PORT-AU-PRINCE, lundi 26 octobre 2026 (RHINEWS) – Au moins 749 maisons ont été inondées et 49 autres détruites dans les départements du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse à la suite des fortes pluies ayant affecté plusieurs régions d’Haïti, selon un bilan partiel de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), arrêté au dimanche 25 octobre à 18 heures. Des établissements publics, des routes et un pont ont également été touchés, tandis que cinq départements ont été placés en vigilance orange pour fortes pluies.
Les Nippes concentrent la plus grande partie des dégâts aux habitations recensés dans le document, avec 449 maisons inondées, 45 maisonnettes détruites et 494 familles sinistrées. Le tableau détaillé situe ces 494 familles dans ce seul département, bien qu’un passage du rapport présente ce chiffre comme un bilan concernant trois départements. Le nombre total de familles affectées à l’échelle des zones touchées reste donc à préciser.
À Anse-à-Veau, les équipes ont recensé 176 maisons inondées et 45 détruites, pour 221 familles sinistrées. À Baradères, où le centre-ville a été inondé, 221 maisons et autant de familles ont été touchées. Le bilan fait également état de 17 maisons inondées à L’Asile et de 35 à Grand-Boucan, avec respectivement 17 et 35 familles sinistrées. Aucun décès n’est signalé dans la rubrique consacrée aux Nippes.
Dans le Sud, 300 maisons ont été inondées : 200 dans la commune des Cayes, 50 à Tiburon et 50 à Saint-Louis-du-Sud. Pour cette dernière commune, le document mentionne notamment les secteurs de La Créole et de « K Larco ».
L’Hôpital général des Cayes a également été envahi par les eaux. Le rapport signale l’effondrement de la digue de la Ravine du Sud ainsi que la crue de plusieurs cours d’eau, dont les rivières de Torbeck, de Tiburon et de l’Islet, et la Ravine du Sud. Il ne précise pas les conséquences de l’inondation de l’hôpital sur la prise en charge des patients.
Dans la Grand’Anse, quatre maisons ont été emportées par la rivière des Roseaux dans la localité de Gommier. À Corail, plusieurs quartiers du centre-ville, notamment Ti Plenn, Cité Breda et la rue Amiral-Killick, ont été inondés, de même que le centre communautaire. L’école de Fond’Icaques figure également parmi les bâtiments touchés.
Les rivières Lacombe, Grand’Anse et des Roseaux étaient en crue. Des mouvements de terrain et des éboulements ont été observés, avec des dommages aux habitations, aux infrastructures et au réseau routier, compliquant la circulation et l’accès aux services essentiels.
La route nationale numéro 7 a été bloquée par un éboulement à Caniche. La Protection civile indique toutefois qu’une intervention de la direction départementale du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) a permis de dégager cet axe.
D’autres dommages ont été rapportés hors du Grand Sud. Dans l’Artibonite, un éboulement a affecté la route de Maricolas et de Dolan. Dans le Nord-Est, les crues de la rivière Saint-Martin ont détruit un pont à Sainte-Suzanne.
Le document énumère 17 communes ou localités inondées dans quatre départements. Il cite Les Cayes, Tiburon, Torbeck et Saint-Louis-du-Sud dans le Sud ; Corail, Chambellan, Moron, les Îles Cayemites, Pestel et Marfranc dans la Grand’Anse ; Port-de-Paix, Saint-Louis-du-Nord et Anse-à-Foleur dans le Nord-Ouest ; ainsi que L’Asile, Baradères, Anse-à-Veau et Grand-Boucan dans les Nippes. Cette liste ne comprend pas Roseaux, pourtant mentionnée dans le bilan des maisons détruites. La rubrique météorologique du Nord-Ouest ne signale, pour sa part, aucun fait particulier.
Selon les informations de l’Unité hydrométéorologique d’Haïti (UHM) reprises dans le rapport, deux centres de basses pressions, situés respectivement au nord d’Haïti et au centre-ouest de la mer des Caraïbes, favorisent le maintien d’une masse d’air très humide et instable sur les Grandes Antilles.
Les prévisions établies dimanche annonçaient des averses parfois orageuses, susceptibles de persister par intermittence jusqu’au lundi 26 octobre, voire durant la nuit suivante. Les cumuls pourraient atteindre « 100 à 150 mm, voire davantage dans les zones montagneuses », avec des rafales de vent de « 40 à 60 km/h » accompagnant les précipitations les plus intenses.
Les zones particulièrement exposées comprennent l’ensemble du Grand Sud et le département de l’Ouest, ainsi que le Bas et le Moyen-Artibonite et certaines parties du Nord-Ouest.
Dimanche à midi, l’UHM, de concert avec la DGPC et les structures de gestion des risques, a relevé les niveaux de vigilance. La Grand’Anse, le Sud, les Nippes et le Sud-Est sont passés du jaune à l’orange pour fortes pluies. L’Ouest est passé directement du vert à l’orange. L’Artibonite et le Nord-Ouest ont été placés en vigilance jaune.
Dans le Centre, des pluies ont été observées à Belladère et à Boucan-Carré, tandis que Savanette enregistrait des précipitations intenses depuis trois jours. Dans l’Ouest et l’Artibonite, le rapport mentionne des pluies modérées par intermittence. Dans le Nord-Est, des pluies fines ont été relevées aux Perches et à Vallières.
Dans le Sud-Est, les pluies, commencées samedi vers 21 heures, avaient cessé au moment du rapport, mais le ciel demeurait couvert. Aucune crue, aucun glissement de terrain ni aucune inondation n’y étaient alors signalés. Le cabotage a néanmoins été interdit dans ce département.
La DGPC indique avoir mobilisé ses équipes centrales et départementales, organisé des réunions de coordination et poursuivi la collecte d’informations auprès des points focaux et des volontaires. Une conférence de presse réunissant notamment des représentants des secteurs des travaux publics, de la santé, de la condition féminine et les prévisionnistes de l’UHM a également été organisée pour informer la population.
Les comités de gestion poursuivent la préparation des abris. Le rapport fait état de « l’ouverture de plusieurs centaines d’entre eux » dans les départements du Grand Sud, ainsi que du lancement d’actions anticipatoires au bénéfice des populations les plus vulnérables, avec l’appui de partenaires.
Les opérations restent cependant limitées par le manque de moyens logistiques, financiers et techniques. « L’occupation de certaines communes par des groupes armés entrave l’accès à certaines zones », souligne la Protection civile, qui relève également des difficultés de communication et de couverture géographique.
Les besoins prioritaires portent sur l’assistance aux familles sinistrées, l’appui aux personnes hébergées dans des familles d’accueil, les évacuations, le déblayage des voies et l’assainissement. La DGPC réclame notamment des engins du MTPTC, des pompes aspirantes et foulantes, un soutien psychosocial et une prise en charge des volontaires mobilisés.
Elle recommande d’« initier les évacuations préventives dans les communautés isolées et les zones les plus menacées », de vérifier que les abris sont inspectés, nettoyés et prêts à accueillir les personnes évacuées, et de renforcer la diffusion des consignes de sécurité. Elle invite également les autorités à « envisager la fermeture des établissements scolaires et l’annulation des grands rassemblements ». Ces mesures sont présentées comme des recommandations, sans annonce d’une décision générale de fermeture.
Le rapport emploie différentes désignations du phénomène, évoquant des centres de basses pressions, un front froid et, dans certaines rubriques, la tempête tropicale Melissa, sans préciser leur articulation. Le bilan demeure partiel ; une nouvelle mise à jour était attendue annoncée dans les prochaines heures.

