Haïti- Amnesty International alerte sur les risques pour les enfants liés aux attaques de drones dans les opérations de sécurité…

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PORT-AU-PRINCE, mercredi 20 mai 2026 (RHINEWS) – L’usage de drones armés dans les opérations de sécurité menées contre les gangs en Haïti suscite de « graves préoccupations » en matière de droits humains, notamment en raison des risques accrus pour les enfants, a averti mercredi Amnesty International.

Réagissant aux derniers chiffres publiés par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) sur les victimes des opérations de sécurité, l’organisation de défense des droits humains souligne que certaines interventions impliqueraient l’usage de drones armés, parfois attribués à une société militaire privée.

Selon Ana Piquer, cette pratique crée un précédent dangereux dans le contexte urbain haïtien. « L’utilisation de drones armés dans des zones urbaines densément peuplées crée un précédent inquiétant en Haïti et expose la population, en particulier les enfants, à un danger direct. Elle donne probablement lieu à des exécutions extrajudiciaires. Les autorités haïtiennes doivent empêcher leur usage illégal et préciser qui déploie ces drones et dans quel cadre juridique », a-t-elle déclaré.

Amnesty International affirme que cette nouvelle forme de violence intervient dans un contexte déjà critique pour les enfants en Haïti, marqués par les recrutements forcés par les gangs, les violences sexuelles, les homicides et un accès limité aux services essentiels comme l’éducation et les soins de santé.

L’organisation met également en garde contre les conséquences d’une militarisation accrue de la réponse sécuritaire. « Utiliser des drones armés de manière indiscriminée contre des enfants est choquant et d’une grande cruauté », a ajouté Ana Piquer, estimant que « l’État haïtien doit protéger les enfants, et non les exposer à de nouvelles formes de violence en recourant à des technologies meurtrières ».

Elle a enfin appelé à replacer la protection de l’enfance au centre des priorités nationales, alors que « des millions d’enfants vivent dans la peur, ont faim et ne peuvent pas aller à l’école » dans un contexte de crise prolongée.