La croissance verte mondiale en passe de dépasser les 7 000 milliards de dollars par an d’ici 2030…

Dollar americain/image d'illustration

GENÊVE, (Suisse), mardi 2 décembre 2025 (RHINEWS)– La croissance du secteur de l’économie verte, déjà évalué à plus de 5 000 milliards de dollars par an, devrait dépasser les 7 000 milliards d’ici 2030, selon un nouveau rapport intitulé Already a Multi-Trillion-Dollar Market: A CEO Guide to Growth in the Green Economy. Rédigé en collaboration avec le Boston Consulting Group, le document indique que cette dynamique se poursuit malgré les incertitudes économiques et des contextes divergents, et qualifie l’économie verte de deuxième secteur connaissant la croissance la plus rapide au monde, derrière la technologie.

Selon l’étude, les entreprises générant des revenus verts affichent en moyenne une croissance deux fois supérieure à celle des activités conventionnelles et bénéficient souvent d’un coût du capital plus faible. Les firmes tirant plus de 50 % de leurs revenus des marchés verts enregistrent fréquemment une prime de valorisation de 12 % à 15 % sur les marchés financiers, signe de la confiance des investisseurs dans leur capacité de résilience et leur rentabilité à long terme.

« Deux ans plus tôt, notre rapport Winning in Green Markets affirmait qu’investir dans les marchés verts était un pari gagnant et que ces marchés atteindraient une échelle prouvant leur viabilité économique. Malgré les vents contraires qui touchent aujourd’hui l’action climatique mondiale, ce nouveau rapport montre que l’économie verte n’est pas une opportunité lointaine, mais déjà un puissant moteur de croissance de la décennie », a déclaré Pim Valdre, responsable du pôle Climat et économie de la nature au Forum économique mondial.

Les progrès technologiques accélèrent cette tendance, même si tous les secteurs n’avancent pas au même rythme. Depuis 2010, les coûts du photovoltaïque et des batteries lithium-ion ont reculé d’environ 90 %, et ceux de l’éolien en mer de 50 %, renforçant la compétitivité des solutions bas carbone. Le rapport estime que 55 % des réductions nécessaires pour atteindre la décarbonation mondiale peuvent être obtenues grâce à des technologies déjà compétitives, tandis que 20 % pourraient l’être moyennant des surcoûts limités et 5 % à travers des changements de comportement. Le dernier quart repose sur des technologies de décarbonation profonde encore très coûteuses, telles que l’hydrogène bas carbone et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone, nécessitant un soutien accru des politiques publiques et de l’industrie.

La baisse des coûts s’appuie sur des investissements massifs dans l’énergie propre, dominés par la Chine. Le rapport indique qu’en 2024, le pays a investi 659 milliards de dollars dans les énergies propres et devrait contribuer à plus de 60 % des nouvelles capacités mondiales d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il est également en tête pour les brevets liés au solaire, aux véhicules électriques et aux batteries, ce qui redessine les chaînes d’approvisionnement mondiales et renforce le rôle de l’Asie de l’Est comme pôle d’innovation verte.

Le document comprend quatorze études de cas issues de l’Alliance des PDG leaders pour le climat du Forum économique mondial, illustrant la manière dont certaines entreprises ont transformé leur engagement dans les marchés verts en avantage concurrentiel. Il propose également un guide stratégique destiné aux dirigeants, décrivant les leviers mobilisés par les entreprises les plus avancées pour accélérer la croissance, renforcer les cadres réglementaires et diversifier les financements.

« Trois éléments frappent particulièrement : la résilience de l’économie verte, portée par des investissements record malgré l’évolution des discours publics ; le leadership de la Chine dans la fabrication, l’innovation et le déploiement des technologies vertes ; et les opportunités pour les entreprises engagées dans ces marchés de surperformer et de bénéficier de primes sur les marchés de capitaux », a déclaré Patrick Herhold, directeur général et associé principal au Boston Consulting Group. Il a ajouté que, dans la perspective d’un marché de 7 000 milliards de dollars, de nombreuses opportunités s’offriront aux entreprises prêtes à agir dès aujourd’hui.

Le Forum économique mondial rappelle que sa 56e Réunion annuelle se tiendra du 19 au 23 janvier 2026 à Davos-Klosters, en Suisse, réunissant dirigeants politiques, économiques et représentants de la société civile autour du thème « A Spirit of Dialogue ».