PORT-AU-PRINCE, vendredi 15 mai 2026 (RHINEWS)– Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a estimé jeudi que la demande adressée par l’avocat Guerby Blaise au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant le maintien en fonction des juges de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) était inutile, soutenant que la question avait déjà été tranchée par une résolution adoptée en Conseil des ministres en mai 2024.
Selon Pierre Espérance, une décision publiée dans le journal officiel Le Moniteur le 21 mai 2024 autorise explicitement les membres de la CSCCA à demeurer en fonction et à continuer d’exercer leurs attributions et prérogatives jusqu’à leur remplacement conformément à la loi.
« Je suis surpris de voir quelqu’un comme Guerby Blaise écrire au Premier ministre pour demander le maintien des membres de la CSCCA en fonction alors que cette question avait déjà été réglée par une décision du Conseil des ministres », a déclaré Pierre Espérance.
Le responsable du RNDDH a rappelé qu’Haïti ne dispose actuellement ni d’un Parlement fonctionnel ni d’un Sénat en mesure de lancer le processus constitutionnel permettant de désigner de nouveaux juges.
« Il n’y a ni Parlement ni Sénat pour procéder à un appel à candidatures », a-t-il affirmé. « Par conséquent, les juges de la CSCCA restent en fonction jusqu’à la tenue d’élections et au rétablissement des conditions institutionnelles prévues par la loi. »
Pierre Espérance a également estimé que l’initiative de Me Blaise pouvait alimenter la confusion au sein de l’opinion publique et des institutions.
« La position de Me Blaise crée de la confusion et pourrait même être assimilée à une tentative de déstabilisation, puisqu’une décision formelle avait déjà été prise en Conseil des ministres », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs insisté sur le fait que la résolution adoptée le 8 mai 2024 et publiée dans Le Moniteur le 21 mai 2024 ne laisse, selon lui, aucune ambiguïté juridique sur le statut des juges concernés.
« Il n’y a aucun débat sur cette question », a conclu Pierre Espérance. « À partir de cette résolution, les membres de la CSCCA continuent d’exercer leurs fonctions, leurs pouvoirs et leurs prérogatives jusqu’à leur remplacement conformément à la loi. »

