Saint-Michel-de-l’Attalaye : une attaque armée à Marmont fait au moins un mort et trois blessés par balles…

Belle entrée de s’Saint-Michel de L’Attalaye…

SAINT-MICHEL-DE L’ATTALAYE, mercredi 16 septembre 2026 (RHINEWS)– Des hommes armés ont attaqué mardi 15 septembre la zone de Marmont, une section communale de Saint-Michel-de-l’Attalaye, dans le département de l’Artibonite, faisant au moins un mort et trois blessés par balle, dont une femme, selon le maire de la commune, Dr. Guéillant Dorcinvil.

Le maire a indiqué qu’un homme avait été atteint d’une balle à la tête et avait succombé à ses blessures. Au moins trois autres personnes ont été blessées au cours de l’attaque.

« Ce n’est pas la première fois que des bandits entrent dans la zone. Au cours des deux derniers mois, cela fait quatre fois qu’ils y entrent », a déclaré Dr. Dorcinvil, faisant état d’une multiplication des incursions armées dans cette partie de la commune.

Les assaillants ont également pillé le marché de Marmont, un important marché intercommunal du Bas-Artibonite où sont commercialisées différentes denrées agricoles et alimentaires, notamment la patate et les haricots. Selon le maire, les hommes armés ont emporté une grande partie des marchandises qui s’y trouvaient, dont des têtes de bétail.

L’attaque a également affecté les activités scolaires. L’école presbytérale de la zone a été fermée alors que des enfants se trouvaient encore à l’intérieur, a rapporté l’édile.

Cette nouvelle incursion intervient dans un contexte de forte pression des groupes armés dans l’Artibonite, où le gang Gran Grif exerce un contrôle ou une influence importante sur plusieurs zones. Saint-Michel-de-l’Attalaye, qui compte huit sections communales, fait partie des communes géographiquement les plus vastes d’Haïti et constitue un axe de passage vers le nord du pays.

Pour le maire, la situation revêt donc une importance qui dépasse les limites de sa commune. « Si les gangs prennent la zone, on pourrait aussi bien dire qu’ils ont pris tout le pays », a-t-il déclaré, soulignant que Saint-Michel-de-l’Attalaye représente « une porte d’entrée vers le nord ».

La présence et le positionnement d’un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti constituent également une source de préoccupation pour les autorités locales.

Dr. Dorcinvil a expliqué qu’un blindé était arrivé à Saint-Michel-de-l’Attalaye depuis un peu plus de deux semaines, mais qu’il n’a pas encore pu être placé à l’endroit prévu pour contribuer à prévenir les incursions des groupes armés.

Selon le maire, le blindé devait être stationné sur l’axe reliant Saint-Michel-de-l’Attalaye à Marchand-Dessalines, afin de constituer une position de prévention et de permettre aux forces de sécurité de mieux contrôler les mouvements susceptibles de menacer la commune.

« Le blindé devait être positionné entre Saint-Michel et Marchand-Dessalines pour empêcher les bandits d’entrer dans la commune », a-t-il expliqué.

Le problème, selon lui, réside notamment dans l’état de la voie. Après l’attaque de mardi, des démarches ont été entreprises pour permettre au véhicule blindé de se rendre vers Marmont, mais celui-ci a été confronté à un passage impraticable.

Le maire affirme que les autorités locales ont sollicité la réalisation d’un ouvrage permettant au blindé de franchir cet obstacle. Jusqu’à présent, les travaux nécessaires n’auraient toutefois pas été réalisés.

« Il faut un ouvrage pour permettre au blindé de passer et d’être positionné à l’endroit où il pourra protéger la population », a-t-il fait valoir.

Cette difficulté limite, selon l’édile, l’utilisation du véhicule blindé alors que les incursions armées se répètent dans les différentes localités de la commune.

La répétition des attaques a également entraîné le départ d’une partie importante de la population de Marmont, a indiqué Dr. Dorcinvil.

« Une grande partie des habitants ont quitté la zone », a-t-il rapporté, faisant état de la détérioration continue de la situation sécuritaire au cours des deux derniers mois.

La commune de Saint-Michel-de-l’Attalaye se retrouve ainsi confrontée à des conséquences multiples : pertes en vies humaines, blessures, pillage des activités commerciales, perturbation de la scolarité et déplacement de populations.

L’attaque de mardi ravive également les inquiétudes concernant l’extension de l’insécurité dans l’Artibonite et ses éventuelles conséquences sur les communications entre le centre du pays et les départements du Nord.

L’ambassade des États-Unis en Haïti a renouvelé mardi son appel à la population pour obtenir des informations susceptibles de permettre de perturber les mécanismes financiers de Viv Ansanm et de Gran Grif, deux organisations que le gouvernement américain a désignées comme organisations terroristes étrangères (FTO).

Gran Grif, considérée comme l’une des principales bandes armées opérant dans le département de l’Artibonite, est particulièrement implantée dans plusieurs zones de ce département, où elle est accusée d’avoir étendu son influence et ses activités criminelles.

Dans un message diffusé sur ses plateformes officielles, l’ambassade américaine indique que les personnes fournissant des informations utiles pourraient être « éligibles à une relocalisation et à une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars ».

Cette offre s’inscrit dans le cadre du programme Rewards for Justice (RFJ) du département d’État américain. Le programme prévoit notamment des récompenses pour des informations permettant de perturber les mécanismes financiers d’organisations terroristes étrangères.

Dans le cas de Viv Ansanm et de Gran Grif, les informations recherchées peuvent notamment concerner les sources de revenus, les entreprises, les comptes bancaires, les investissements, les sociétés-écrans, les transactions financières, les facilitateurs ou encore les contributions utilisées pour soutenir les activités de ces organisations.

L’offre ne vise donc pas directement la capture d’un chef de gang. Elle cherche plutôt à obtenir des renseignements permettant aux autorités américaines d’identifier et de perturber les circuits financiers qui, selon les États-Unis, contribuent au fonctionnement de ces deux organisations.