WASHINGTON, mercredi 7 janvier 2027 (RHINEWS)-
Le président américain Donald Trump et son entourage discutent activement d’une éventuelle offre d’achat du Groenland, territoire autonome relevant du Danemark, a confirmé mercredi la Maison Blanche. La porte-parole Karoline Leavitt a indiqué que le sujet était « actuellement examiné de manière active par le président et son équipe de sécurité nationale ».
Selon la Maison Blanche, si l’option diplomatique reste privilégiée, « toutes les options sont toujours sur la table » pour le président américain. Les autorités du Groenland et du Danemark ont toutefois rappelé à plusieurs reprises que l’île n’était pas à vendre, tandis que Copenhague a averti qu’une action militaire contre son territoire remettrait en cause l’alliance au sein de l’Otan.
L’administration américaine estime que le Groenland revêt une importance stratégique majeure pour la sécurité des États-Unis, en raison de sa position entre l’Amérique du Nord et l’Arctique. Cette localisation est jugée clé pour les systèmes d’alerte précoce face à d’éventuelles attaques de missiles et pour la surveillance maritime dans la région. Les États-Unis exploitent par ailleurs la base spatiale de Pituffik, anciennement Thule, depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’intérêt américain s’explique également par les ressources naturelles de l’île, notamment les terres rares, l’uranium et le fer, dont l’accès est facilité par la fonte des glaces liée au changement climatique. Des scientifiques estiment aussi que le sous-sol groenlandais pourrait receler d’importantes réserves de pétrole et de gaz.
Le secrétaire d’État Marco Rubio doit s’entretenir avec les autorités danoises la semaine prochaine. Donald Trump avait déjà formulé une proposition d’achat du Groenland en 2019, lors de son premier mandat, essuyant un refus. « L’acquisition du Groenland par les États-Unis n’est pas une idée nouvelle », a rappelé Karoline Leavitt, évoquant la volonté du président de contenir les influences russe et chinoise dans l’Arctique.
Sur le plan diplomatique, plusieurs capitales européennes ont réagi. Mardi, les dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Danemark ont publié une déclaration commune affirmant que « le Groenland appartient à son peuple » et que seules le Danemark et le Groenland peuvent décider de leur relation. Ils ont souligné que la sécurité de l’Arctique devait être assurée collectivement par les alliés de l’Otan, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
Au Groenland, les réactions restent contrastées. Aaja Chemnitz, députée représentant le territoire au Parlement danois, a qualifié les déclarations américaines de « menace claire », tout en jugeant peu probable une annexion directe. À l’inverse, certains habitants, comme un chasseur inuit du nord de l’île, se sont dits indifférents à l’hypothèse d’un changement de souveraineté, estimant que les préoccupations quotidiennes liées aux conditions de vie et au recul de la banquise demeurent prioritaires.

