MIAMI, 12 septembre 2026 (RHINEWS)– Le trompettiste, compositeur et arrangeur haïtien André Déjean, l’une des figures marquantes de l’histoire du compas, est décédé vendredi 11 septembre 2026 en Floride, aux États-Unis, à l’âge de 75 ans.
Originaire de Pétion-Ville, André Déjean a consacré plusieurs décennies à la musique haïtienne, notamment comme membre fondateur des Frères Déjean, formation créée en 1963 sous le nom initial de « Frères de Pétion-Ville ». Il y évoluait à la trompette aux côtés de son frère Fred Déjean, au saxophone, tandis que Philippe et Camille Déjean assuraient les percussions.
Issu de la fanfare du Lycée de Pétion-Ville, André Déjean a ainsi participé, dès les années 1960, à l’émergence du mouvement des mini-jazz en Haïti. Avec les Frères Déjean, il a contribué à imposer une formule musicale fondée notamment sur le dialogue entre saxophone et trompette, à une époque où la plupart des formations privilégiaient d’autres instruments solistes.
Le premier album du groupe, Haïti, est sorti en 1974, une dizaine d’années après la création de la formation. Les Frères Déjean ont ensuite enregistré plusieurs albums et connu une importante popularité en Haïti, dans les Antilles françaises et au sein de la diaspora. Leur répertoire comprend notamment Marina, Débaké, Bouki ak Malice, Arrêté, La Foi et L’Univers.
La trompette d’André Déjean est particulièrement associée à plusieurs de ces morceaux. Son jeu, combinant technique, phrasé jazzé et mélodies de cuivres, a contribué à faire de la section instrumentale des Frères Déjean l’une des signatures sonores du compas de cette période.
« Les Frères Déjean ont formé des musiciens, inspiré des groupes et fait danser Haïti et la diaspora pendant des décennies. André Déjean laisse derrière lui un héritage musical immense », soulignent des hommages diffusés après l’annonce de sa disparition.
Au-delà des Frères Déjean, le trompettiste a également participé à différents projets et collaborations avec d’autres formations et artistes haïtiens. Il a notamment apporté sa contribution au Magnum Band, où sa trompette figure sur le projet Paka pala, ainsi qu’à des productions réalisées avec des musiciens de générations différentes.
Ces dernières années, André Déjean avait notamment collaboré avec Nu-Look, aux côtés d’Arly Larivière. Il avait ainsi continué à apparaître sur scène et dans des projets réunissant des générations différentes du compas haïtien. Une prestation de Marina avec Nu-Look en 2015 avait notamment permis au public de retrouver le trompettiste sur l’un des classiques des Frères Déjean.
Il a également participé à des enregistrements et projets réunissant plusieurs musiciens importants du compas, dont Tuco Bouzi, Fred Déjean et Robert Martino.
André Déjean était par ailleurs régulièrement présent dans les territoires français de la Caraïbe. Il se rendait notamment en Martinique pour des collaborations musicales et était apprécié des musiciens et mélomanes de l’île. Les Frères Déjean avaient plus largement développé une relation étroite avec les Antilles françaises, où leur répertoire a durablement marqué le public.
« Ses mélodies cuivrées, sa maîtrise technique et son amour pour la culture haïtienne resteront gravés dans nos mémoires et dans le patrimoine musical mondial », ont également souligné des hommages rendus au musicien.
La disparition d’André Déjean intervient après celle de plusieurs autres grandes figures de la musique haïtienne et caribéenne. Elle prive le compas d’un musicien dont la carrière, commencée dans le Pétion-Ville des années 1960, aura accompagné plusieurs générations et contribué à maintenir la place des cuivres dans la musique populaire haïtienne.

