NEW-YORK, jeudi 9 avril 2026 )RHINEWS)- Les Nations Unies ont fermement condamné les frappes aériennes menées mercredi par l’armée israélienne à travers le Liban, qui ont causé d’importantes pertes humaines et des destructions massives, quelques heures seulement après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran à l’issue de plusieurs semaines d’hostilités dans la région.
Le Secrétaire général de l’ONU « condamne sans équivoque les frappes massives menées par Israël à travers le Liban le 8 avril, qui ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils, y compris des enfants, et causé des dégâts aux infrastructures civiles », selon une déclaration de son porte-parole. António Guterres s’est dit profondément alarmé par l’augmentation du nombre de victimes, présentant ses condoléances au gouvernement et au peuple libanais et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.
« L’annonce du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis rend d’autant plus préoccupante la poursuite des opérations militaires au Liban, qui fait peser un risque grave sur la trêve et sur les efforts en faveur d’une paix durable et globale dans la région », a-t-il affirmé, appelant toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et rappelant qu’« il n’existe pas de solution militaire au conflit ».
La Coordonnatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a également dénoncé une escalade au moment où « l’espoir d’une fin de la violence et des destructions renaissait », ajoutant : « Cela ne peut pas continuer. Aucun camp ne peut parvenir à la victoire par les armes ».
Selon le chef de l’action humanitaire de l’ONU au Liban, Imran Riza, les forces israéliennes auraient mené plus de 100 frappes aériennes en une dizaine de minutes, un niveau qu’il a qualifié de « spectaculaire », évoquant « un niveau de frappes énorme ». Si le bilan précis reste incertain, des centaines de morts sont redoutés. « Les hôpitaux sont débordés et un appel massif aux dons de sang a été lancé dans tout le pays », a-t-il indiqué.
Sur le terrain, la situation est jugée « extrêmement critique ». Une responsable du Programme des Nations Unies pour le développement, Blerta Aliko, a rapporté avoir été contrainte de se réfugier dans un sous-sol à Beyrouth en raison de l’intensification des bombardements. « J’ai personnellement entendu neuf frappes. Il y en a eu plus de 40 à Beyrouth et des centaines à travers le pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que « le directeur général de la Croix-Rouge a confirmé plus de 300 victimes ».
Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de reprise des affrontements entre les forces israéliennes et le Hezbollah, dans le cadre plus large du conflit impliquant Israël et les États-Unis contre l’Iran. Depuis le début de l’escalade le 2 mars, plus de 1.500 personnes ont été tuées au Liban, dont 130 enfants, selon le ministère de la santé. Environ 1,2 million de personnes ont été déplacées, soit près d’un cinquième de la population, un niveau qualifié d’« ampleur sans précédent ». « De nombreuses frappes menées aujourd’hui n’ont été précédées d’aucun ordre d’évacuation ni d’aucun avertissement », a précisé Imran Riza.
Les femmes et les filles représentent près de la moitié des déplacés et « supportent un fardeau sans précédent et intolérable », selon Laila Baker du Fonds des Nations Unies pour la population. « J’ai rencontré des mères fuyant sous les bombardements avec leurs enfants, sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portaient ; des femmes enceintes cherchant désespérément des soins sous le feu, ou accouchant dans des abris sans soutien ni intimité », a-t-elle témoigné. Environ 13.500 femmes enceintes figurent parmi les déplacées, dont 1.700 privées de soins essentiels dans le sud du Liban, tandis que 200 devraient accoucher dans les 30 prochains jours.
De son côté, la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé, la Dre Hanan Balkhy, a indiqué que « les services d’urgence, de chirurgie et de soins intensifs sont soumis à une pression extrême », ajoutant que 106 attaques contre des structures de santé ont été vérifiées à ce jour.
L’ONU a réitéré son appel à la désescalade, soulignant que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran « offre une opportunité d’éviter de nouvelles pertes humaines entre le Liban et Israël ». « Il est temps d’engager des discussions pour résoudre les différends en suspens et œuvrer à un cessez-le-feu permanent et à une solution durable au conflit », a déclaré le porte-parole adjoint de l’organisation, Farhan Haq, rappelant une nouvelle fois qu’« il n’existe pas de solution militaire ».

