TALLAHASSEE, mardi 4 août 2026 (RHINEWS) – La représentante démocrate de Floride Dotie Joseph a annoncé sa candidature à la primaire démocrate pour le poste de gouverneure, prévue le 18 août prochain, avec l’ambition de proposer une alternative politique axée sur les préoccupations quotidiennes des Floridiens, notamment le coût de la vie, l’accès aux soins de santé, le logement et les services publics.
L’élection générale pour le poste de gouverneur de Floride est prévue en novembre 2026. Dotie Joseph, élue à la Chambre des représentants de l’État depuis 2018, entend faire de son expérience de juriste, de législatrice et de défenseure des droits civiques un argument central de sa campagne.
La candidate démocrate a expliqué que sa décision de se présenter n’était pas prévue initialement, mais qu’elle avait changé d’avis après le retrait du maire d’Orange County, Jerry Demings, de la course. Elle affirme avoir estimé nécessaire d’offrir aux électeurs une autre possibilité dans la compétition démocrate.
« Je n’avais absolument pas prévu de me présenter. Ce n’était pas sur ma carte de bingo », a déclaré Mme Joseph, expliquant que son entrée dans la course était le résultat d’une réflexion menée après l’évolution du paysage politique. « Plus j’en apprenais sur l’option qui restait, plus je pensais qu’il nous fallait une autre option », a-t-elle ajouté.
Sans citer directement son adversaire démocrate David Jolly, elle a critiqué ce qu’elle considère comme une proximité entre certains responsables politiques sur plusieurs votes au Congrès, notamment concernant l’Affordable Care Act (Obamacare). Elle estime que les électeurs recherchent désormais des candidats capables de répondre aux difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.
Dotie Joseph se présente comme une démocrate progressiste mais pragmatique. Elle affirme que son parcours à la Chambre des représentants démontre sa capacité à travailler au-delà des clivages partisans pour faire adopter certaines mesures.
« Je défends des enjeux progressistes, mais je suis aussi une démocrate pragmatique qui a travaillé avec des collègues républicains pour faire adopter des mesures bipartites », a-t-elle déclaré.
Elle cite notamment son implication dans les discussions autour de la réforme de la police après la mort de George Floyd, affirmant avoir participé à l’élaboration d’un projet de loi bipartisan visant à renforcer la formation des forces de l’ordre et les mécanismes de responsabilisation.
Sur la gouvernance d’un État dirigé par un exécutif démocrate face à une législature dominée par les républicains, Mme Joseph soutient que plusieurs politiques qu’elle défend bénéficient déjà d’un soutien populaire. Elle rappelle notamment l’adoption par référendum de l’augmentation progressive du salaire minimum en Floride jusqu’à 15 dollars de l’heure.
La question du droit à l’avortement occupe également une place importante dans son programme. La candidate affirme vouloir replacer ce débat dans le domaine de la santé publique plutôt que dans celui des affrontements idéologiques.
« Ce n’est pas seulement une question d’avortement, c’est une question de soins de santé », a-t-elle déclaré.
Elle assure qu’en tant que gouverneure, elle serait prête à utiliser son pouvoir de grâce pour protéger des médecins poursuivis dans le cadre des restrictions imposées aux interruptions volontaires de grossesse.
« Je serai prête à utiliser mon pouvoir de grâce, parce que je ne veux pas voir des femmes mourir faute d’accès aux soins ni des médecins quitter l’État », a-t-elle affirmé.
Le coût de la vie constitue le principal axe de sa campagne. Dotie Joseph met en avant l’élargissement de l’accès à l’assurance maladie, notamment par l’expansion de Medicaid, ainsi que plusieurs propositions qu’elle dit avoir défendues au Parlement de Floride.
« Pour beaucoup de familles, un simple passage aux urgences peut changer complètement leur avenir financier », a-t-elle souligné, estimant que les politiques publiques doivent mieux protéger les ménages face aux dépenses imprévues.
Sur la crise du logement, elle défend le « Real Affordable Housing Act », qu’elle présente comme une alternative au « Live Local Act » adopté en Floride. Elle propose notamment de limiter les acquisitions de logements individuels par les fonds d’investissement et les sociétés de capital-investissement.
« Ces entreprises achètent des logements sans se soucier de savoir si quelqu’un y habite, ce qui contribue à faire grimper artificiellement les prix », a-t-elle déclaré.
La candidate souhaite également renforcer le rôle des collectivités locales dans la recherche de solutions adaptées à leurs réalités, tout en rejetant un contrôle généralisé des loyers.
« Je veux trouver un équilibre : permettre aux propriétaires de réaliser un bénéfice tout en empêchant que des technologies, comme l’intelligence artificielle, soient utilisées pour gonfler artificiellement les loyers », a-t-elle expliqué.
Sur l’immigration, Dotie Joseph affirme vouloir rompre avec les politiques mises en place en Floride au cours des dernières années. Elle estime que l’État ne doit pas se substituer au gouvernement fédéral dans l’application des lois migratoires.
« Ma position est donc que l’État ne devrait pas être impliqué dans tout cela. En tant que gouverneure, j’adopterai une approche totalement opposée à celle que nous avons observée au cours des huit dernières années », a-t-elle déclaré.
Elle promet notamment de mettre fin aux accords 287(g), qui permettent une coopération entre les forces de l’ordre locales et les autorités fédérales de l’immigration.
« Il n’y aura plus d’accords 287(g). J’ai opposé mon veto à tous les budgets qui contenaient des dispositions visant à soutenir ces accords. Nous avons suffisamment de priorités sur lesquelles concentrer nos efforts », a-t-elle affirmé.
La candidate démocrate défend également le rôle économique des communautés immigrées en Floride, notamment des Haïtiens, des Cubains et des autres groupes qui participent, selon elle, au développement de l’État.
« Les immigrants ne sont pas l’ennemi. Ils constituent une partie intégrante de notre communauté dans tout le sud de la Floride », a-t-elle déclaré.
Évoquant les bénéficiaires du Statut de protection temporaire (TPS), notamment les Haïtiens, Dotie Joseph affirme que ces travailleurs jouent un rôle important dans plusieurs secteurs économiques.
« Les bénéficiaires du TPS, en particulier les Haïtiens titulaires de ce statut, contribuent à hauteur de 38 milliards de dollars à l’économie des États-Unis, dont 1,8 milliard de dollars rien qu’en Floride », a-t-elle soutenu.
Selon elle, toute politique visant à fragiliser cette main-d’œuvre aurait des conséquences économiques importantes, alors que plusieurs secteurs font face à des pénuries de travailleurs.
« Tous nos secteurs clés — le tourisme, l’agriculture et les soins de santé — dépendent de ces travailleurs », a-t-elle ajouté.
Née en Haïti et élevée dans le comté de Miami-Dade, Dotie Joseph est la fille d’un pasteur et d’une infirmière, tous deux enseignants. Après des études dans les écoles publiques de Miami-Dade, elle a obtenu un diplôme en sciences politiques à l’Université Yale avant de décrocher un doctorat en droit à l’Université Georgetown.
Son parcours professionnel est marqué par un engagement dans la défense des droits civiques. Elle a notamment effectué des stages au sein du Lawyers’ Committee for Civil Rights Under the Law, de la division des droits civiques du Département de la Justice des États-Unis et dans le domaine des litiges liés à la discrimination au travail.
Avant son élection à la Chambre des représentants de Floride en 2018, elle a occupé plusieurs fonctions dans le milieu juridique et politique, notamment celle de première vice-présidente du Parti démocrate du comté de Miami-Dade, de présidente de la Haitian Lawyers Association et de procureure municipale adjointe de North Miami Beach. Elle a également été bénévole juridique pour la campagne de l’ancien président Barack Obama et a effectué un stage au Carter Center.
Représentante du 108e district de Floride, Dotie Joseph a également exercé la fonction de Minority Leader Pro Tempore au sein du groupe démocrate de la Chambre. En décembre 2024, elle a été sélectionnée pour participer au programme « Civic Innovation Fellowship » de Future Caucus, un réseau bipartisan consacré à la coopération entre jeunes élus américains.
Pour sa campagne au poste de gouverneure, elle affirme vouloir placer au centre du débat les conditions de vie des Floridiens, en mettant l’accent sur le logement abordable, la santé, l’éducation, la responsabilité gouvernementale et les services publics.

