DALIAN (Chine), vendredi juin 2026 (RHINEWS) – Le 17e Forum annuel des nouveaux champions, plus connu sous le nom de « Davos d’été », s’est achevé jeudi à Dalian, en Chine, sur un appel des dirigeants politiques, économiques et industriels à accélérer le déploiement des innovations technologiques afin de stimuler la croissance économique, renforcer la compétitivité et créer des emplois dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les mutations industrielles et l’essor rapide de l’intelligence artificielle.
Organisée par le Forum économique mondial du 23 au 25 juin sous le thème « Innover à grande échelle », la rencontre a réuni plus de 1 800 dirigeants issus de plus de 90 pays et régions, représentant les gouvernements, les entreprises, les organisations internationales, la société civile, le monde universitaire ainsi que les communautés d’innovateurs du Forum.
Le Premier ministre chinois, Li Qiang, a participé aux travaux aux côtés de six chefs de gouvernement, notamment ceux de la Corée du Sud, du Bangladesh, de la Guinée, du Kazakhstan, de la Mongolie et du Monténégro. La rencontre a également rassemblé environ 90 responsables gouvernementaux, un millier de dirigeants d’entreprises ainsi que plus de 200 innovateurs, parmi lesquels des entreprises technologiques émergentes et un nombre record de sociétés licornes.
Les débats ont principalement porté sur les moyens de transformer les avancées technologiques en résultats concrets pour l’économie réelle, tout en favorisant une croissance plus inclusive et plus résiliente. Les participants ont examiné les conséquences des évolutions géoéconomiques sur le commerce international, l’investissement, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité énergétique, tout en insistant sur la nécessité de préserver la coopération internationale.
Le Forum économique mondial a souligné que les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, les biotechnologies et les systèmes énergétiques de nouvelle génération, offrent un potentiel considérable mais que leur diffusion à grande échelle demeure indispensable pour produire des gains durables de productivité.
« Les progrès technologiques constituent l’un des outils les plus puissants pour relever les défis existentiels d’une population mondiale en croissance. L’innovation n’a de valeur que si elle sert l’humanité et préserve les conditions qui rendent la vie possible », a déclaré André Hoffmann, coprésident du Forum économique mondial.
Le président-directeur général du Forum économique mondial, Alois Zwinggi, a estimé que « la prochaine phase de l’innovation consiste à combler l’écart entre le potentiel technologique et son impact économique réel afin de transformer les percées scientifiques en progrès tangibles pour les entreprises et les populations », ajoutant que cette ambition exige une coopération étroite entre les gouvernements, le secteur privé et le monde académique.
Le Premier ministre chinois, Li Qiang, a appelé à une utilisation responsable des nouvelles technologies. « Nous devons mettre la technologie au service du bien commun. Les technologies de pointe doivent bénéficier aux peuples de tous les pays plutôt que devenir une source de chaos compromettant la paix et la stabilité. Les progrès technologiques doivent toujours refléter les valeurs communes de l’humanité et promouvoir la paix ainsi que le développement mondial », a-t-il déclaré.
Le président-directeur général de BlackRock et coprésident du Forum, Larry Fink, a estimé que « la technologie crée de nouvelles possibilités de croissance dans tous les secteurs de l’économie », tout en soulignant que « la concrétisation de ce potentiel dépendra de la capacité à déployer l’innovation de manière à stimuler la productivité, l’investissement et une prospérité plus largement partagée ».
Les discussions ont également porté sur la trajectoire économique de la Chine, qui devrait représenter plus d’un quart de la croissance mondiale du produit intérieur brut réel en 2026, tandis que l’ensemble de l’Asie contribuerait à plus de la moitié de la croissance économique mondiale cette année. Les participants ont considéré que l’intelligence artificielle, les véhicules électriques, les énergies renouvelables et la transformation industrielle constitueront les principaux moteurs de cette dynamique.
Selon les intervenants, les infrastructures, les investissements dans les compétences, les politiques publiques adaptées ainsi que les partenariats internationaux demeurent indispensables pour permettre aux économies de tirer pleinement parti de ces innovations.
Le Forum a également publié plusieurs rapports consacrés aux technologies émergentes, à la transformation industrielle de la Chine, aux effets de l’intelligence artificielle sur le travail, aux services financiers, à l’énergie, au climat, à la santé, à l’éducation et à l’emploi. Il a annoncé une nouvelle promotion de « Technology Pioneers », identifié les dix technologies émergentes les plus prometteuses pour les cinq prochaines années et accueilli seize nouveaux membres au sein de son réseau mondial des « Global Lighthouses », regroupant des entreprises considérées comme des références en matière de transformation industrielle.
Les participants ont souligné que près de 40 % des emplois dans le monde seront affectés par le développement de l’intelligence artificielle, ce qui nécessitera d’importants investissements dans l’éducation, la formation, les infrastructures numériques et les politiques d’accompagnement afin d’éviter une croissance économique sans création suffisante d’emplois.
« L’innovation stimule véritablement l’économie lorsqu’elle atteint les populations et améliore leur vie, leur travail, leurs revenus et leur santé. Le prochain milliard d’emplois sera créé dans les économies qui investiront autant dans l’éducation, les compétences et l’entrepreneuriat que dans la technologie », a déclaré Saadia Zahidi, directrice générale du Forum économique mondial.
Les questions énergétiques ont également occupé une place importante des discussions, les participants estimant que les récentes tensions géopolitiques, notamment dans le détroit d’Ormuz, illustrent la vulnérabilité des marchés énergétiques mondiaux et renforcent la nécessité d’accélérer la transition vers des systèmes énergétiques plus sûrs, plus propres et plus compétitifs.
À l’issue de trois jours de travaux et de plus de 200 séances de discussions, les responsables réunis à Dalian ont conclu que la prochaine étape du développement économique mondial dépendra moins des percées technologiques elles-mêmes que de la capacité des gouvernements, des entreprises et des institutions à transformer ces innovations en investissements, en gains de productivité, en création d’emplois et en prospérité partagée.

