Haïti : trois nouveaux gangs inscrits sur la liste de l’ONU, le BINUH et l’UNICEF s’en réjouissent…

Enfants haitiens en difficulte/image d'illustration...

PORT-AU-PRINCE, mardi 14 juillet 2026 (RHINEWS) – Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et l’UNICEF ont salué, lundi, l’inscription des gangs armés Gran Grif, Kraze Barye et 400 Mawozo sur les listes annexées au rapport annuel 2025 du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, estimant que cette décision renforce les mécanismes internationaux visant à poursuivre les auteurs de violations graves commises contre des enfants.

Dans une déclaration conjointe, les deux agences rappellent que ces trois groupes rejoignent la coalition « Viv Ansanm », déjà inscrite lors du précédent cycle de rapport, et soulignent que cette mesure « renforce les efforts internationaux visant à garantir que les auteurs de violations graves commises à l’encontre d’enfants rendent des comptes ».

Selon le rapport du Secrétaire général, les Nations Unies ont vérifié en 2025 un total de 2 088 violations graves affectant 1 661 enfants en Haïti. Parmi celles-ci figurent le recrutement et l’utilisation de 892 enfants par des groupes armés, ainsi que des meurtres, des mutilations, des violences sexuelles, des enlèvements, des attaques contre des écoles et des hôpitaux et des entraves à l’accès humanitaire.

Le BINUH et l’UNICEF soulignent que l’inscription des groupes responsables sur ces listes constitue « un mécanisme de responsabilisation essentiel » établi par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette démarche ouvre également la voie à l’élaboration de plans d’action destinés à mettre fin aux violations contre les enfants, à prévenir leur répétition et à favoriser la libération des mineurs associés aux gangs armés.

Les deux agences appellent ainsi « tous les gangs armés répertoriés à mettre immédiatement fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, ainsi qu’à toute autre violation grave », tout en réaffirmant leur disponibilité à participer aux efforts visant la libération pacifique des enfants concernés.

La déclaration salue également les initiatives du gouvernement haïtien destinées à renforcer les mécanismes nationaux de protection de l’enfance. Le BINUH et l’UNICEF estiment qu’il est essentiel que les autorités poursuivent leur leadership, notamment à travers la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (DDR), afin que « la protection de l’enfance demeure au cœur de toutes les initiatives de DDR ». Ils rappellent que les enfants associés aux gangs armés « doivent être reconnus avant tout comme des victimes » et orientés rapidement vers les structures spécialisées de protection.

Les deux organismes mettent également en avant le programme PREJEUNES, lancé en 2025 par les autorités haïtiennes et les Nations Unies après l’adoption du Protocole de transfert en 2024. Selon la déclaration, ce programme offre aux enfants libérés des groupes armés un accompagnement comprenant un soutien psychosocial, l’accès à l’éducation, la recherche et la réunification familiale lorsque cela est possible, ainsi que des mesures de réinsertion communautaire. En 2025, 573 enfants ont bénéficié de ces services de protection spécialisés.

« L’obligation de rendre des comptes, le leadership national et un investissement soutenu dans la prévention et la réinsertion sont essentiels pour briser les cycles de violence, permettre aux enfants et aux jeunes de se rétablir et de reconstruire leur vie, et leur donner la possibilité de contribuer de manière constructive à la stabilisation d’Haïti », indiquent le BINUH et l’UNICEF.

Dans cette déclaration,  Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef du BINUH, et Geeta Narayan, Représentante de l’UNICEF en Haïti, qui réaffirment l’engagement des Nations Unies à soutenir les autorités haïtiennes et leurs partenaires pour prévenir les violations graves contre les enfants, faciliter leur libération et leur réinsertion en toute sécurité et garantir à chaque enfant le droit de grandir à l’abri de la violence.