MIAMI, mardi 28 avril 2026 (RHINEWS)– Le procès fédéral aux États-Unis lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse a apporté de nouveaux éclairages détaillés sur le financement et l’organisation de l’opération, tandis que la juge a rejeté une tentative de la défense d’introduire un témoignage lié au vodou.
À la barre du tribunal fédéral de Miami, un expert-comptable du gouvernement a présenté une analyse approfondie des flux financiers associés au complot. Il a indiqué avoir examiné « des centaines de comptes et de transactions » afin de retracer les dépenses engagées par les accusés. Selon son témoignage, « les accusés ont dépensé environ 343 000 dollars » pour financer l’opération, qui visait initialement à kidnapper le chef de l’État avant d’évoluer vers son assassinat le 7 juillet 2021.
Le témoin a détaillé les circuits de financement, expliquant que des fonds ont été mobilisés à partir de plusieurs sources, notamment en Floride, puis transférés vers Haïti pour soutenir la logistique du commando. Les dépenses comprenaient le recrutement et le transport d’anciens militaires colombiens, leur hébergement sur place, ainsi que l’achat d’équipements tactiques, de véhicules, d’armes et de munitions. Il a également été évoqué que certains financements provenaient de prêts et de dispositifs d’aide économique mis en place durant la pandémie de COVID-19.
Les procureurs cherchent à démontrer que ces transactions témoignent d’une organisation structurée et d’une coordination entre les accusés, poursuivis pour leur rôle présumé dans la planification et l’exécution de l’opération. Quatre hommes sont actuellement jugés pour leur implication dans ce complot transnational.
La défense, de son côté, soutient que le projet initial ne visait pas à tuer le président mais à procéder à une arrestation, affirmant que la situation aurait dégénéré sous l’action d’autres acteurs. Elle a également tenté d’introduire le témoignage d’un expert en pratiques religieuses haïtiennes, afin de suggérer que certains éléments observés sur la scène de crime pourraient être liés à des rituels vodou.
La juge fédérale a rejeté cette demande, estimant que ce type de témoignage ne reposait pas sur des bases suffisamment pertinentes ou fiables pour être présenté au jury. Elle a considéré qu’il risquait de détourner l’attention des faits matériels examinés dans le cadre du procès.
Par ailleurs, les débats ont porté sur la question d’un mandat d’arrêt qui aurait été invoqué par certains participants au complot pour justifier leur action. La cour a rejeté cet argument, soulignant qu’« aucune preuve » ne permet d’établir qu’une autorité légale compétente aurait autorisé une intervention contre le président haïtien.
Au fil des audiences, le procès met en évidence la complexité du réseau impliqué, ainsi que les multiples étapes ayant conduit à l’attaque contre la résidence privée de Jovenel Moïse. Les éléments financiers présentés viennent compléter d’autres témoignages déjà entendus sur la logistique et les communications entre les participants présumés.
Cette procédure judiciaire, suivie de près en Haïti et aux États-Unis, s’inscrit dans un ensemble plus large d’enquêtes et de poursuites visant à établir les responsabilités dans l’assassinat du président, survenu dans un contexte de crise politique et sécuritaire majeure. Les audiences se poursuivent, alors que le tribunal examine les dernières preuves avant d’éventuelles plaidoiries finales.
ce texte est extrait d’un article de Jacqueline Charles publié initialement en Anglzis sur: https://amp.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/haiti/article315555128.html

