inscription électorale insuffisante.

Au 8 septembre, le CEP faisait état de 507 018 électeurs enregistrés dans 1 271 centres actifs, avec 2 761 opérateurs mobilisés.

Ce chiffre constitue une étape dans le processus, mais il doit être rapporté à l’ampleur du corps électoral potentiel. Plus le nombre d’électeurs effectivement enregistrés restera faible, plus la représentativité du scrutin pourra être questionnée. Le défi n’est donc pas seulement d’ouvrir des centres d’inscription, mais de permettre aux citoyens d’y accéder et de finaliser leur démarche dans un délai très limité.

Cinquième risque : le déplacement massif des populations.

Haïti compte aujourd’hui plus de 1,4 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays, principalement en raison de la violence. Le BINUH estimait déjà à plus de 1,45 million le nombre de déplacés internes au premier semestre.

Cette réalité bouleverse la logique traditionnelle de l’inscription électorale. Des citoyens qui vivaient hier dans un quartier de Port-au-Prince peuvent aujourd’hui se trouver dans une autre commune, un autre département ou dans un site d’accueil. Leur inscription, leur identification et leur capacité à voter dans les conditions prévues par les procédures électorales peuvent s’en trouver compliquées.

Sixième risque : les dysfonctionnements de la plateforme d’enregistrement.

Le recours à une plateforme numérique peut accélérer les opérations, mais il crée également une dépendance à l’égard de la connectivité, des infrastructures techniques, de la fiabilité des équipements et de la capacité des opérateurs à résoudre rapidement les incidents.

Une interruption de service dans une période aussi courte peut provoquer des retards en cascade : files d’attente, dossiers non traités, électeurs renvoyés, accumulation de demandes et réduction du nombre d’inscriptions effectives.

Dans un calendrier aussi serré, une panne de quelques jours ne représente pas nécessairement quelques jours perdus. Elle peut produire un effet cumulatif sur l’ensemble des opérations suivantes.

Septième risque : les contestations autour des listes de sympathisants.

Le cadre électoral prévoit des mécanismes spécifiques pour certaines candidatures indépendantes, notamment la constitution de listes de sympathisants. Cette procédure peut devenir une source de contestations si des candidats estiment que les règles ne sont pas appliquées de manière uniforme ou si l’authenticité des listes est remise en cause.

Des contestations à ce stade pourraient entraîner des recours, des rejets de dossiers ou des retards dans la validation des candidatures, avec des conséquences directes sur le calendrier.

Huitième risque : l’utilisation présumée de données électorales.

Des informations font état de candidats ou de structures politiques qui auraient utilisé les numéros de cartes électorales de citoyens pour constituer leurs listes de sympathisants. Cette information demeure à vérifier et ne saurait être présentée comme un fait établi.

Mais le simple risque d’utilisation abusive de données électorales mérite d’être pris au sérieux. Si des citoyens découvrent que leurs informations ont été utilisées sans leur consentement, la conséquence pourrait être une multiplication des contestations et une dégradation de la confiance dans le processus.

Neuvième risque : l’incertitude autour du cadre électoral.

Le processus s’est déroulé dans un environnement institutionnel et juridique en évolution. Le décret électoral a été révisé et publié le 2 juillet 2026, tandis que le calendrier officiel a fixé au 13 décembre le premier tour de la présidentielle, des législatives et la consultation constitutionnelle. (HaitiDocs⁠)

Toute modification supplémentaire des règles, quelle qu’en soit la justification, pourrait entraîner une période d’adaptation supplémentaire pour les candidats, les partis, les électeurs et les structures chargées de l’organisation.

La stabilité du cadre électoral devient donc un facteur déterminant à mesure que le scrutin approche.

Dixième risque : la compression du calendrier électoral.

Le calendrier prévoit le premier tour le 13 décembre, puis le second tour de la présidentielle et des législatives ainsi que les élections territoriales le 21 février 2027.

Le problème est que chacune des étapes précédant le scrutin doit être achevée à temps : inscription, validation des candidatures, préparation du matériel, formation des agents, sécurisation des centres, acheminement du matériel, sensibilisation des électeurs et organisation logistique.

Lorsque plusieurs opérations prennent du retard simultanément, la marge de manœuvre disparaît rapidement. Le calendrier devient alors moins une succession d’étapes qu’une course contre le temps.

Onzième risque : l’insécurité dans les bastions électoraux.

L’Ouest, le Centre et l’Artibonite sont particulièrement importants dans l’analyse de la faisabilité du scrutin en raison de leur poids démographique et électoral, mais aussi de l’intensité des violences qui y sont enregistrées.

Le problème ne consiste pas uniquement à sécuriser les bureaux de vote. Il faut également sécuriser les routes d’accès, les transports du personnel, les sites de stockage du matériel et les opérations de dépouillement et de transmission.

Une zone dans laquelle l’État ne peut assurer une présence suffisante avant, pendant et après le vote constitue mécaniquement une zone à risque électoral.

Douzième risque : les menaces contre les candidats et les équipes de campagne.

Une campagne électorale démocratique suppose que les candidats puissent présenter leurs programmes à l’ensemble des électeurs. Les violences peuvent toutefois conduire à l’annulation de rassemblements, à la limitation des déplacements et à une concentration de la campagne dans les zones considérées comme plus sûres.

Cela peut créer une inégalité de fait entre candidats. Certains pourraient disposer d’une plus grande capacité de déplacement et de communication que d’autres, non pas en raison de leur organisation politique, mais en raison de leur capacité à évoluer dans un environnement sécuritaire difficile.

Treizième risque : l’intimidation des électeurs.

Le vote doit être libre. Dans une zone dominée ou fortement influencée par un groupe armé, la présence physique de ce groupe peut suffire à modifier le comportement des citoyens, même sans intervention directe dans le bureau de vote.

Un électeur qui craint pour sa sécurité peut décider de ne pas voter. Un autre peut modifier son déplacement ou son choix par peur. Dans les deux cas, la violence affecte l’exercice du droit électoral.

Quatorzième risque : la destruction ou le déplacement des centres de vote.

Les déplacements de population, les incendies, les destructions d’infrastructures et l’insécurité peuvent rendre certains centres inutilisables.

Changer un centre de vote à quelques jours du scrutin peut sembler être une solution administrative, mais cette décision suppose d’informer rapidement les électeurs concernés. Dans un pays où l’accès à l’information est lui-même inégal, un changement mal communiqué peut entraîner confusion et abstention.

Quinzième risque : la désinformation électorale.

Les fausses informations peuvent porter sur la date du scrutin, les centres de vote, les candidatures, les procédures d’inscription, les résultats ou encore les décisions du CEP.

Dans un contexte de méfiance institutionnelle et de forte circulation des informations sur les réseaux sociaux, une rumeur peut se propager plus rapidement qu’un démenti officiel. Le danger est particulièrement important le jour du vote, lorsqu’une fausse information concernant un centre fermé, une attaque ou un changement de procédure peut provoquer des mouvements de panique.

Seizième risque : les fraudes et les irrégularités électorales.

Les risques ne commencent pas le jour du scrutin. Ils existent dès l’inscription et peuvent se prolonger jusqu’au dépouillement et à la transmission des procès-verbaux.

Identification des électeurs, listes, opérations de vote, dépouillement, procès-verbaux et transmission des résultats constituent autant d’étapes où des irrégularités pourraient être alléguées.

Même lorsqu’une irrégularité ne suffit pas à modifier un résultat, elle peut alimenter une contestation politique si les mécanismes de contrôle et de vérification ne sont pas jugés suffisamment robustes.

Dix-septième risque : l’achat de voix.

La pauvreté, la précarité économique et la dépendance d’une partie de la population à des réseaux d’assistance créent un terrain où les pratiques d’achat de voix peuvent être difficiles à détecter.

Le risque ne concerne pas seulement le versement direct d’argent. Il peut prendre diverses formes : promesses matérielles, distribution de biens, paiement de transports ou mobilisation financière ciblée.

Si ces pratiques se généralisent, la question de la sincérité du consentement électoral se posera, même si leur ampleur réelle ne pourra être établie qu’à partir d’éléments vérifiables.

Dix-huitième risque : le financement opaque des campagnes.

Le financement des campagnes constitue un autre point sensible. Dans un contexte où circulent d’importantes ressources financières et où la traçabilité des dépenses peut être difficile, les institutions devront être en mesure d’identifier les sources de financement et de vérifier le respect des règles applicables.

L’opacité financière peut devenir une source de contestation, particulièrement si des candidats disposent de moyens très supérieurs à ceux de leurs concurrents.

Dix-neuvième risque : la pression exercée sur les médias et les journalistes.

Une élection crédible nécessite une information pluraliste. Or les journalistes doivent eux-mêmes travailler dans un environnement marqué par les menaces, les enlèvements, les déplacements forcés et l’accès limité à certaines zones.

Si les professionnels des médias ne peuvent pas se rendre dans certaines régions, la couverture électorale sera nécessairement inégale. Les citoyens de certaines zones pourraient alors disposer de beaucoup moins d’informations sur les candidats, les programmes et les opérations électorales que ceux vivant dans des secteurs plus accessibles.

Vingtième risque : l’érosion de la confiance du public.

Tous les risques précédents peuvent se cumuler pour produire un phénomène plus difficile à mesurer : la perte de confiance.

Un électeur qui entend parler d’insécurité, de problèmes d’inscription, de dysfonctionnements techniques, de fraudes présumées, de financement opaque ou de manipulations de données peut finir par considérer que le processus ne mérite pas sa participation.

La confiance ne se décrète pas. Elle dépend de la perception que les institutions fonctionnent, que les règles sont connues, que les candidats sont traités de manière équitable et que le vote peut effectivement être exercé en sécurité.

Vingt-et-unième risque : les violences le jour du scrutin.

Le 13 décembre pourrait être confronté à des incidents sur les axes de déplacement, aux abords des centres de vote ou dans certaines zones sensibles.

Une attaque, même localisée, pourrait entraîner la fermeture temporaire d’un centre, l’évacuation d’agents électoraux ou l’interruption du vote. La difficulté serait alors de déterminer comment reprendre les opérations sans créer de nouvelles contestations.

Le problème serait encore plus sérieux si plusieurs incidents survenaient simultanément dans des départements différents.

Vingt-deuxième risque : le risque d’un massacre pendant la période électorale.

Ce risque est le plus grave en termes de conséquences humaines.

L’attaque de Kenscoff, dans la nuit du 23 au 24 août, au cours de laquelle au moins 47 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines enlevées selon le BINUH, rappelle que des attaques de grande ampleur peuvent encore se produire dans des zones qui ne sont pas nécessairement considérées comme les principaux théâtres de la violence quotidienne.

La répétition d’une attaque collective pendant la période électorale pourrait provoquer des déplacements massifs, la fermeture de centres, une interruption des opérations et une crise politique dépassant largement le cadre électoral.

Ce risque ne doit pas être présenté comme une prédiction. Mais il serait irresponsable de l’écarter dans l’évaluation des conditions de sécurité d’un scrutin national.

Vingt-troisième risque : le faible niveau d’enregistrement des électeurs.

L’inscription préalable constitue une nouveauté importante pour de nombreux citoyens habitués à d’autres modalités de participation électorale.

Le nombre actuel d’inscrits doit donc être observé non seulement comme une donnée administrative, mais comme un indicateur de la capacité du processus à mobiliser effectivement la population.

Si une proportion importante des électeurs potentiels reste en dehors du registre à l’approche de la clôture des inscriptions, la question de la participation et de la représentativité du scrutin se posera inévitablement.

Vingt-quatrième risque : les dysfonctionnements techniques et le risque d’irrégularités dans les données.

Ce dernier risque est lié à l’ensemble du dispositif numérique. Une défaillance de la plateforme du CEP peut provoquer des données incomplètes, incohérentes ou difficiles à vérifier.

Le véritable problème ne serait pas uniquement la panne elle-même. Il résiderait dans la capacité du système à détecter, corriger et documenter les anomalies.

Plus les données électorales sont centralisées dans des systèmes numériques, plus les procédures de contrôle, de sauvegarde, de vérification et de traçabilité deviennent essentielles. Sans mécanismes suffisamment robustes, une simple difficulté technique peut rapidement devenir une crise de confiance politique.

Ces 24 risques ne sont pas 24 crises séparées.

C’est précisément leur accumulation qui constitue le principal sujet de préoccupation. Une difficulté d’inscription peut être aggravée par l’insécurité. L’insécurité peut provoquer le déplacement des populations. Le déplacement peut compliquer l’inscription et l’accès aux centres. Une défaillance technique peut accroître les retards. Ces retards peuvent comprimer davantage le calendrier. La compression du calendrier peut réduire la capacité à corriger les erreurs. Et l’ensemble peut alimenter les contestations.

C’est cette combinaison qui rend la situation particulièrement délicate.

Les Nations unies ont elles-mêmes établi un lien direct entre sécurité et crédibilité électorale. En juillet, le chef du BINUH déclarait au Conseil de sécurité que les consultations menées auprès des partis politiques, de la société civile et d’autres acteurs faisaient ressortir un message constant : « la sécurité est indispensable à des élections crédibles ». Il soulignait parallèlement que les préparatifs électoraux et l’amélioration de la sécurité devaient progresser simultanément.

Le CEP, de son côté, n’ignore pas cette réalité. Dans la publication officielle du calendrier, l’institution a elle-même lié le respect des échéances à l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et à la disponibilité des financements nécessaires.

La question est donc de savoir si, dans les 87 jours qui restent, les autorités pourront réduire suffisamment ces risques pour permettre non seulement l’ouverture des bureaux de vote, mais la tenue d’un scrutin accessible, sécurisé, administrativement maîtrisé et accepté par les principaux acteurs.

Il serait prématuré d’affirmer aujourd’hui que le scrutin du 13 décembre n’aura pas lieu. Mais il serait tout aussi imprudent de considérer que sa tenue est désormais automatique parce qu’une date a été officiellement publiée.

Une élection nationale ne se résume pas à une date inscrite dans un calendrier. Elle exige un territoire suffisamment accessible, des électeurs enregistrés, des candidats capables de faire campagne, des centres fonctionnels, des agents protégés, des moyens logistiques disponibles, des données fiables, des médias capables d’informer la population et des mécanismes crédibles de contrôle et de règlement des contestations.

Or chacun de ces éléments est actuellement confronté à au moins un des 24 risques identifiés.

Le défi des prochaines semaines sera donc de transformer progressivement ces risques en problèmes maîtrisables. Cela suppose une amélioration tangible de la sécurité, une accélération maîtrisée de l’inscription, la fiabilisation des outils techniques, la protection des candidats et des électeurs, la sécurisation des centres et des axes de circulation, ainsi qu’une communication publique suffisamment claire pour préserver la confiance.

Il faudra surtout éviter qu’une logique de calendrier ne prenne le dessus sur la réalité du terrain. Maintenir une date est une décision institutionnelle. Rendre cette date réalisable est une opération beaucoup plus complexe.

À 87 jours du 13 décembre, la véritable question n’est donc pas de savoir si Haïti possède un calendrier électoral. Elle en possède un.

La véritable question est de savoir si, face à ces 24 risques — dont plusieurs sont déjà critiques —, l’État, le CEP et l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux disposeront du temps, des moyens et des conditions nécessaires pour les contenir avant que le calendrier ne devienne lui-même une contrainte insurmontable.

C’est à cette question, beaucoup plus concrète que celle de la simple annonce d’une date, que se jouera la possibilité réelle de voter le 13 décembre.