États-Unis : le secrétaire à la Sécurité intérieure n’exclut pas la présence d’agents de l’ICE dans certains bureaux de vote…

DHS Secretary Markwayne Mullin Official Portrait (DHS photo by Tia Dufour)

WASHINGTON, 1er septembre 2026 (RHINEWS)– Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a déclaré mardi que des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) pourraient intervenir dans certains bureaux de vote lors des élections de mi-mandat de novembre, mais uniquement en cas de menace précise ou pour procéder à l’arrestation d’une personne faisant déjà l’objet d’un mandat.

« ICE n’est pas là pour patrouiller dans les bureaux de vote. Nous sommes là pour faire face à des menaces spécifiques », a déclaré M. Mullin à des journalistes à New York.

« La seule raison pour laquelle nous serions présents dans un bureau de vote serait s’il y avait une menace contre ce bureau de vote ou si nous devions exécuter un mandat contre quelqu’un que nous suivons activement », a-t-il précisé.

Ces déclarations interviennent alors que la perspective d’une présence d’agents fédéraux chargés de l’immigration dans ou aux abords des lieux de vote suscite des inquiétudes parmi des élus démocrates et des organisations de défense du droit de vote, à l’approche des élections de novembre.

M. Mullin a cependant rejeté l’idée que l’administration envisage de déployer l’ICE pour surveiller les électeurs ou exercer une influence sur le déroulement du scrutin. « Le travail de l’ICE, c’est l’application des lois sur l’immigration et les douanes. C’est notre travail », a-t-il affirmé, ajoutant que les agents interviendraient « là où nous devons être » lorsqu’un mandat doit être exécuté.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure avait déjà évoqué cette possibilité lors de son audition de confirmation au Sénat. Interrogé sur la présence éventuelle d’agents fédéraux en uniforme dans les bureaux de vote, il avait alors déclaré qu’ils ne seraient présents qu’en cas de « menace spécifique » et non à des fins d’intimidation. (Rev⁠)

« Il y aura une raison pour que nous soyons là, et il sera connu pourquoi nous y sommes », avait-il déclaré lors de cette audition.

La question est devenue particulièrement sensible dans le contexte des préparatifs des élections de mi-mandat, au cours desquelles seront notamment renouvelés les 435 sièges de la Chambre des représentants et une partie du Sénat.

Des organisations de défense des droits civiques estiment que la présence d’agents fédéraux armés dans les lieux de vote pourrait avoir un effet dissuasif sur certains électeurs, même en l’absence d’intervention directe dans le processus électoral. Le Brennan Center for Justice a notamment soutenu que le déploiement d’agents fédéraux armés dans les bureaux de vote pourrait contrevenir aux lois fédérales et à certaines législations des États et alimenter les risques d’intimidation électorale. (Brennan Center for Justice⁠)

La Maison-Blanche et le Département de la Sécurité intérieure ont, de leur côté, indiqué qu’il n’existait pas de projet visant à installer des agents de l’ICE dans les bureaux de vote pour y effectuer des patrouilles ou des opérations générales de contrôle. Des responsables de l’administration ont néanmoins continué à défendre la possibilité d’une intervention ponctuelle en présence d’une menace ou lorsqu’un mandat doit être exécuté. (AP News⁠)

Cette controverse intervient également alors que le gouvernement fédéral a renforcé ses investigations concernant la participation présumée de personnes ne disposant pas de la nationalité américaine aux élections. Le DHS affirme vouloir identifier les étrangers qui voteraient illégalement et les poursuivre.

Dans une déclaration rapportée mardi, le département a indiqué que le gouvernement fédéral était « pleinement concentré » sur les poursuites et l’éloignement des étrangers qui votent illégalement ainsi que sur la prévention de la « dilution des votes des citoyens américains ». (The Epoch Times⁠)

Le DHS a également affirmé que les personnes étrangères qui participeraient illégalement aux élections pourraient être arrêtées et faire l’objet de poursuites pénales et de procédures d’éloignement.

Les déclarations de M. Mullin interviennent quelques semaines avant le scrutin de novembre et ravivent ainsi le débat sur les limites de l’intervention des agences fédérales chargées de l’immigration dans le processus électoral, les États et les collectivités locales conservant un rôle central dans l’organisation matérielle des élections aux États-Unis.