SANTO DOMINGO, dimanche 7 décembre 2025 (RHINEWS)- Le ministère public dominicain a sollicité l’imposition de mesures de coercition à l’encontre de quatre responsables de l’Institut Leonardo Da Vinci, arrêtées dans le cadre de l’enquête sur la mort de la jeune Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans, survenue le 14 novembre dernier lors d’une excursion scolaire à la hacienda Los Caballos, à Gurabo, Santiago. Les faits sont rapportés par plusieurs médias dominicains, dont La República, citant un communiqué de la Procuraduría General de la República.
Selon le ministère public, les accusées — Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative du Leonardo Da Vinci ; Gisela Altagracia de las Mercedes González Estrella, coordinatrice générale et conseillère de la direction ; Francisca Josefina Tavarez Vélez, orientatrice ; et Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du niveau secondaire — sont poursuivies pour « homicide involontaire », en violation de l’article 319 du Code pénal dominicain. Elles sont également accusées « d’abandon et de maltraitance de mineurs », faits qualifiés selon l’article 351-2 du même Code, ainsi que d’infractions à l’article 14 de la Loi 136-03 relative à la protection des enfants et adolescents.
Les autorités judiciaires demandent que soit imposée à chacune des responsables une garantie économique de 50 millions de pesos, par le biais d’une compagnie d’assurance, ainsi qu’un interdit de sortie du territoire sans autorisation judiciaire, une présentation périodique devant le ministère public et la pose d’un dispositif électronique de localisation. Les procureurs affirment que ces mesures sont « les plus idoines et proportionnelles aux faits imputés », conformément à l’article 226 du Code de procédure pénale.
Le communiqué de la Procuraduría indique que l’enquête, menée par le procureur adjoint Wilson Camacho et la procureure de cour Olga Diná Llaverías, a révélé de graves négligences lors de l’excursion. Le ministère public affirme disposer d’éléments vidéo permettant d’établir « une négligence extrême » de la part des trois accompagnatrices et des personnes ayant organisé l’activité. Selon les autorités, 87 enfants auraient été déplacés « avec seulement trois surveillantes », sans équipements de sécurité, « sans gilets ni bouées », et sans que les organisateurs n’aient vérifié auprès des parents si les enfants savaient nager ou mesuré la profondeur des piscines du site.
La mort de Stephora Anne-Mircie Joseph dans une piscine de la hacienda Los Caballos a suscité de vives réactions en République dominicaine, notamment dans les milieux éducatifs et parentaux, où plusieurs voix ont exigé des sanctions exemplaires et un renforcement des protocoles de sécurité pour les sorties scolaires.
Le ministère public a par ailleurs annoncé avoir demandé au ministère de l’Éducation une inspection conjointe du Collège Leonardo Da Vinci afin « d’identifier toute pratique pouvant porter atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant ».
En Haïti, d’où était originaire la victime, des organisations de défense des droits des enfants ont réagi avec indignation. Des médias haïtiens rapportent que des messages de solidarité ont été adressés à la famille, tandis que plusieurs commentateurs appellent à un suivi rigoureux de la procédure judiciaire en République dominicaine. Le Conseil présidentiel de transition avait également publié une note officielle exprimant sa « profonde tristesse » et réclamant « que toute la lumière soit faite » sur les circonstances du drame.
Selon la presse dominicaine, l’affaire demeure particulièrement suivie des deux côtés de l’île, alors que les autorités s’apprêtent à présenter les accusées devant un juge des mesures de coercition dans les prochains jours.

