Par Jean Ermely ROSAMOUR
Défenseur des Droits Humains
CAP-HAÏTIEN, 9 septembre 2025 (RHINEWS)- La pollution sonore désigne des bruits à un haut niveau d’intensité ou de répétitivité qui peuvent avoir un impact négatif sur la santé. À Cap-Haïtien, depuis bien longtemps, le vacarme s’est imposé comme une bande sonore permanente. Motos au pot d’échappement crevé, klaxons incessants, appareils de musique à plein volume, véhicules équipés de systèmes sonores assourdissants, bars et activités nocturnes sans limite sont des illustrations traduisant ce phénomène.
La pollution sonore est une forme de violence invisible. On ne la voit pas, mais on la subit. Elle envahit l’espace public, étouffe le silence nécessaire au repos, à la concentration, à la sérénité. Il n’existe aujourd’hui aucun quartier, aucun coin de rue de la ville du Cap qui ne soit touché par cette forme de pollution constante. Cependant, aucune mesure n’est prise par les autorités pour empêcher les citoyens de subir cette forme de violence qui, pourtant, détériore le peu de bien-être social auquel ils ont droit. Ce qui paraît paradoxal, c’est le silence remarquable et complice des autorités face à ce fléau qui s’impose comme faisant partie du déroulement de la vie quotidienne normale des gens, alors qu’elle stresse, épuise, rend malade, exacerbe les tensions entre les usagers du transport public et les conducteurs de véhicules, entre les voisins, etc.
De nombreuses activités génératrices de pollutions sonores sont souvent menées en plein air, sans aucune autorisation et sans que personne puisse s’y opposer. Cette situation fait naître un sentiment d’impuissance collective au sein de la population et un « je-m’en-foutisme » très alarmant des responsables, résultant de leur incapacité à diriger. C’est une atteinte aux droits des citoyens à une vie paisible.
Il est grand temps d’agir. Il est urgent de sévir contre les agents des nuisances sonores et de garantir la paix publique, pour que les citoyens puissent enfin retrouver un peu de calme dans leur maison, dans leur quartier et un peu de dignité. La pollution sonore tue, dérange, excite et détruit la cohésion sociale.
Ce n’est pas un combat contre la fête ou les loisirs. C’est un combat pour le respect des droits humains. Garantir la tranquillité des citoyennes et des citoyens, c’est garantir leur droit au repos, à la santé, à la sécurité mentale et physique.

