Bénin–Tentative de coup d’État déjouée : Talon affirme que « la situation est sous contrôle »…

Patrice Talon, président du Bénin…

COTONOU,(Béni), dimanche 7 décembre 2025 (RHINEWS)- Le président béninois Patrice Talon a annoncé dimanche soir à la télévision nationale que la tentative de coup d’État déclenchée tôt dans la matinée avait été « définitivement maîtrisée ». Il a appelé la population à reprendre ses activités « dès ce soir même » et a assuré que « cette forfaiture ne restera pas impunie ».

Selon des sources sécuritaires, l’opération menée par un groupe de militaires dissidents, principalement issus de la Garde nationale, a débuté à l’aube par des mouvements armés en direction du domicile du chef de l’État et du palais présidentiel. Des tirs ont été entendus dans la zone du port et autour de la présidence. Une habitante de Cotonou rapporte qu’« on aurait dit des tirs de guerre » et explique s’être couchée au sol avec sa fille le temps de l’échange de feu, qui « n’a pas duré plus de dix minutes ».

Les mutins, décrits par les autorités comme une douzaine de militaires, s’étaient ensuite retranchés dans un camp à Togbin, en périphérie de Cotonou. D’après un officier ayant requis l’anonymat, l’infrastructure aurait été reprise après plusieurs frappes ciblées, information en attente de confirmation officielle. Les insurgés avaient formulé des revendications mêlant griefs politiques, sociaux et militaires, notamment la dénonciation de la situation sécuritaire dégradée dans le nord du pays et ce qu’ils considéraient comme « l’abandon » de soldats tombés au front.

Le gouvernement béninois a sollicité un appui régional. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé, dans un communiqué publié en soirée, avoir « ordonné le déploiement immédiat d’éléments de la Force en attente ». Des troupes nigérianes, sierra-léonaises, ivoiriennes et ghanéennes ont été mobilisées pour soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine du Bénin » et préserver « l’ordre constitutionnel ».

La présidence du Nigeria a pour sa part indiqué que le chef de l’État Bola Tinubu avait ordonné des frappes aériennes dans l’espace béninois pour « déloger les putschistes » de la télévision nationale et d’un camp militaire, ainsi que le déploiement de troupes au sol « désormais au Bénin ». Les autorités nigérianes affirment être intervenues à la demande de leur voisin.

La France a démenti toute implication après la circulation de rumeurs selon lesquelles des responsables béninois se seraient réfugiés à l’ambassade de France à Cotonou. Le ministère français des Affaires étrangères a qualifié ces allégations d’« infondées » et a appelé ses ressortissants « à la plus grande prudence » en raison d’un contexte « encore volatil ».

L’Union africaine a également condamné « fermement et sans équivoque » la tentative de coup d’État, exhortant les militaires impliqués à « cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner à leurs obligations professionnelles ».

À l’issue de cette journée marquée par de fortes détonations dans plusieurs quartiers de Cotonou et par une intervention régionale inédite, le président Talon a assuré que « la situation est totalement sous contrôle ». Une enquête est en cours afin d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués dans cette tentative de renversement du pouvoir.