Haïti – Protestations : les coordinations départementales de la CUTRASEPH appellent à une mobilisation nationale contre la hausse du prix du carburant et le non-respect des engagements de l’État…

Charles Herold Civil, Josue Merilien, Esther Eloy et Jean Gardy Brutus, dirigeants de la Centrale Unitaire des Travailleurs des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH)...

PORT-AU-PRINCE, dimanche 12 avril 2026 (RHINEWS) – Les différentes coordinations départementales de la Centrale unitaire des travailleurs des secteurs publics et privés d’Haïti (CUTRASEPH) ont annoncé leur soutien à la journée de grève d’avertissement prévue pour le lundi 13 avril 2026, dans un contexte de contestation de la hausse du prix du carburant et des revendications non satisfaites du secteur éducatif.

Dans plusieurs notes publiées séparément, les structures départementales de l’organisation syndicale dénoncent une mesure gouvernementale jugée aux conséquences économiques et sociales importantes, tout en appelant à une mobilisation nationale.

La Coordination départementale des Nippes de la CUTRASEPH a exprimé « [sa] solidarité pleine et entière au mouvement de grève d’avertissement annoncé pour le lundi 13 avril 2026 », estimant que la décision des autorités d’augmenter le prix du gaz constitue « une mesure inopportune, injuste et insoutenable ». Elle soutient que cette décision risque « d’aggraver la précarité des familles haïtiennes et fragiliser davantage les secteurs déjà vulnérables, notamment celui de l’éducation ».

Les signataires affirment que les travailleurs du secteur éducatif « subissent de plein fouet les effets de la cherté de la vie, sans bénéficier d’un accompagnement réel et efficace de la part de l’État », ajoutant que « les revendications légitimes des enseignants demeurent, à ce jour, sans réponse concrète ».

La note rappelle également l’accord conclu le 20 janvier 2025 entre l’État haïtien et des organisations syndicales d’enseignants, lequel prévoyait notamment « l’amélioration des conditions de travail, l’ajustement des salaires, la régularisation de la situation administrative des enseignants ainsi que la mise en place de mesures sociales en leur faveur ». Selon les organisations, « le non-respect de ces engagements constitue une atteinte grave aux droits des enseignants et compromet sérieusement le bon fonctionnement du système éducatif national ».

Face à ce qu’elles qualifient de « double injustice », les coordinations estiment que la grève constitue « une réponse légitime, responsable et nécessaire pour interpeller les autorités sur l’urgence d’agir ».

Elles appellent en conséquence l’État central à « reconsidérer immédiatement la décision relative à l’augmentation du prix du gaz », à « honorer sans délai les engagements pris dans le cadre de l’accord du 20 janvier 2025 » et à « engager un dialogue franc, constructif et inclusif avec les organisations syndicales en vue de trouver des solutions durables ».

Dans la même dynamique, la CUTRASEPH Nord-Ouest a dénoncé ce qu’elle qualifie de décision « irresponsable et criminelle » des autorités, estimant que la hausse du carburant aura des effets directs sur le coût de la vie. La structure affirme que « toute hausse de [ce produit transversal] entraîne automatiquement une augmentation des prix de l’ensemble des biens et services dans le pays ».

La coordination Nord-Ouest affirme également que « le peuple haïtien vivait déjà dans une situation extrêmement difficile » et que la mesure vient aggraver une situation sociale déjà critique, appelant à un rejet clair de la décision : « NON à l’augmentation du prix du carburant ! NON aux promesses non tenues ! », peut-on lire dans la note.

Elle dénonce par ailleurs plusieurs engagements non tenus par l’État, notamment l’intégration des enseignants du PRONEK et du PSUGO au budget national, la non-mise en œuvre des cartes de débit promises, l’absence d’alignement salarial pour les cycles fondamentaux, ainsi que la situation d’enseignants travaillant sans lettre de nomination.

La CUTRASEPH Nord-Ouest appelle ainsi à une mobilisation le 13 avril 2026 et affirme apporter son « soutien total à ce mouvement de mobilisation nationale visant à dire non aux décisions criminelles qui aggravent les conditions de vie du peuple haïtien ».

De son côté, la coordination du Nord-Est affirme également soutenir « sans réserve la position de la CUTRASEPH centrale concernant l’augmentation excessive du prix du carburant », qu’elle considère comme une mesure aggravant la précarité sociale.

Elle souligne que la hausse du carburant a déjà des conséquences directes sur le secteur éducatif, notamment sur le transport des élèves et des enseignants, indiquant que « les dépenses de transport ont presque doublé », ce qui pousse certains parents à garder leurs enfants à la maison.

La structure syndicale du Nord-Est appelle en conséquence à « soutenir tous les mouvements de protestation pacifique », à « encourager la mobilisation des enseignants et acteurs du système éducatif », et à « appuyer l’appel à la grève prévu pour le lundi 13 avril 2026 », tout en exigeant « l’application immédiate et sans condition de l’accord du 20 janvier 2025 ».

Les différentes coordinations appellent enfin les autorités à ouvrir un dialogue avec les secteurs concernés afin de répondre à la crise sociale et économique, alors que la grève d’avertissement annoncée pour lundi s’annonce comme un test de mobilisation dans plusieurs départements du pays.