Haïti : 1 189 nouveaux policiers intègrent la PNH, plus de 3 200 agents formés grâce au programme américain P-4000…

Policiers fraîchement gradués…

PORT-AU-PRINCE, vendredi 30 octobre 2026 (RHINEWS)– La Police nationale d’Haïti (PNH) a accueilli, vendredi, 1 189 nouveaux agents issus de sa 37e promotion, baptisée « Dessalines », lors d’une cérémonie organisée à l’École nationale de police, sur la Route des Frères, à Pétion-Ville. Cette nouvelle cohorte, composée de 947 hommes et de 242 femmes, porte à plus de 3 200 le nombre de policiers formés et déployés dans le cadre du programme P-4000 financé par les États-Unis, selon l’ambassade américaine à Port-au-Prince.

Cette graduation intervient dans un contexte de dégradation prolongée de la sécurité nationale, marqué par l’expansion territoriale des groupes armés, la multiplication des enlèvements, les déplacements massifs de population et les difficultés persistantes des forces de sécurité à rétablir l’autorité de l’État dans plusieurs régions du pays.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), a participé à la cérémonie en présence de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et consulaire, de responsables des institutions de sécurité et de plusieurs autres personnalités.

Selon un communiqué de la Primature, cette 37e promotion constitue la troisième cohorte du programme P4000+, destiné à accélérer le recrutement et la formation de nouveaux policiers afin de renforcer les capacités opérationnelles de la PNH.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a exhorté les nouveaux agents à exercer leurs fonctions avec discipline, courage, intégrité et respect des citoyens. Il a rappelé que le port de l’uniforme implique des responsabilités particulières en matière de protection de la population et de respect des lois.

Le Premier ministre a également rendu hommage aux policiers haïtiens, aux militaires et aux membres du contingent kényan morts dans l’exercice de leurs fonctions. Il a évoqué le sort des quatre militaires salvadoriens portés disparus à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, lors d’une opération sécuritaire menée dans cette zone sous l’influence de groupes armés.

Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé l’objectif de son gouvernement de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, notamment à travers le renforcement des forces de sécurité, la surveillance des frontières, la lutte contre la corruption et la répression du trafic illégal d’armes.

« Yon Leta ki pa kontwole fwontyè l, se yon Leta ki an feblès » (« Un État qui ne contrôle pas ses frontières est un État en situation de faiblesse »), a déclaré le chef du gouvernement, insistant sur la nécessité de renforcer les institutions chargées de la sécurité nationale.

Il a également réitéré l’engagement de son administration à accompagner le Conseil électoral provisoire (CEP) dans la préparation des prochaines élections, dont l’organisation reste étroitement liée à l’amélioration des conditions sécuritaires.

Dans un communiqué distinct publié le même jour, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a salué la graduation de cette nouvelle promotion, soulignant que le programme P-4000 avait déjà permis de former et de déployer plus de 3 200 policiers.

Financé à hauteur de plus de 25 millions de dollars américains par le Bureau des affaires internationales de lutte contre les stupéfiants et d’application de la loi (INL) du département d’État, ce programme vise à recruter, former et équiper plus de 4 000 policiers d’ici au printemps 2027.

Selon la représentation diplomatique américaine, cette initiative devrait permettre de former, en seulement 16 mois, un nombre de policiers équivalent à celui que l’Académie nationale de police forme habituellement en sept ans.

Les nouveaux agents doivent être affectés directement dans les communautés, notamment pour participer aux opérations contre les groupes armés, contribuer au maintien du contrôle des territoires repris, protéger les infrastructures essentielles et sécuriser les principaux axes routiers.

Ils sont appelés à intervenir aux côtés des unités spécialisées de la PNH, des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et de la Force de répression des gangs (FRG), autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

L’ambassade américaine précise également que le programme comprend des procédures de vérification des candidats destinées à détecter d’éventuelles affiliations avec des groupes criminels. Elle indique notamment recourir à une technologie présentée comme un dispositif de détection du mensonge par balayage rétinien, sans fournir de précisions sur sa fiabilité ni sur les modalités de son utilisation.

La formation comporte également des modules obligatoires consacrés à l’éthique professionnelle, au leadership et au respect des droits humains.

Selon Washington, cette assistance vise à soutenir les opérations conduites par les institutions haïtiennes tout en contribuant au développement de leurs capacités à long terme.