NEW YORK, mercredi 16 septembre 2026 (RHINEWS)– Les opérations militaires américaines contre l’Iran ont coûté environ 38 milliards de dollars au département de la Défense des États-Unis au 1er août 2026, selon une estimation publiée mardi par le Congressional Budget Office (CBO), l’agence budgétaire non partisane du Congrès.
Dans son rapport consacré au coût des opérations de combat américaines contre l’Iran, le CBO précise que cette estimation concerne l’« opération Epic Fury », lancée le 28 février, et couvre notamment le remplacement des munitions utilisées, les équipements perdus au combat, l’augmentation des heures de vol, les opérations de soutien ainsi que la hausse de la consommation de carburant.
Selon l’agence, le montant de 38 milliards de dollars ne représente toutefois pas le coût global de toutes les conséquences du conflit pour le gouvernement américain. Il exclut notamment certaines dépenses déjà inscrites au budget fédéral, comme les coûts de fonctionnement de base des forces engagées, ainsi que les dépenses supplémentaires supportées par d’autres administrations fédérales en raison de la hausse des prix de l’énergie.
Le CBO estime que le remplacement des munitions consommées constitue l’une des principales composantes de la facture. Le coût de remplacement des munitions utilisées jusqu’au 1er août est évalué à 21,7 milliards de dollars. Parmi ces dépenses figurent notamment les intercepteurs utilisés par les systèmes de défense antimissile ainsi que les missiles de croisière employés dans les opérations.
L’agence budgétaire souligne également l’impact du conflit sur les stocks américains d’intercepteurs antimissiles. En comparant les dépenses déclarées pour ces armes avec le nombre total de missiles acquis par le département de la Défense, le CBO estime que les États-Unis ont « probablement utilisé entre la moitié et les deux tiers de leurs stocks » de ces munitions depuis juin 2025. Cette estimation concerne notamment les intercepteurs Patriot, THAAD ainsi que les missiles navals SM-3 et SM-6.
Cette consommation importante devrait, selon le CBO, laisser les États-Unis avec un inventaire réduit d’intercepteurs pendant plusieurs années. L’agence estime que cette diminution des stocks pourrait avoir des conséquences sur la capacité du pays à faire face à un éventuel conflit impliquant un adversaire disposant d’importants arsenaux de missiles balistiques et de croisière.
Le rythme auquel la facture pourrait continuer de progresser dépendra de l’intensité des opérations. Le CBO estime qu’un mois supplémentaire de conflit coûterait environ 2 milliards de dollars si les violences demeuraient au niveau relativement faible observé en mai et juin. Si l’intensité atteignait un niveau comparable à celui enregistré en juillet, la dépense mensuelle pourrait atteindre 3 milliards de dollars. L’agence précise que le coût pourrait être encore supérieur en cas de nouvelle escalade.
Le CBO indique avoir établi ses estimations à partir de bases de données gouvernementales et de rapports publics, le département de la Défense n’ayant pas répondu à ses demandes d’informations. Cette absence de données fournies directement par le Pentagone conduit l’agence à qualifier ses estimations d’« entachées d’une incertitude considérable ».
Le conflit a également des répercussions économiques au-delà des dépenses militaires. Selon le CBO, les perturbations des expéditions de pétrole et de gaz à travers le détroit d’Ormuz, ainsi que les perturbations du transport maritime en mer Rouge, ont contribué à la hausse des prix de l’énergie dans le monde.
L’agence estime que cette hausse des prix de l’énergie exercera une pression supplémentaire sur l’inflation américaine. Dans ses projections, le CBO prévoit que l’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation des ménages au premier trimestre 2027 sera supérieure de 0,5 point de pourcentage à sa prévision de février 2026. L’inflation sous-jacente serait, pour sa part, supérieure de 0,3 point.
Le CBO relève par ailleurs que la réduction des flux énergétiques et les perturbations des activités de raffinage affectent non seulement les prix du pétrole brut, mais également ceux de l’essence, du diesel et du carburant d’aviation. Ces augmentations peuvent ensuite se répercuter sur le prix d’autres biens et services en raison du poids des coûts de transport.
En juin, l’administration américaine avait demandé au Congrès 87,6 milliards de dollars de crédits supplémentaires. Sur cette enveloppe, 67,1 milliards de dollars étaient destinés au département de la Défense pour répondre aux besoins liés au conflit. Le CBO estime toutefois que la partie de cette demande directement liée aux opérations, soit 42,3 milliards de dollars, est environ 10 % supérieure aux coûts militaires qu’il a lui-même évalués au 1er août.
L’estimation du CBO est proche de celle communiquée en juillet par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Lors d’une audition devant la commission des crédits du Sénat, le 21 juillet, celui-ci avait évalué à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre contre l’Iran à cette date.
Le rapport du CBO intervient alors que les autorités américaines font également état de tensions sur certains stocks de munitions. Un rapport du bureau de l’inspecteur général du département de la Défense, publié le 14 septembre et portant sur l’opération Epic Fury, examine notamment les conséquences des opérations américaines sur les ressources militaires et les infrastructures dans la région.
Le CBO précise enfin que son estimation de 38 milliards de dollars ne prend pas en compte certains coûts potentiels à venir, notamment ceux liés aux opérations diplomatiques et à l’aide étrangère, qu’il n’a pas été en mesure d’évaluer. Le montant pourrait donc évoluer en fonction de la durée et de l’intensité du conflit.

