PORT-AU-PRINCE, mardi 20 janvier 2026 (RHINEWS)- Une première séance collective d’habeas corpus s’est tenue lundi au Tribunal de première instance de Port-au-Prince en faveur de 21 détenus actuellement incarcérés au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL), dans le cadre d’un projet pilote visant à réduire la surpopulation carcérale et la détention préventive prolongée .
La séance a été conduite par le doyen du tribunal, Bernard Saint-Vil, en présence du ministère public, représenté par le commissaire en chef du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Patterson Dorval, assisté du substitut Choubert Baptiste .
Les personnes concernées par cette première audience sont notamment Wisnel Saint Fleur, Roosevel D’Haïti, Djenix Georges, Joseph William, Doune Jules, Cliford Dorvil, Verguens Emisca, Alex Louis, Alain Séraphin, Félix Mercier, Ebel Jessica, Glesil Cassandra, Pierre Ernest, Accime Jesusla, Calixte Rose Mada, Innocent Catherine, Piristin Medwina, Trezilus Stephanie, Robert Assela Roberto et Rodly Jean, tous écroués au CERMICOL .
Selon la note officielle, « la décision de leur libération sera rendue demain 20 janvier 2026 » .
Cette initiative s’inscrit dans un projet pilote de cinq mois intitulé « Initiative mobile pour la réduction de la surpopulation carcérale et de la détention préventive prolongée », porté par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), exécuté par le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH-H) en partenariat avec l’Institut mobile d’éducation démocratique (IMED), et financé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) .
D’après le document de présentation, le projet vise à « contribuer à la réduction de la surpopulation carcérale – dont les conditions sont inhumaines et dégradantes – et de la détention préventive prolongée dans le respect des garanties constitutionnelles et légales ainsi que de celles prévues par les instruments internationaux de protection des droits de l’homme auxquels l’État haïtien est partie » .
Les actions prévues incluent la reconstitution de dossiers judiciaires perdus lors des assauts contre le pénitencier national et d’autres centres de détention, l’accélération des dossiers en état d’être jugés, l’organisation de séances collectives d’habeas corpus pour des détenus poursuivis pour des délits mineurs, ainsi que la tenue d’audiences correctionnelles pour des personnes ayant déjà purgé une durée supérieure à la peine encourue .
Le projet doit être mis en œuvre notamment à Port-au-Prince et à Jacmel, avec pour objectif affiché de contribuer à la décongestion des prisons et centres de détention du pays par l’utilisation de mécanismes légaux et constitutionnels existants .

