Près de 30.000 personnes contraintes de fuir en une semaine après une nouvelle vague de violences à Port-au-Prince…

Un agent de l'Unite Temporaire Anti-Gang (UTAG) vu de dos...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 22 mai 2026 (RHINEWS) – Environ 30.000 personnes ont été forcées d’abandonner leurs domiciles dans la région métropolitaine de Port-au-Prince au cours des dix derniers jours, à la suite d’une nouvelle flambée de violences attribuées à des gangs armés, selon les Nations unies qui alertent sur une aggravation continue de la crise humanitaire en Haïti.

Selon les informations relayées par le Programme alimentaire mondial (PAM), une grande partie des attaques s’est concentrée à Cité Soleil, quartier populaire de la capitale où des groupes armés ont multiplié les incursions, provoquant des déplacements massifs de familles cherchant refuge dans d’autres zones de la ville. Les travailleurs humanitaires tentent d’y fournir une assistance d’urgence dans un contexte marqué par l’insécurité chronique, la pauvreté extrême et l’effondrement des institutions publiques.

L’ONU souligne que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans le pays, déjà fragilisé depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. La capitale haïtienne demeure l’épicentre des violences armées, avec jusqu’à 90 % de certains secteurs considérés comme sous l’influence ou le contrôle de gangs, selon les estimations évoquées dans le rapport.

Le PAM a recueilli les témoignages de plusieurs personnes déplacées ayant fui les affrontements. Anidette Saint Fleur, originaire du Quartier Blanchard à Cité Soleil, raconte avoir quitté son domicile précipitamment avec sa famille après des tirs nourris et des incendies déclenchés près de chez elle. « Il y avait des tirs partout. Ensuite, ils ont mis le feu tout près de chez nous et nous avons fui avec toute la famille », a-t-elle déclaré. « Nous avons seulement eu le temps de partir avec nos pièces d’identité. »

La déplacée affirme vivre désormais dans une peur permanente, gardant un sac prêt pour fuir à tout moment. « Je venais juste de payer mon loyer et nous avons dû fuir. Maintenant, nous n’avons plus rien — plus d’argent, plus de toit — et nous ne savons ni si ni quand nous pourrons revenir », a-t-elle ajouté, lançant un appel à l’aide pour nourrir et loger ses enfants.

Une autre déplacée, Dorlean Boudin, habitante de Sarthe, près de Cité Soleil, a décrit des scènes de violences extrêmes impliquant des hommes armés. « Ils brûlaient, décapitaient, tiraient, tuaient — et si vous aviez un commerce, ils pillaient tout », a-t-elle affirmé. Selon son témoignage, plusieurs familles ont été contraintes de rester sans nourriture afin d’économiser l’argent nécessaire pour fuir les zones attaquées.

Le PAM indique avoir déjà distribué une aide alimentaire d’urgence à environ 8.500 personnes nouvellement déplacées en provenance de Cité Soleil. L’agence onusienne précise également que neuf écoles soutenues par le programme, accueillant près de 12.000 élèves, ont dû suspendre la distribution de repas scolaires en raison des violences.

Selon les Nations unies, plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées à travers le pays, soit plus de 12 % de la population haïtienne. L’organisation s’inquiète également de l’augmentation du recrutement d’enfants par les groupes armés, certaines estimations évoquant une proportion comprise entre 30 % et 50 % des effectifs de certains gangs.