PORT-AU-PRINCE, vendredi 27 mars 2026 (RHINEWS)- Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, a vivement critiqué l’arrestation du directeur général de l’Immigration ainsi que de plusieurs cadres et employés, survenue le lundi 23 mars, qualifiant l’opération de « scandale judiciaire » et de violation des droits fondamentaux.
Antoine Jean Simon Fenelon et les neuf autres employés de l’immigration ont été libérés vendredi en fin d’après-midi après avoir été auditionné au parquet de Port-au-Prince. Ils ont été interpellés dans le cadre d’une enquête portant sur plusieurs passeports émis, qui auraient présenté des irrégularités.
Cependant, Esperance déplore que les interpellations, menées au sein de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), ont, selon lui, été accompagnées de traitements humiliants et contraires aux garanties judiciaires.
« Ce qui s’est passé est scandaleux et humiliant. Les autorités ont foulé aux pieds les droits fondamentaux des personnes et les garanties judiciaires », a déclaré Pierre Espérance.
Il estime que la procédure a été inversée, les arrestations ayant précédé toute enquête rigoureuse. « Une enquête ne peut pas commencer par des arrestations spectaculaires comme si les personnes étaient déjà coupables », a-t-il affirmé, plaidant pour une démarche fondée sur l’analyse des faits, l’audition des concernés et le respect strict de la loi.
Selon lui, les personnes visées occupent des fonctions sensibles, notamment dans la délivrance de passeports et le contrôle des entrées et sorties du territoire, et leur traitement risque de fragiliser davantage l’administration publique.
« Soumettre des cadres compétents et réputés à une telle humiliation publique décourage les citoyens honnêtes de servir l’État », a-t-il ajouté.
Le responsable du RNDDH indique que l’affaire serait liée à des irrégularités présumées dans l’émission de passeports, notamment des divergences entre certaines informations figurant sur les documents et celles inscrites sur les cartes d’identification nationale. Il questionne toutefois la proportionnalité des mesures prises.
« Même en cas de soupçons, les autorités auraient dû agir avec sérieux, objectivité et dans le respect de la loi. Ce à quoi nous assistons ressemble à une tempête dans un verre d’eau », a-t-il déclaré.
Il a accusé par ailleurs les autorités judiciaires et policières d’avoir outrepassé leurs prérogatives. « Elles se sont arrogé des pouvoirs que la loi ne leur confère pas, violant les droits des citoyens et les garanties judiciaires. C’est inacceptable », a-t-il dénoncé, appelant le ministre de la Justice, le ministre de l’Intérieur et le commissaire du gouvernement à fournir des explications publiques.

