Haïti : l’église Eben-Ezer vandalisée par des gangs armés depuis un an, des dégâts estimés à plusieurs dizaines de milliers de dollars, selon le pasteur Lochard Rémy…

Pasteur Lochard Remy, berger de l'eglise Eben-Ezer...

PORT-AU-PRINCE, mercredi 29 avril 2026 (RHINEWS)- Le pasteur Lochard Rémy, leader de l’église Eben-Ezer, a dénoncé les importants dégâts causés par des gangs armés ayant vandalisé l’église Eben-Ezer, mise hors service depuis mars 2025 après avoir été occupée pendant plusieurs mois par des groupes armés.

Selon le responsable religieux, les assaillants ont emporté l’ensemble des mobiliers ainsi que le système de sonorisation de l’église. Seul le pupitre est resté sur place, tandis que plusieurs pans de murs ont été détruits. Les pertes matérielles sont évaluées à plusieurs dizaines de milliers de dollars américains. Depuis ces événements, les fidèles ne disposent plus de lieu de culte, à l’exception d’un groupe restreint qui continue de se réunir pour pratiquer sa foi.

Le pasteur s’est dit sidéré par l’inaction des autorités face à la situation, soulignant que l’occupation prolongée de l’édifice par des hommes armés a empêché toute reprise normale des activités religieuses.

Il a replacé cet épisode dans un contexte plus large de violences qui, ces dernières années, ont visé de manière répétée les lieux de culte ainsi que les espaces de savoir et de services publics à travers le pays. Églises, écoles, universités et bibliothèques ont été ciblées, pillées ou détruites, selon lui, tandis que des responsables religieux ont été assassinés, enlevés ou soumis à de graves menaces.

L’année dernière, l’église de Dieu de la Rue du Centre, ainsi que d’autres institutions religieuses, ont connu un sort similaire. Des hôpitaux et des pharmacies ont également été attaqués, tout comme des installations policières, des tribunaux et des bureaux administratifs, contraints dans plusieurs cas de fermer ou de se relocaliser en raison de l’insécurité.

Cette situation a contribué à un exode massif de cadres professionnels, parallèlement à l’aggravation des conditions de vie d’une population déjà majoritairement appauvrie. Le démantèlement progressif de ces infrastructures essentielles accentue les difficultés d’accès aux soins, à la justice, à l’éducation et aux services publics de base.

Selon le pasteur Lochard Rémy, ces attaques répétées traduisent une stratégie des groupes armés visant à asseoir leur contrôle sur les territoires en détruisant ou en neutralisant les institutions structurantes de la société. En ciblant les lieux de culte et les espaces de transmission du savoir, les gangs chercheraient à affaiblir les repères collectifs, à instaurer un climat de peur et à limiter toute capacité d’organisation ou de résistance.

Ces actions contribueraient également à saper l’autorité de l’État, en exposant son incapacité à protéger des infrastructures essentielles et à garantir la sécurité des citoyens.

Malgré l’ampleur de la crise, aucune réponse d’envergure n’a, selon plusieurs acteurs, été véritablement mise en œuvre pour enrayer ces violences, alimentant un sentiment d’abandon au sein de la population et renforçant l’emprise des groupes armés sur de nombreuses zones du pays.