Le docteur Jean Ardouin Louis-Charles appelle à une lutte renforcée contre la corruption pour sortir Haïti de la crise…

Dr. Jean Ardouin Louis-Charkes…

PORT-AU-PRINCE, lundi 3 août 2026 (RHINEWS)– Le professeur Jean Ardouin Esther Louis-Charles estime que la corruption constitue l’une des principales causes de la crise multidimensionnelle que traverse Haïti et appelle à une mobilisation nationale pour lutter contre ce phénomène qu’il considère comme un obstacle majeur au développement du pays.

Dans une déclaration adressée à des confrères, consœurs et citoyens, le docteur Louis-Charles dresse un tableau préoccupant de la situation nationale, évoquant des difficultés dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité, la santé, l’alimentation, l’éducation et le logement.

« La situation de nos sœurs et frères est très grave dans tous les domaines : sécuritaire, sanitaire, alimentaire, d’éducation, de logement », écrit-il.

Selon le professeur en anthroposociologie, « la cause fondamentale de cet état de l’État est la corruption », qu’il présente comme un facteur entraînant d’importantes pertes économiques pour le pays. Il affirme que ce phénomène occasionnerait « une perte de cinq cent millions de dollars américains chaque année ».

Le docteur Louis-Charles soutient qu’une meilleure gestion de ces ressources permettrait à Haïti d’améliorer considérablement ses services publics, notamment dans le domaine sanitaire.

« Avec une telle somme, le pays pourrait avoir des scanners médicaux dans tous les départements et plus, ainsi que des IRM et des TEP. Ceci augmenterait la qualité des services de santé et de vie », affirme-t-il.

Dans son analyse, il estime que la lutte contre la corruption aurait également des impacts majeurs sur les infrastructures, la sécurité et l’éducation. Il cite notamment la construction et l’entretien des routes départementales et communales, le renforcement des forces de sécurité, ainsi que la création d’un système éducatif public plus performant.

« Des lycées et universités d’excellence, une école publique excellente » pourraient voir le jour grâce à une meilleure utilisation des ressources nationales, avance-t-il.

Abordant la question sécuritaire, le professeur Louis-Charles affirme qu’un État débarrassé de la corruption pourrait disposer d’institutions capables de mieux répondre aux menaces des groupes armés. Il évoque la nécessité de disposer de « places fortes, imprenables par les gangs à cravate et sapates », une expression par laquelle il critique à la fois les acteurs armés et ceux qu’il accuse de profiter du système.

Le professeur relie également la corruption aux problèmes sociaux du pays, notamment la précarité, la violence faite aux femmes, le chômage et l’instabilité politique. Il estime qu’une transformation institutionnelle permettrait une amélioration des conditions de vie de la population.

« Les femmes deviendraient les vraies propriétaires de leur sexe », écrit-il en référence à la réduction des violences sexuelles qu’il associe à une société plus juste et mieux organisée.

Sur le plan politique, Jean Ardouin Louis-Charles plaide pour la tenue régulière d’élections afin de favoriser une stabilité durable. Il appelle également à une « décentralisation effective et efficace » pour permettre un développement plus équilibré des différentes régions du pays.

Le professeur estime qu’une politique sérieuse de lutte contre la corruption pourrait permettre à Haïti de sortir progressivement de sa situation actuelle parmi les pays les moins avancés de la région.

« Voilà la nouvelle perspective avec la lutte anticorruption », affirme-t-il, appelant les citoyens à s’engager dans ce combat.

Dans cette perspective, il propose la mise en place d’un mouvement politique qu’il présente sous l’acronyme PIC-A, pour « Patriotes Intègres Compétents-Anticorruption », qu’il souhaite voir accéder au pouvoir afin de porter cette vision.

« Investissons-nous dans ce combat pour que nos filles et fils s’épanouissent. Nos ancêtres reposeront en paix », conclut le docteur Louis-Charles.

Cette prise de position intervient alors qu’Haïti fait face à une crise profonde marquée par l’insécurité, la fragilité des institutions publiques, les difficultés économiques et les besoins croissants de la population dans plusieurs secteurs essentiels.