Haïti/Religion : Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean prend la tête du diocèse de Fort-Liberté, Mgr Kenel Alphonse fait ses adieux après douze années de ministère…

Mgr. Jean-Pierre Sander Louis-Jean, Évêque de Fort-Liberté…

FORT-LIBERTÉ, samedi 31 octobre 2026 (RHINEWS) – Le diocèse catholique de Fort-Liberté, dans le département du Nord-Est d’Haïti, a officiellement accueilli, samedi 31 octobre, son nouvel évêque, Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean, lors d’une cérémonie d’installation canonique marquée par les adieux de son prédécesseur, Mgr Kenel Alphonse, après douze années de ministère pastoral. Le nouvel évêque a placé sa mission sous le signe de l’amour, du service et de la proximité avec les fidèles, tandis que son prédécesseur a appelé à préserver la communion et la continuité de la mission de l’Église.

La célébration eucharistique, organisée à l’occasion de cette succession épiscopale, a réuni des membres du clergé, des religieux, des religieuses et des fidèles venus accompagner cette nouvelle étape de la vie du diocèse.

Dans son intervention, Mgr Kenel Alphonse a exprimé sa gratitude envers Dieu et la communauté diocésaine pour les douze années passées à la tête de cette circonscription ecclésiastique. Il a également souhaité la bienvenue à son successeur, en insistant sur la nécessité de poursuivre la mission pastorale au-delà des changements de responsables.

« Que la paix et la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous tous », a déclaré l’évêque sortant en ouverture de son allocution, avant de souhaiter la bienvenue aux participants à cette célébration eucharistique.

Il a souligné la portée spirituelle et communautaire de la cérémonie, estimant que la présence des fidèles et des membres du clergé témoignait de leur attachement à l’Église diocésaine de Fort-Liberté.

« Votre présence témoigne de la communion qui nous unit et de notre attachement à cette Église particulière. Ensemble, autour de l’autel du Seigneur, nous rendons grâce à Dieu pour sa fidélité et pour la mission qu’il continue de confier à notre diocèse », a-t-il affirmé.

S’appuyant sur un passage du livre du prophète Habacuc, « Je me tiendrai à mon poste de garde », Mgr Kenel Alphonse a rappelé que la mission de l’Église dépasse les personnes appelées successivement à en assurer la direction.

« Les pasteurs se succèdent, mais la mission de veiller, de servir et d’annoncer l’Évangile se poursuit », a-t-il expliqué, insistant sur la responsabilité collective des fidèles dans la continuité de la vie ecclésiale.

L’évêque sortant a également rappelé que l’ensemble de la communauté chrétienne demeure appelé à écouter la parole de Dieu et à poursuivre son chemin dans l’espérance, indépendamment des changements intervenant à la tête du diocèse.

Revenant sur ses douze années de ministère pastoral à Fort-Liberté, Mgr Alphonse a exprimé sa reconnaissance pour les expériences vécues avec les prêtres, les religieux, les religieuses et les fidèles.

Il a évoqué les moments de joie, les difficultés traversées et les grâces reçues au cours de cette période, présentant son départ comme une étape normale de la vie de l’Église.

« Merci pour tout ce que nous avons vécu ensemble pendant douze années. Merci pour tous les moments de bonheur partagés, toutes les épreuves traversées, mais surtout pour toutes les grâces reçues », a-t-il déclaré.

« Je pars, mais le travail se poursuit », a-t-il ajouté, dans une formule prononcée initialement en créole haïtien, pour rappeler que la mission pastorale ne s’interrompt pas avec le départ d’un évêque.

S’adressant directement à son successeur, Mgr Kenel Alphonse lui a souhaité la bienvenue dans le diocèse, tout en exprimant sa confiance dans la poursuite du travail pastoral engagé au cours des années précédentes.

« Monseigneur Sander, bienvenue. Vous êtes ici chez vous », a-t-il déclaré, reprenant en français une expression créole destinée à témoigner de l’accueil réservé au nouvel évêque.

Mgr Alphonse a également formulé des prières pour la protection de l’Église et du diocèse de Fort-Liberté, souhaitant que les efforts accomplis au fil des années continuent de produire des résultats durables.

Reprenant une image biblique liée à la semence, il a exprimé le souhait que les graines plantées au cours de son ministère puissent porter davantage de fruits sous la conduite de son successeur.

Cette intervention a marqué la fin de douze années de responsabilité pastorale de Mgr Kenel Alphonse à la tête du diocèse, avec un appel à préserver la communion entre les fidèles et leur nouveau pasteur.

Prenant la parole à son tour, Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean a présenté les principales orientations spirituelles de son ministère, en mettant l’accent sur l’amour du prochain, le service, l’évangélisation, la vie sacramentelle et l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.

« Aimer et servir », a-t-il déclaré dans son homélie, présentant ces deux verbes comme les fondements de sa mission épiscopale et de son engagement envers les communautés du diocèse.

S’appuyant sur plusieurs passages bibliques, notamment le livre du prophète Jérémie et l’Évangile selon saint Jean, le nouvel évêque a rappelé que l’amour de Dieu constitue, selon la foi chrétienne, le fondement de toute vocation religieuse.

Évoquant les paroles adressées par Dieu au prophète Jérémie, il a rappelé : « Avant même que tu sois formé dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant que tu viennes au jour, je t’avais consacré. »

Selon le prélat, cette affirmation biblique témoigne de la primauté de l’amour divin et de la nécessité pour les croyants d’y répondre par leur propre engagement.

Il a également évoqué saint Augustin pour souligner que la création, l’incarnation et le salut trouvent leur fondement dans l’amour de Dieu.

Revenant sur le dialogue entre Jésus ressuscité et l’apôtre Pierre, le nouvel évêque a expliqué que le Christ ne lui avait demandé ni s’il était parfait, ni s’il possédait des compétences particulières ou des solutions à tous les problèmes, mais s’il l’aimait.

« Jésus ne demande pas à Pierre : Es-tu parfait ? Es-tu suffisamment habile ? As-tu une stratégie remarquable ? », a-t-il rappelé, avant de souligner que la question essentielle posée par le Christ était celle de l’amour.

Pour Mgr Louis-Jean, cette interrogation définit également la responsabilité de l’évêque envers les personnes qui lui sont confiées. Il a expliqué que l’amour du Christ devait nécessairement se traduire par l’attention portée aux fidèles et aux personnes confrontées aux difficultés de la vie.

Le prélat a ainsi exprimé sa volonté de servir l’ensemble des communautés du diocèse, sans distinction de condition sociale, d’âge ou de situation personnelle.

Il a notamment cité les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses, les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les pauvres, les prisonniers, les malades, les migrants, les déplacés et les victimes de la violence.

Il a également évoqué les personnes isolées, découragées ou éloignées de l’Église, ainsi que celles qui ne partagent pas nécessairement les mêmes convictions.

À travers cette énumération, le nouvel évêque a présenté une conception du ministère pastoral fondée sur l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des personnes, particulièrement celles qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité.

Revenant sur la réponse de Jésus à Pierre, « Pais mes brebis », Mgr Louis-Jean a expliqué que l’amour du Christ et le soin apporté aux fidèles ne pouvaient être dissociés.

Selon lui, l’amour chrétien ne doit pas se limiter aux déclarations ou aux intentions, mais se manifester dans des actes concrets.

Il a cité, à cet égard, l’épisode évangélique du lavement des pieds, au cours duquel Jésus se met au service de ses disciples, pour illustrer l’humilité et la disponibilité attendues des responsables religieux.

Le nouvel évêque a ensuite développé les trois grandes responsabilités qui, selon la doctrine catholique, structurent le ministère épiscopal : annoncer l’Évangile, sanctifier les fidèles et conduire le peuple de Dieu.

Concernant la première mission, il a insisté sur la nécessité de porter le message chrétien dans toutes les communautés du diocèse, avec la participation des prêtres, des diacres, des religieux, des religieuses et des fidèles laïcs.

« Servir, c’est annoncer la Bonne Nouvelle », a-t-il affirmé, précisant que cette annonce ne devait pas se réduire à de simples paroles.

Il a expliqué que l’évangélisation devait permettre aux personnes de découvrir, dans la foi chrétienne, un message d’espérance, de proximité et de relèvement.

Pour le nouvel évêque, cette Bonne Nouvelle se rapporte à la personne même de Jésus-Christ, à sa mort et à sa résurrection, ainsi qu’à la promesse de vie et de salut portée par le message chrétien.

Il a exprimé sa volonté de poursuivre, avec l’ensemble des acteurs pastoraux du diocèse, l’annonce de l’Évangile dans toutes les localités relevant de sa juridiction ecclésiastique.

Mgr Louis-Jean a également souligné l’importance de la célébration des sacrements dans la vie de l’Église, présentant leur administration comme l’une des responsabilités essentielles du ministère épiscopal.

Évoquant le baptême, l’eucharistie, la réconciliation, la confirmation, le mariage et l’onction des malades, il a rappelé leur place dans l’accompagnement spirituel des fidèles, depuis leur entrée dans la communauté chrétienne jusqu’aux différentes étapes de leur existence.

Il a expliqué que, selon la doctrine catholique, le baptême marque l’entrée dans la vie chrétienne, l’eucharistie nourrit la foi des fidèles, la réconciliation permet de recevoir le pardon, la confirmation fortifie l’engagement chrétien, le mariage consacre l’union des époux et l’onction des malades apporte un soutien spirituel aux personnes souffrantes.

Pour le prélat, cette mission de sanctification implique une présence régulière auprès des communautés et une attention particulière aux personnes qui traversent des périodes de souffrance ou de fragilité.

La troisième responsabilité évoquée dans son homélie concerne la conduite et l’accompagnement du peuple de Dieu.

Sur ce point, le nouvel évêque a accordé une place importante à la synodalité, une démarche encouragée par l’Église catholique et fondée sur l’écoute, la participation et la responsabilité partagée.

Il a rappelé que le synode sur la synodalité avait mis en évidence la nécessité pour les membres de l’Église de cheminer ensemble, malgré la diversité de leurs fonctions et de leurs responsabilités.

« Personne n’est inutile, personne ne doit être exclu et chacun a une voix, une grâce, une responsabilité à offrir pour le bien de tous », a-t-il déclaré.

Mgr Louis-Jean a expliqué que cette démarche supposait de marcher ensemble, de s’écouter, de prier et de rechercher collectivement les moyens d’accomplir la mission de l’Église.

Il a notamment exprimé son intention de demeurer attentif aux préoccupations, aux suggestions et aux attentes des fidèles, tout en encourageant leur participation à la vie diocésaine.

Dans la continuité du travail de son prédécesseur, il a annoncé vouloir soutenir les prêtres dans leur ministère, accompagner les communautés religieuses, encourager les jeunes, promouvoir la participation des laïcs et renforcer la proximité de l’Église avec les familles et les personnes en difficulté.

Cette orientation pastorale intervient dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire et humanitaire persistante, caractérisée notamment par les violences armées, les déplacements de population et la dégradation des conditions de vie d’une partie importante de la population haïtienne.

Sans présenter de programme politique, le nouvel évêque a inscrit son message dans une perspective religieuse et sociale, accordant une attention particulière aux personnes affectées par la violence, la pauvreté, l’isolement et les migrations.

Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean avait été nommé évêque de Fort-Liberté le 1er septembre 2026 par le pape Léon XIV, en remplacement de Mgr Kenel Alphonse, membre de la Compagnie de Marie, dont le souverain pontife avait accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse.

Mgr Kenel Alphonse dirigeait cette circonscription ecclésiastique depuis le 25 octobre 2014, après avoir exercé les fonctions d’évêque auxiliaire de Port-au-Prince.

Son successeur possède un parcours de près de trente années de ministère sacerdotal, marqué notamment par la formation des futurs prêtres, l’accompagnement spirituel et l’exercice de responsabilités paroissiales.

Né le 17 octobre 1967 à Jérémie, dans le département de la Grand’Anse, Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean a suivi des études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire Notre-Dame d’Haïti.

Il a été ordonné prêtre le 17 novembre 1996 pour l’archidiocèse de Port-au-Prince.

Après son ordination, il a exercé les fonctions de vicaire paroissial de 1997 à 1999, puis de responsable de la formation propédeutique de 1999 à 2003.

Il a poursuivi sa formation supérieure en obtenant une licence en théologie spirituelle en 2005, puis un diplôme en accompagnement spirituel à l’Institut pontifical de spiritualité Teresianum, à Rome, en 2007.

De 2007 à 2016, il a été curé de la paroisse Saint-Pierre de Pétion-Ville, tout en assumant plusieurs responsabilités dans la formation sacerdotale.

Au Grand Séminaire Notre-Dame d’Haïti, il a notamment été directeur spirituel de 2009 à 2012, puis de 2014 à 2020. Il a également exercé comme accompagnateur spirituel de 2012 à 2014 et professeur de théologie spirituelle de 2012 à 2020.

À partir de 2020, il a été curé de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Port-au-Prince et président de la Commission diocésaine pour la catéchèse et la liturgie.

Le 31 mai 2024, le pape François l’avait nommé évêque titulaire de Privata et évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Port-au-Prince.

Il avait reçu l’ordination épiscopale le 3 août 2024, au cours d’une cérémonie organisée à l’église Saint-Pierre de Pétion-Ville.

Sa nomination à Fort-Liberté, annoncée par le Saint-Siège le 1er septembre dernier, constitue une nouvelle étape de son parcours au sein de la hiérarchie catholique haïtienne.

Le diocèse de Fort-Liberté, situé dans le département du Nord-Est, a été érigé le 31 janvier 1991. Il relève de la province ecclésiastique du Cap-Haïtien.

Selon les données ecclésiastiques disponibles pour 2022, il comptait environ 352 000 catholiques, répartis notamment dans 37 paroisses et 63 missions, desservies par des prêtres diocésains et religieux.

L’installation de Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean ouvre ainsi une nouvelle étape dans la vie de cette circonscription ecclésiastique, après douze années de ministère de Mgr Kenel Alphonse.

Les interventions des deux prélats ont été marquées par une même référence à la continuité de la mission de l’Église, à la communion entre les fidèles et à la responsabilité pastorale envers les communautés.

Alors que Mgr Kenel Alphonse a exprimé sa reconnaissance pour les années passées à Fort-Liberté et invité les fidèles à accompagner son successeur, Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean a présenté les orientations qu’il entend suivre, notamment dans les domaines de l’évangélisation, de la vie sacramentelle, de la participation des laïcs et de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.

Son appel à « aimer et servir », qui constitue également sa devise épiscopale, résume les principes sur lesquels il entend fonder son ministère à la tête du diocèse de Fort-Liberté.

Pour sa part l’archevêque métropolitain de Port-au-Prince et président de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), Mgr Max Leroy Mésidor, a appelé samedi les fidèles du diocèse de Fort-Liberté à accompagner leur nouvel évêque, Mgr Jean-Pierre Sander Louis-Jean, dans sa mission pastorale, à l’occasion de son installation canonique.

Dans son intervention, Mgr Mésidor a transmis les salutations et la bénédiction apostolique du pape Léon XIV, au nom du nonce apostolique, empêché d’assister à la cérémonie.

S’adressant au nouvel évêque, il a salué ses qualités spirituelles et humaines, estimant que sa devise, « Aimer et servir », constitue un véritable programme pastoral fondé sur la proximité avec les fidèles, la communion et le service.

L’archevêque a également rendu hommage à l’évêque sortant, Mgr Kénel Alphonse, pour son engagement auprès des jeunes, des malades, des détenus et des personnes marginalisées.

Il a invité les prêtres, les religieux, les religieuses et les fidèles du Nord-Est à accueillir leur nouveau pasteur et à collaborer avec lui dans l’annonce de l’Évangile, une mission qui, selon lui, implique « la recherche active du bien-être, de la justice sociale, de la fraternité et d’une paix durable pour tous ».

Mgr Mésidor a enfin souhaité que le nouvel évêque soit « un pasteur zélé, compréhensif, ouvert à tous et sensible à toute détresse », capable de promouvoir la réconciliation et de répondre aux souffrances de la population.