PORT-AU-PRINCE, vendredis 9 octobre 2026 (RHINEWS) – L’ancien député de Kenscoff, Alfredo Junior Antoine, conteste les mentions le concernant dans le rapport S/2026/714 du Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti et demande leur réexamen ainsi que leur rectification. Dans une lettre datée du 8 octobre, adressée au secrétaire général de l’ONU par l’intermédiaire de son représentant spécial en Haïti, chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), ses avocats réclament le retrait des passages concernés en l’absence d’éléments probants.
La correspondance présente cette démarche comme une « protestation formelle et solennelle » contre des informations qui, selon l’ancien parlementaire, l’associent à des activités criminelles et aux violences ayant coûté la vie à plus d’une centaine de personnes dans la commune de Kenscoff. Il conteste ces informations, qu’il estime non vérifiées.
Alfredo Junior Antoine « rejette catégoriquement et sans la moindre équivoque ces imputations », indique la lettre, qui les qualifie d’« inexactes, dépourvues de fondement factuel établi et gravement attentatoires à son honneur, à sa réputation ainsi qu’à ses droits fondamentaux ».
L’ancien élu condamne les violences commises en Haïti, particulièrement à Kenscoff, et récuse « toute affirmation tendant à lui imputer un quelconque lien, soutien, financement, collaboration ou complicité avec un gang ou une organisation criminelle armée ». Il affirme que son engagement politique a été guidé par la défense des intérêts de la population qu’il a représentée au cours de la dernière législature haïtienne.
Sa contestation porte notamment sur la date de son interpellation par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Selon la correspondance, celle-ci est intervenue en avril 2025, et non en mars 2025 comme l’indiquerait le rapport.
Ses avocats soutiennent qu’après cette interpellation, qu’il considère comme illégale, Alfredo Junior Antoine a été conduit devant le parquet de Port-au-Prince, puis libéré après examen de son dossier. Selon leur présentation, aucune charge établissant un lien effectif avec une organisation criminelle armée n’a été retenue et l’affaire a été close sans poursuite sur le fondement des faits allégués.
« Comment une affaire classée sans suite par l’autorité de poursuite compétente pourrait-elle raisonnablement servir de fondement à la réitération d’imputations aussi lourdes de conséquences, en l’absence d’éléments probants nouveaux et dûment vérifiés ? », interrogent les auteurs de la lettre. La correspondance fournie ne comporte toutefois pas de décision judiciaire permettant de vérifier cette présentation de la procédure.
L’ancien député invoque également les enquêtes du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Selon les informations dont il dit disposer, les rapports de cette organisation ne font état d’aucun lien entre lui et les événements meurtriers survenus à Kenscoff.
Tout en affirmant ne pas remettre en cause la mission, l’indépendance ou la légitimité du Groupe d’experts, Alfredo Junior Antoine demande un examen « objectif et contradictoire » des informations le concernant. Il souhaite connaître les éléments retenus contre lui et pouvoir y répondre, notamment en présentant des observations et des documents.
La lettre souligne que l’influence des rapports des Nations Unies auprès des institutions et de l’opinion publique impose « une exigence de rigueur, de prudence et de vérification des informations », particulièrement lorsqu’une personne est mise en cause dans des faits criminels graves.
Alfredo Junior Antoine demande ainsi une vérification des sources, des circonstances et des éléments ayant conduit à la mention de son nom. Il réclame que toute information matériellement inexacte soit corrigée et que, faute de preuves justifiant les accusations, son nom soit retiré des passages concernés ou qu’un rectificatif explicite soit publié.
Selon lui, ces mentions peuvent avoir des conséquences durables sur sa réputation, sa sécurité personnelle, sa liberté de circulation et l’exercice de ses droits civils et politiques, ce qui justifie le caractère urgent de sa démarche.
L’ancien parlementaire estime par ailleurs que sa mise en cause doit être appréciée à la lumière de ses prises de position sur les affaires nationales et de son engagement en faveur de l’établissement de la vérité sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il affirme que ces positions ne sauraient être assimilées à un soutien aux organisations criminelles.
« Assimiler l’exercice de la liberté d’expression politique ou l’engagement en faveur de la justice à une forme de complicité criminelle constituerait une confusion particulièrement grave », soutient la correspondance, qui demande une clarification officielle sur ce point.
La requête sollicite l’enregistrement officiel de la contestation, sa transmission au Groupe d’experts, le réexamen contradictoire des informations et la correction des erreurs factuelles, notamment de la date de l’interpellation. Elle demande également, à défaut d’éléments probants, le retrait des passages concernés du rapport et de toute publication officielle ultérieure reprenant les mêmes allégations.
Alfredo Junior Antoine se déclare disponible pour communiquer aux instances compétentes de l’ONU et aux autorités judiciaires haïtiennes tout document ou renseignement utile à la vérification des faits. Il affirme que sa démarche vise à faire respecter les principes de justice, d’exactitude et d’impartialité, tout en reconnaissant l’importance de l’engagement des Nations Unies contre l’insécurité en Haïti.
La correspondance désigne Mes Sonet Saint-Louis, Guérilus Fanfan et Sergot Oreste, du barreau de Port-au-Prince, comme ses avocats constitués.

