Une pétition appelle à une mobilisation nationale et internationale pour exiger la fin de l’ingérence étrangère en Haïti…

Palais National/ image d'illustration

PORT-AU-PRINCE, dimanche 16  novembre 2025 (RHINEWS)– Plusieurs organisations nationales et internationales, dont la Centrale unitaire des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé d’Haïti (CUTRASEPH), la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) et le Comité démocratique haïtien en Argentine, ont lancé une pétition appelant à une « mobilisation nationale et internationale » pour exiger « le respect strict du droit à la souveraineté et à l’autodétermination du peuple haïtien ».

Dans ce texte présenté comme une « pétition spéciale », les signataires affirment que l’un des principaux obstacles au développement du pays demeure « l’ingérence étrangère érigée en système de gouvernance depuis l’occupation américaine de 1915 ». Ils estiment que cette ingérence serait aggravée par « l’appui indéfectible de collabos locaux », citant « des oligarques criminels, des politiciens véreux, des intellectuels vendus, ou des éléments de la masse dévoyés ».

Selon le document, cette situation aurait pour conséquence de « créer un contexte délétère où le destin du peuple haïtien lui échappe quasi totalement », les décisions majeures concernant Haïti étant « prises à son insu dans les grandes capitales occidentales ». Les signataires accusent ce système de « confisquer la souveraineté nationale, le droit à l’autodétermination » et de « plonger Haïti dans un chaos savamment fabriqué et planifié ».

La pétition estime que « l’heure est venue de s’organiser ici et ailleurs » pour mettre fin à une situation jugée « pernicieuse et intolérable ». Les organisations affirment que « la reprise en main du destin d’Haïti par les Haïtiens et Haïtiennes a sonné », ce qui passerait notamment par « la fin de l’intrusion du Core Group ou des ambassades occidentales dans le processus de choix des dirigeants politiques » à partir du 7 février prochain.

Les signataires appellent à « l’instauration d’un État réconcilié avec le peuple » et à « l’établissement de relations diplomatiques équilibrées entre l’État haïtien et la communauté internationale », en particulier avec les États-Unis. Ils soulignent que cette orientation suppose « le renforcement de la solidarité nationale et internationale » et « l’imposition du respect strict du droit à l’autodétermination du peuple haïtien ».

Le texte affirme que « la fin de l’ingérence étrangère persistante est une condition sine qua non pour le relèvement du pays et pour une solution haïtienne viable à la crise », une solution qui devrait être « conçue et élaborée par les Haïtiens pour Haïti », contrairement à toute « feuille de route de tutelle de l’OEA ».

« Cette démarche citoyenne vise à restaurer la souveraineté nationale, sauver notre dignité de peuple et ouvrir la voie à la construction responsable de notre destin », écrivent les organisations, qui invoquent notamment la figure de Jean-Jacques Dessalines et « nos valeureux ancêtres ».

Les signataires invitent les Haïtiens de la diaspora ainsi que « les hommes et femmes progressistes » d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie à appuyer la pétition. Leur objectif est de faire de l’année 2026 « l’an un de la renaissance d’Haïti ».

« Haïti a besoin de la solidarité de tous ses filles et fils véritables, de tous ses vrais amis et alliés », conclut le texte.

La pétition est signée notamment par Josué Mérilien, secrétaire général de la CUTRASEPH, Camille Chalmers, directeur exécutif de la PAPDA, et Henry Boisrolin, coordonnateur du Comité démocratique haïtien en Argentine.