Haïti : des syndicats exigent le versement du quatorzième mois et le retrait d’une taxe de 15 %, sous peine de mobilisation…

Charles Herold Civil, Josue Merilien, Esther Eloy et Jean Gardy Brutus, dirigeants de la Centrale Unitaire des Travailleurs des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH)...

PORT-AU-PRINCE, mardi 20 octobre 2026 (RHINEWS) – Plusieurs syndicats de la fonction publique et du secteur privé exigent du gouvernement le retrait d’une mesure annonçant une taxe de 15 % sur les travailleurs, le versement du quatorzième mois aux employés de l’État et le règlement des dettes envers les établissements de santé partenaires de l’OFATMA avant le 29 octobre 2026. Faute de satisfaction, ils annoncent une journée de mobilisation syndicale et populaire le 30 octobre dans les dix départements du pays.

Dans une note conjointe datée du 18 octobre, les organisations signataires dénoncent une détérioration des conditions de vie et de travail, sur fond d’insécurité, de massacres et de hausse des prix. Elles accusent le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé d’alourdir les charges des salariés alors que ceux-ci peinent déjà à faire face à leurs dépenses quotidiennes.

« Nous exigeons le retrait immédiat de la note annonçant la taxe de 15 % sur les travailleurs et les employés des secteurs public et privé », déclarent les syndicats. Le document ne précise toutefois ni la référence de cette note ni l’assiette sur laquelle cette taxe serait appliquée.

Les signataires réclament également la remise des chèques du quatorzième mois à tous les employés de l’État dans les dix départements. Ils reprochent au gouvernement de vouloir retenir ce versement dans la quasi-totalité des institutions publiques.

Le troisième volet de leurs revendications urgentes concerne la couverture médicale des agents publics. Selon les syndicats, des prélèvements sont effectués chaque mois sur les rémunérations au titre de l’assurance, mais les sommes dues aux établissements de santé partenaires de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (OFATMA) ne sont pas réglées.

Ils affirment que cette situation conduit les établissements concernés à refuser de prendre en charge des employés de l’État assurés. Ils demandent donc au gouvernement de « payer toutes les dettes envers les centres hospitaliers afin que les assurés puissent bénéficier de soins de santé adéquats ».

Pour illustrer l’alourdissement des charges, les organisations évoquent également une augmentation du coût du permis de port d’arme, qui serait passé de 5 000 à 25 000 gourdes. Elles soutiennent que les difficultés économiques touchent notamment les enseignants, les policiers, les infirmières, les médecins et l’ensemble des salariés des secteurs public et privé.

La note avance par ailleurs une hausse du coût de la vie de 300 à 400 %, sans préciser la période de référence ni la méthode de calcul retenue.

« Si, avant le 29 octobre, le gouvernement n’apporte pas de réponses satisfaisantes à ces trois premières revendications urgentes, les syndicats organiseront, dans les dix départements, une journée de mobilisation syndicale et populaire le 30 octobre », préviennent les signataires.

Au-delà de cette première échéance, les organisations fixent au gouvernement un second délai, avant le 30 novembre 2026, pour apporter des réponses à l’insécurité, à la vie chère et aux demandes d’ajustement et d’augmentation des salaires dans les secteurs public et privé.

Sur le plan sécuritaire, elles réclament le rétablissement de la circulation sur toutes les routes, la réouverture de l’aéroport de Maïs-Gâté et le retour des personnes déplacées dans leurs foyers. Elles souhaitent que les habitants puissent rejoindre leurs communes d’origine et que les membres de la diaspora puissent rentrer au pays pour les célébrations du 1er janvier 2027.

« Nous ne voulons pas entrer dans l’année 2027 avec ce problème d’insécurité », affirment les syndicats, qui décrivent les violences comme une activité profitant à des acteurs criminels locaux et internationaux.

Concernant la vie chère, ils demandent des mesures concrètes permettant d’alléger les difficultés des ménages. « Nous sommes épuisés et nous n’en pouvons plus », déclarent-ils.

Les organisations réclament aussi une révision des rémunérations. Elles invoquent l’article 137 du Code du travail, auquel elles attribuent l’obligation d’ajuster les salaires lorsque l’inflation dépasse 10 % au cours de l’exercice fiscal. Elles situent l’inflation entre 17 et 24 %, sans indiquer la période ni la source de ces données.

Si ces trois autres revendications ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes avant le 30 novembre, les syndicats annoncent deux nouvelles journées de mobilisation nationale, les 1er et 2 décembre 2026. Ils précisent que d’autres étapes pourraient être communiquées ultérieurement.

La note appelle les employés, les travailleurs et l’ensemble de la population à manifester leur soutien au mouvement dès le lundi 19 octobre, afin d’obtenir « satisfaction complète pour l’ensemble de nos revendications ».

Le document porte les noms de Garry Jean Baptiste, coordonnateur du SPNH-17, syndicat de la police ; de Gabens Jean Baptiste et Rkès André, pour le SEMSI, syndicat du ministère du Commerce et de l’Industrie ; de Péguy Noël, pour l’UNNOH, dans le secteur éducatif ; et de Jules Bertin, pour l’AJCI/MAST.

Figurent également parmi les signataires Schelomith Dorvil, pour le SHJRD’H, syndicat des huissiers de justice ; Wilson Charles, pour l’ANSTVH, dans le secteur des transports ; Jean Kenson Chéry, pour l’AMOBIC, également dans les transports ; Martin Ainé, pour l’ANAGH, organisation de greffiers ; et Bathole Alexis, pour le SDE OAVCT.