Haïti : Sonet Saint-Louis rend hommage à l’ancien président Leslie Manigat, “l’homme qui voulait redresser Haïti”…

Leslie Francois Manigat, ancien president d'Haiti...

PORT-AU-PRINCE, samedi 16 août 2025 (RHINEWS) – À l’occasion du 95ᵉ anniversaire de la naissance de François Leslie Manigat, ancien président d’Haïti, professeur émérite et fondateur du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), le professeur de droit constitutionnel Sonet Saint-Louis a rendu un hommage appuyé à celui qu’il décrit comme « l’homme qui voulait redresser Haïti ».

« Célébrons François Leslie Manigat, l’homme qui voulait redresser Haïti », écrit-il dans un texte publié ce samedi, soulignant que la mémoire de l’ancien chef d’État « nous rassemble » et que son héritage « inspire encore le combat pour la dignité et la démocratie ».

Né le 16 août 1930 à Port-au-Prince, fils du professeur de mathématiques François Saint-Surin Manigat et de l’institutrice Haydée Augustin, Leslie Manigat fut le 39ᵉ président d’Haïti et le premier élu de l’ère post-duvaliérienne. Sonet Saint-Louis rappelle qu’il appartenait à une lignée de notables du Nord, dont son grand-père, le général Saint-Surin François Manigat, ministre sous Lysius Salomon, et un temps pressenti à la présidence au tournant du XXᵉ siècle.

Après des études classiques au Collège Saint-Louis de Gonzague, Leslie Manigat obtint un doctorat en philosophie à la Sorbonne. Dans les années 1950, il entra au ministère des Affaires étrangères et, à la demande de François Duvalier, fonda en 1958 l’École des hautes études internationales. Mais rapidement, ses relations avec le régime se dégradèrent. Accusé de soutenir les grèves étudiantes, il fut emprisonné en 1963 puis contraint à l’exil. « Il paya le prix de sa fidélité aux principes », écrit Sonet Saint-Louis, rappelant qu’il poursuivit alors une brillante carrière universitaire aux États-Unis, en Europe, dans les Caraïbes et au Venezuela.

En 1979, en exil, il fonda le RDNP, affirmant son engagement démocratique. Après la chute des Duvalier, il rentra au pays et se porta candidat à la présidence. L’élection de novembre 1987 ayant été annulée dans le sang, il se présenta au scrutin organisé par l’armée en janvier 1988. Il devint président le 7 février, mais son mandat ne dura que quatre mois, interrompu par un coup d’État militaire.

Sonet Saint-Louis rappelle que cette accession, « réprouvée par une classe politique haïtienne incapable de le cerner et jugée indigeste par une communauté internationale hostile », se fit dans l’indifférence. Mais, selon lui, « nombre de compatriotes espéraient de lui une action intrépide prouvant, sinon sa légitimité, du moins son indépendance ».

« Pendant les quatre mois qu’il exerça le pouvoir, il s’efforça de montrer qu’il pouvait être l’homme par qui passerait la rédemption d’Haïti », poursuit Saint-Louis, dénonçant « une transition circulaire où les mêmes visages reviennent, disparaissent, puis réapparaissent, perpétuant l’exercice du pouvoir par la violence ».

L’hommage se veut aussi une réflexion sur l’héritage manigatiste. « Les élections ne sont plus l’élément central conduisant à la démocratie », écrit Sonet Saint-Louis. « Face à une classe politique au bord de la déchéance et à une communauté internationale qui contrôle aujourd’hui un pays plongé dans un profond chaos, les Haïtiens doivent enfin s’interroger. »

L’universitaire estime que Leslie Manigat « fut une expérience à tenter et à multiplier », affirmant que « globalement, il avait raison sur tout ». Mais, nuance-t-il, « en politique, on peut avoir raison et perdre. Le combat, lui, continue. Et l’histoire, un jour, jugera la véritable portée de son héritage ».

Dans son hommage, Sonet Saint-Louis conclut en réaffirmant que « la mémoire de Leslie Manigat doit rester vivante », car elle incarne « la compétence, l’intégrité, la qualité et l’excellence, que trop souvent on combat en Haïti ».