PORT-AU-PRINCE, mercredi 22 avril 2026 (RHINEWS)– Le Collectif Défenseurs Plus a dénoncé une nouvelle vague de violences visant la population civile dans la plaine du Cul-de-Sac et a exhorté les autorités haïtiennes à assumer pleinement leurs responsabilités en matière de sécurité et de protection des droits fondamentaux.
Dans une note de presse publiée mardi, l’organisation indique que des affrontements entre gangs armés survenus durant le week-end dans la zone de la plaine du Cul-de-Sac ont fait plusieurs morts et contraint de nombreux habitants à fuir leurs domiciles. « Plusieurs personnes ont perdu la vie, tandis que beaucoup d’autres ont été obligées de quitter leurs maisons sous l’effet de la peur, alors même que la plupart n’ont nulle part où aller », souligne le communiqué, qui alerte sur une aggravation de la crise humanitaire et une augmentation du nombre de déplacés internes.
Le Collectif attribue cette flambée de violences à l’absence d’une autorité publique efficace. « Ces actes de brigandage ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont la conséquence directe de l’absence d’autorité publique efficace et d’un État qui ne remplit pas ses obligations fondamentales, notamment garantir la sécurité, protéger la vie et assurer le respect des droits de chaque individu sur le territoire haïtien », affirme l’organisation.
Défenseurs Plus rappelle que le droit à la sécurité constitue une obligation de l’État. « Le droit de vivre en sécurité n’est pas une faveur ; c’est une obligation légale et constitutionnelle de l’État envers la population », insiste le texte, ajoutant que la répétition de ces violences sans réponse concrète « amène à s’interroger sur l’existence réelle de l’autorité publique ».
L’organisation appelle également à un renforcement de la coopération sécuritaire, exhortant la communauté internationale à appuyer la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAD’H), notamment à travers des structures de lutte contre les gangs. « Il est essentiel que cet appui s’inscrive dans un cadre stratégique visant à démanteler les réseaux criminels, tout en plaçant le respect des droits humains et la protection de la vie des civils au centre de toutes les interventions », précise le communiqué, qui demande un soutien technique et logistique adapté.
Parmi ses principales revendications, le Collectif réclame « une intervention efficace et coordonnée pour rétablir l’ordre et la sécurité dans les zones affectées », « une protection immédiate des populations civiles menacées », « une assistance humanitaire rapide pour les personnes déplacées » ainsi que « des réponses judiciaires crédibles visant à identifier, arrêter et juger les auteurs et complices de ces crimes ».
Défenseurs Plus met en garde contre les conséquences de l’inaction des autorités. « Chaque fois que l’État reste passif, cela permet à la violence de devenir une normalité. C’est ce que nous appelons l’impunité au sein du gouvernement de transition », avertit l’organisation, estimant que cette situation constitue une menace grave pour la stabilité sociale et le respect des droits humains, tout en réduisant les perspectives d’organisation d’élections avant 2027.
Le Collectif affirme qu’il poursuivra ses efforts pour documenter ces violations et porter la voix des victimes sur les plans national et international.

