États-Unis/Justice : Jack Smith maintient ses poursuites contre Donald Trump et alerte sur l’état de droit…

Jack Smith, ancien procureur spécial…

WASHINGTON, 29 septembre 2026 (RHINEWS)– L’ancien procureur spécial américain Jack Smith a défendu mardi devant le Congrès les poursuites pénales engagées contre Donald Trump, affirmant que ses décisions avaient été prises indépendamment des considérations politiques et exprimant ses inquiétudes face aux pressions exercées, depuis le retour du président républicain à la Maison-Blanche, sur des magistrats et agents ayant participé à ses enquêtes.

Auditionné par la commission des Affaires judiciaires du Sénat, dominée par les républicains, Jack Smith a réaffirmé sa conviction d’avoir pris les bonnes décisions « en tant que procureur spécial, y compris celles d’inculper le président Trump ».

« J’ai pris ces décisions sans considération des affiliations politiques du président Trump, de ses convictions ou de sa candidature à l’élection présidentielle de 2024 », a-t-il déclaré.

Après l’élection de Donald Trump en novembre 2024, Jack Smith avait mis fin aux deux procédures fédérales engagées contre lui. La première concernait les tentatives présumées d’inverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020, tandis que la seconde portait sur la conservation de documents classifiés après son départ de la Maison-Blanche en 2021.

L’ancien procureur spécial a également maintenu que les éléments recueillis dans le cadre de ses investigations justifiaient les poursuites engagées contre le président américain.

« Nos investigations ont démontré au-delà du doute raisonnable que le président Trump avait commis de graves infractions contre notre pays », a-t-il affirmé, ajoutant que, sur la base des mêmes faits, il inculperait de nouveau un ancien président, que celui-ci « soit républicain ou démocrate ».

Jack Smith avait déjà défendu cette position lors d’une audition à huis clos devant la commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants en décembre 2025, puis lors d’une audition publique devant cette même commission en janvier.

L’ancien procureur spécial a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme des atteintes inédites à l’État de droit depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025.

« Je suis persuadé que l’État de droit est confronté à des défis tels que nous n’en avons jamais connus de notre vivant. Des individus sont menacés de poursuites pénales parce qu’ils sont considérés comme s’étant opposés au président », a-t-il déclaré.

Il a notamment évoqué « le dénigrement des agents, des procureurs et du personnel » ayant travaillé avec son équipe, affirmant avoir lui-même été « menacé de prison par le président des États-Unis ».

Jack Smith s’est toutefois dit confiant dans la capacité des institutions américaines à préserver l’État de droit.

« Je reste néanmoins confiant dans le fait que l’État de droit perdurera parce que tant de personnes continuent à le servir fidèlement tous les jours dans notre système juridique », a-t-il déclaré.

Donald Trump et ses alliés républicains accusent pour leur part Jack Smith d’avoir participé à une « instrumentalisation » de la justice contre le président durant l’administration démocrate de Joe Biden.