PORT-AU-PRINCE, vendredi 23 octobre 2026 (RHINEWS) – Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) demande au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, de faire transférer d’urgence Magalie Habitant vers un établissement de santé. Détenue dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), l’ancienne responsable du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) nécessite une intervention chirurgicale immédiate, selon un certificat médical cité par l’organisation.
Cette demande figure dans une correspondance datée du 21 octobre 2026, reçue au ministère le lendemain. Signée par Rosy Auguste Ducena, responsable de programmes, et Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, la lettre fait état d’une dégradation de la santé de la détenue.
L’organisation indique s’être entretenue avec Magalie Habitant le 7 octobre, dans le cadre de ses activités régulières de suivi des lieux de privation de liberté. Elle affirme que celle-ci « confronte de graves problèmes de santé qui nécessitent une prise en charge médicale immédiate et appropriée ».
Selon le certificat délivré le 9 octobre 2026 par son médecin traitant, le chirurgien généraliste et algologue Renan Amstrong Charlot, cité dans la correspondance, Magalie Habitant souffre d’une maladie hémorroïdaire hémorragique de type 3 qui s’est aggravée. Les conclusions médicales rapportées par le RNDDH précisent que son état « requiert une intervention chirurgicale immédiate ».
Magalie Habitant avait été arrêtée le 9 janvier 2025 à Laboule, dans la commune de Pétion-Ville, par des agents de la DCPJ. La Police nationale d’Haïti avait annoncé, dans une communication du 13 janvier, qu’elle avait été interpellée en compagnie de son chauffeur pour « association de malfaiteurs et financement de gangs armés ».
Ses liens présumés avec la coalition de gangs « Viv Ansanm » ont également été examinés par le Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti. Dans son rapport final daté du 25 septembre 2025, celui-ci la présente comme une intermédiaire de longue date entre des gangs et des acteurs politiques et économiques. Il lui attribue notamment un rôle dans la facilitation de l’acquisition d’armes destinées à des groupes armés.
Dans l’annexe consacrée à Magalie Habitant, les experts rapportent que l’enquête policière avait conclu à son implication dans le financement de « Viv Ansanm ». Le même document indique qu’un juge avait été désigné le 8 mai 2025 pour instruire le dossier la concernant ainsi que l’ancien député Prophane Victor. Ces éléments constituent des accusations et des conclusions d’enquête rapportées par les experts, et ne valent pas condamnation pénale.
La correspondance du RNDDH porte sur l’accès de Magalie Habitant aux soins pendant sa détention. L’organisation rappelle que l’État demeure responsable de la protection de ses droits à la vie et à la santé.
À l’appui de sa démarche, elle invoque les règles 24 et 25 de l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Nelson Mandela ». Selon le rappel qu’elle en fait, les personnes privées de liberté doivent bénéficier des soins nécessaires, sans frais et sans discrimination fondée sur leur statut juridique.
Le RNDDH cite également la règle 27.1, relative au transfert des détenus nécessitant des traitements spécialisés ou des soins chirurgicaux vers des établissements spécialisés ou des hôpitaux civils.
L’organisation se réfère aussi à l’article 50 des Règlements internes des établissements pénitentiaires, adoptés en 1999. Le passage reproduit dans la lettre prévoit le transfert des détenus ayant besoin de soins spéciaux ou d’une hospitalisation vers l’hôpital extérieur le plus proche disposant des équipements adaptés. Il précise que « cette hospitalisation est décidée par le chef d’établissement au vu d’une prescription médicale ».
Au regard de la situation médicale décrite, le RNDDH estime « indispensable que des mesures urgentes soient adoptées afin de permettre à la détenue d’accéder aux soins médicaux que requiert sa situation ».

