GROS ISLET (Sainte-Lucie), mercredi 15 juillet 2026 (RHINEWS)– Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ont approuvé une version révisée du Plan en dix points pour la justice réparatrice, présenté comme un manifeste destiné à guider la prochaine phase des revendications de réparations en faveur des peuples de la Caraïbe, à l’issue de la 51e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement, tenue du 5 au 8 juillet à Sainte-Lucie.
S’exprimant mercredi lors de la conférence de presse de clôture, le président en exercice de la CARICOM et Premier ministre de Sainte-Lucie, Philip J. Pierre, a indiqué que les travaux avaient été guidés par un objectif commun. « Les discussions ont été guidées par une idée centrale : améliorer la vie des peuples de la Communauté des Caraïbes », a-t-il déclaré.
Selon les dirigeants de la CARICOM, l’adoption du Plan révisé en dix points pour la justice réparatrice : un manifeste pour les Lumières à venir, élaboré par la Commission des réparations de la CARICOM (CRC), réaffirme l’engagement de l’organisation régionale à obtenir des réparations des États européens pour la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et le génocide des peuples autochtones.
Philip J. Pierre a également annoncé une série d’initiatives destinées à faire progresser le programme régional sur les réparations. Il a notamment évoqué le renforcement de la coopération avec l’Union africaine, une participation soutenue de la CARICOM à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth prévue du 1er au 4 novembre 2026, l’organisation de la troisième Conférence régionale sur les réparations à la Barbade ainsi que l’inauguration du mémorial du cimetière des esclaves de Newton, également à la Barbade.
En marge du sommet, le gouvernement de Sainte-Lucie et le Secrétariat de la CARICOM ont organisé, le 6 juillet, un Forum sur les réparations réunissant responsables politiques, universitaires et représentants de la société civile. Les discussions ont porté sur le Manifeste mondial pour les Lumières, les mécanismes de suivi de la justice réparatrice sur les plans socio-économiques et les liens entre réparations et développement durable.
Parmi les principaux intervenants figuraient le président de la Commission des réparations de la CARICOM, Hilary Beckles, le président du Comité national des réparations de Sainte-Lucie, Earl Bousquet, ainsi que l’ambassadrice June Soomer, membre de la Commission.
Au cours de son intervention, Hilary Beckles a salué l’adoption récente par les Nations unies d’une déclaration reconnaissant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé comme « le crime le plus grave contre l’humanité ».
S’appuyant sur cette évolution, il a estimé que le débat juridique sur les réparations était désormais tranché. « Pendant 300 ans, avons-nous disposé d’une base juridique pour réclamer une justice réparatrice ? La réponse est désormais oui. Le dossier est établi. Il n’y a plus lieu de débattre de l’existence ou non d’un fondement juridique. La question est maintenant celle de la mise en œuvre et des revendications. C’est là où nous en sommes aujourd’hui. C’est pourquoi l’Afrique et la CARICOM agissent désormais de concert, en assurant un leadership mondial pour cette nouvelle étape », a-t-il déclaré.
Par cette décision, la CARICOM entend poursuivre ses démarches diplomatiques et politiques afin de faire progresser les revendications de justice réparatrice au niveau international, tout en inscrivant cette démarche dans son agenda de développement régional.

