Léon XIV appelle à la libération des otages après le massacre de Kenscoff…

Pape Léon XIV…

VATICAN, (Rome), lundi 31 août 2026 (RHINEWS)– Le pape Léon XIV a appelé dimanche à la libération « sans délai » des personnes enlevées lors de l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août à Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince, où au moins 47 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres enlevées, selon les Nations unies.

S’exprimant après la prière de l’Angélus à Castel Gandolfo, le souverain pontife a déclaré avoir reçu « des nouvelles dramatiques du grave massacre perpétré à Kenscoff dans lequel ont perdu la vie de nombreuses personnes tandis que d’autres ont été séquestrées ». Il a exprimé sa « proximité dans la prière aux victimes et à leurs proches » et demandé la libération « sans délai » de « tous les otages ».

« J’adresse un appel du fond du cœur à tous les responsables afin qu’ils s’engagent concrètement pour garantir la sécurité de la population et mettre fin à toute forme de violence », a ajouté Léon XIV, alors que les violences des groupes armés continuent de provoquer des déplacements massifs et de nombreuses victimes en Haïti.

L’attaque de Kenscoff a notamment visé des personnes déplacées par les violences qui avaient trouvé refuge dans une église. Le bilan établi par les Nations unies fait état d’au moins 47 morts, dont cinq enfants, de 22 blessés et de dizaines de personnes enlevées. Des maisons ont également été incendiées au cours de l’assaut de Viv Ansanm.

La tragédie a suscité de vives réactions au sein des différentes composantes de l’Église en Haïti. L’évêque d’Anse-à-Veau et Miragoâne, Mgr Pierre-André Dumas, vice-président de la Conférence épiscopale d’Haïti, a lancé un appel aux autorités après le massacre, leur demandant de faire de la protection de la vie humaine une priorité. Dans une lettre adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, il s’est notamment interrogé : « Combien de morts faudra-t-il encore pour que la protection de la vie humaine devienne l’urgence absolue de l’État haïtien ? »

Dans un communiqué consacré au drame, Mgr Dumas a également dénoncé une situation dans laquelle les populations civiles sont exposées à des violences répétées et a lancé un cri d’alarme sur l’avenir du pays. Son intervention intervient alors que l’Église catholique haïtienne s’inquiète depuis plusieurs années de l’extension des violences armées et de leurs conséquences humanitaires.

Du côté protestant, la Conférence des pasteurs haïtiens (COPAH) a condamné les assassinats, les enlèvements et les actes de terreur commis à Kenscoff. L’organisation s’est dite « profondément consternée » et « vivement indignée » par l’attaque et a estimé que les autorités avaient failli à leur « responsabilité fondamentale de garantir la sécurité de la population et de protéger la vie des citoyens ».

La COPAH a réclamé des « mesures immédiates, concrètes et vérifiables » pour protéger les habitants, obtenir la libération des personnes retenues en otage et identifier puis traduire en justice les auteurs, commanditaires et complices des crimes. « Le peuple haïtien ne peut pas continuer à vivre sous la menace permanente des groupes armés », a affirmé l’organisation présidée par le Rév. Dr Ernst Pierre Vincent.

La Conférence des pasteurs haïtiens a également critiqué l’insuffisance, selon elle, des réponses apportées face à la répétition des massacres et appelé à des actions permettant de restaurer l’autorité de l’État et de mieux protéger les populations civiles. Elle demande que la sécurité du peuple haïtien ne soit plus limitée à des déclarations de condamnation, mais donne lieu à des mesures concrètes.

L’appel du pape intervient alors qu’une partie des personnes enlevées lors de l’attaque a déjà été libérée. Les Nations unies ont annoncé la libération de 13 captifs, dont six enfants et sept femmes, tandis que d’autres personnes restent portées disparues ou retenues par les groupes armés.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant spécial du secrétaire général pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a lui aussi demandé la libération « immédiate et inconditionnelle » de toutes les personnes enlevées lors de l’attaque. Il a estimé que le massacre démontrait la capacité des groupes armés à étendre leur influence au-delà de Port-au-Prince et à remettre en cause l’autorité de l’État.

Le responsable onusien a par ailleurs appelé à ce que les auteurs, financiers, fournisseurs d’armes et facilitateurs de la violence soient tenus responsables, tout en soulignant que les opérations de sécurité doivent être accompagnées du rétablissement des services publics, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et des moyens de subsistance.

Le massacre de Kenscoff intervient dans un contexte de forte dégradation de la situation sécuritaire en Haïti. Selon les données présentées par les Nations unies, 1.408 personnes ont été tuées et 656 blessées entre avril et juin 2026 seulement. Les violences ont également provoqué de nouveaux déplacements de population et aggravé les conditions humanitaires dans plusieurs régions du pays.

À Kenscoff, les autorités haïtiennes ont annoncé le renforcement du dispositif de sécurité et l’ouverture d’enquêtes afin de déterminer les circonstances de l’attaque et d’établir d’éventuelles responsabilités. La Police nationale d’Haïti a notamment annoncé vouloir déterminer comment des hommes armés ont pu pénétrer au cœur de la commune et identifier les éventuels responsables de négligence ou de complicité.

En appelant à la libération des otages et à la fin des violences, Léon XIV rejoint ainsi les appels lancés par les responsables catholiques et protestants d’Haïti, qui réclament une réponse effective à l’insécurité et une meilleure protection des populations civiles confrontées depuis plusieurs années à l’expansion des groupes armés.