PORT-AU-PRINCE, dimanche 12 avril 2026 (RHINEWS)- Le coordonnateur du Mouvement pour la Libération d’Haïti, Evallière Beauplan, a vivement réagi au drame survenu le samedi 11 avril à la Citadelle Laferrière, qualifiant l’événement de révélateur d’un « système d’impunité » et appelant à l’établissement rapide des responsabilités.
Dans un communiqué intitulé « Le drame de la Citadelle ou le procès de l’impunité », il estime que « ce qui s’est produit […] n’est pas un accident ; c’est le symptôme tragique d’un État démissionnaire où la responsabilité est une notion à géométrie variable ». Il déplore également que « en Haïti, on ne juge personne, sauf les faibles », dénonçant une absence de sanctions à l’encontre des responsables.
Le responsable du MOLHA rappelle que la Citadelle, classée patrimoine mondial par UNESCO, est soumise à des règles strictes de protection. « La Citadelle n’est pas un gymnase, encore moins un “night-club” à ciel ouvert », affirme-t-il, soulignant que « son accès doit être contrôlé, sa structure protégée et sa dignité préservée ».
Il s’interroge sur les conditions d’organisation de l’activité, évoquant notamment l’absence présumée de mesures de sécurité adaptées. « Comment […] a-t-on pu autoriser un rassemblement de cette envergure sans un plan de contingence ? », questionne-t-il, tout en demandant « qui a compté les entrées » et « quelle autorité a laissé des milliers de personnes s’engouffrer dans un espace dont la capacité est limitée ».
Selon Evallière Beauplan, un site de cette importance aurait dû bénéficier d’un dispositif de sécurité renforcé. « Un monument de cette envergure exige une logistique de pointe », affirme-t-il, s’interrogeant également sur la gestion de l’urgence : « Au moment de l’incident, qui a donné l’alerte ? Où était la Protection civile ? », ajoutant que « la réponse absente ou tardive démontre que la vie humaine est devenue une donnée accessoire ».
Le coordonnateur du MOLHA met aussi en avant la portée symbolique du site, évoquant « un haut lieu de l’histoire militaire et de la dignité noire » qui, selon lui, appelle « au recueillement et au respect ». Il critique l’organisation d’activités de divertissement de masse dans cet espace, estimant qu’elles traduisent « une faute morale et administrative ».
Alors que le bilan fait état de plus de 30 morts, il relève qu’« aucune arrestation, même à titre préventif » n’a été effectuée jusqu’à présent, et appelle à identifier clairement les responsabilités, qu’elles relèvent des autorités locales ou des institutions en charge de la gestion du patrimoine.
« Ne pas fixer les responsabilités, c’est condamner les victimes à tomber dans l’oubli », conclut-il, plaidant pour une rupture avec « la culture de l’insouciance » et pour une plus grande redevabilité des autorités publiques.

