NEW-YORK, vendredi 26 septembre 2025 (RHINEWS) – À la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a livré un discours offensif, rejetant les accusations de génocide portées contre son gouvernement et promettant de « finir le travail » à Gaza, au moment où l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte sur la fermeture de nouveaux hôpitaux dans l’enclave palestinienne.
Son intervention a provoqué un vif clivage : des applaudissements ont accompagné son entrée, mais de nombreuses délégations ont quitté l’hémicycle en signe de protestation. Netanyahu a dénoncé les crimes du Hamas le 7 octobre 2023, qu’il a qualifiés de « pire attaque contre les juifs depuis l’Holocauste », rappelant les 1.200 morts et les plus de 250 otages, dont seulement une vingtaine seraient encore en vie. « Affamés, torturés, privés de la lumière du jour », a-t-il dit à propos des captifs, avant d’énumérer leurs noms et de s’adresser directement à eux.
Face aux accusations de génocide, formulées notamment par une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU et reprises par Mahmoud Abbas, Netanyahu a martelé : « Est-ce qu’un pays qui commet un génocide dirait à la population civile avant d’attaquer : “Mettez-vous à l’abri” ? Est-ce que les nazis ont demandé aux juifs de partir gentiment ? » Selon lui, le ratio de victimes civiles est « remarquablement faible » et inférieur à celui observé lors des opérations de l’OTAN en Afghanistan.
Le Premier ministre a également affirmé qu’Israël n’orchestrait pas la famine mais « nourrit délibérément la population », avançant que « plus de 2 millions de tonnes d’aide » sont entrées dans Gaza depuis le début de la guerre. Il a accusé le Hamas de « voler la nourriture », rejetant les rapports de l’ONU sur l’insuffisance et l’entrave des livraisons. Assimiler Israël à des régimes génocidaires reviendrait, selon lui, à perpétuer « un antisémitisme tenace, qui revient encore et encore avec ses mensonges ».
Il a aussi dénoncé la reconnaissance récente de l’État de Palestine par plusieurs pays occidentaux, dont la France et le Royaume-Uni : « Votre décision honteuse va encourager le terrorisme contre les juifs. » Le président américain Donald Trump a appuyé cette position, jugeant qu’il s’agirait de « récompenser les terroristes du Hamas ». En contrepoint, le Secrétaire général de l’ONU António Guterres a rappelé que « la création d’un État palestinien est un droit et non une récompense ».
Tout en martelant qu’« Israël doit finir le travail » et qu’il ne « pliera pas », Netanyahu a esquissé une vision régionale de paix, conditionnée à la « démilitarisation totale de Gaza » et au maintien du contrôle sécuritaire israélien.
Mais au-delà de cette rhétorique, la réalité humanitaire à Gaza demeure dramatique. L’OMS a confirmé vendredi la fermeture de quatre nouveaux hôpitaux ce mois-ci, dont l’hôpital pour enfants Al Rantisi, portant à 14 le nombre de structures encore en activité dans l’enclave. « Aucun d’entre eux ne fonctionne à pleine capacité », a alerté le porte-parole Tarik Jasarevic, évoquant des pénuries aiguës et des ordres d’évacuation. Selon lui, si ces hôpitaux ferment, « 36 % de tous les lits et 50 % des lits de soins intensifs de l’enclave seront perdus ».
Dans les rares centres encore opérationnels, la situation est jugée « sans précédent ». À Khan Younis, jusqu’à trois bébés se partagent une seule couveuse, selon le Dr Ahmed Al-Fara. Les services pédiatriques reçoivent environ 1.000 cas par jour, dont 200 admissions, pour seulement 40 lits. « Nous assistons à une congestion extrême », a-t-il témoigné.
Parallèlement, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié une nouvelle liste de 158 entreprises impliquées dans des activités liées aux colonies israéliennes illégales, rappelant la responsabilité du secteur privé dans les violations des droits humains.
Alors que Netanyahu appelle à la fermeté et à l’expansion des accords régionaux, la question demeure : combien de temps encore la population civile de Gaza pourra-t-elle survivre face aux bombardements, à la famine et à l’effondrement du système de santé ?

