PORT-AU-PRINCE, lundi août 2025 (RHINEWS)– La nomination de l’ex-commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, Guy Alexis, au parquet de Port-au-Prince, en remplacement de Frantz Monclair révoqué pour faute administrative grave, reste dans l’impasse. Selon Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), le blocage découle du refus du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) de valider la décision, faute d’avoir été consulté, et en raison d’une violation présumée de la loi du 27 novembre 2007 sur le statut de la magistrature.
« Le ministre de la Justice a fait preuve de maladresse et d’un manque d’élégance en procédant à ce transfert sans respecter les procédures légales », a affirmé M. Espérance. Il rappelle que la loi prévoit un délai de cinq ans avant qu’un avocat ayant exercé dans une juridiction puisse y être nommé commissaire du gouvernement. En l’espèce, le CSPJ considère que la désignation du commissaire de la Croix-des-Bouquets au parquet de Port-au-Prince viole cette disposition.
Selon M. Espérance, Guy Alexis est un magistrat « très compétent » dont le parquet de Port-au-Prince a un besoin urgent pour relancer un ensemble de dossiers en souffrance. Il souhaite que « toutes les dispositions soient prises afin de normaliser et valider sa nomination » et que son installation se fasse rapidement dans le respect des procédures légales.
Le directeur du RNDDH dénonce « l’incompétence, l’arrogance et l’absence de vision » du ministre de la Justice, accusé de ne pas entretenir de relations institutionnelles avec le CSPJ. « Le ministre ne dirige pas son ministère. Depuis son arrivée, il n’a donné aucun cap en matière de politique pénale », insiste Pierre Espérance. Il lui reproche également d’avoir bloqué plusieurs dossiers sensibles liés à la corruption, au blanchiment d’argent et à la criminalité financière, dont celui concernant l’affaire des 100 millions de gourdes de la BNC impliquant trois conseillers-présidents.

