Affaire Moïse : le carnet de notes recherché par le juge Cyprien Denis figurait déjà dans l’ordonnance de Walter Voltaire…

Jovenel Moiise, ancien President d'Haiti

PORT-AU-PRINCE, 24 juin 2026 (RHINEWS) – Le carnet de notes de l’ancien président Jovenel Moïse, que le juge d’instruction de la Cour d’appel de Port-au-Prince, Cyprien Jean F. Denis Pierre, a cherché à retrouver en ordonnant des perquisitions au domicile de Pierre Espérance et dans les locaux du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), figurait déjà parmi les pièces recensées dans l’ordonnance de clôture rendue par le magistrat instructeur Walter W. Voltaire, selon des vérifications effectuées par RHINEWS.

L’information apparaît au visa numéro 246 de l’ordonnance de 122 pages rendue dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Le document mentionne notamment « le procès-verbal des informations contenues dans le carnet de notes de marque Sirnaline retrouvé sur le bureau de la chambre du président Jovenel Moïse ».

Cette référence a montré que les informations contenues dans le carnet avaient déjà fait l’objet d’un procès-verbal versé au dossier judiciaire et pris en compte dans l’instruction menée par le juge Voltaire.

Le 19 mai 2026, le juge Denis Pierre a ordonné à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) de procéder à des perquisitions à la résidence du directeur exécutif du RNDDH ainsi qu’au siège de l’organisation. La mesure visait notamment à rechercher un carnet de notes attribué à l’ancien chef de l’État assassiné.

Cette décision a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans certains milieux politiques. Plusieurs personnes ont affirmé que le document se trouvait en possession de Pierre Espérance et ont réclamé des mesures judiciaires à son encontre.

La présence du carnet parmi les pièces déjà identifiées dans l’ordonnance de Walter Voltaire soulève toutefois des interrogations sur les vérifications effectuées avant l’émission de l’ordre de perquisition et sur la prise en compte des éléments déjà contenus dans le dossier d’instruction.

À titre de rappel, le RNDDH a adressé une correspondance au président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) afin de dénoncer les perquisitions ordonnées par le juge Denis Pierre. L’organisation a soutenu que la mesure reposait sur des allégations non vérifiées relayées notamment sur les réseaux sociaux.

Dans cette lettre, le RNDDH a relevé que le magistrat avait lui-même écrit dans son ordonnance : « Attendu qu’il était bruit qu’un cahier de notes, propriété privée de feu le président Jovenel Moïse ainsi que son téléphone seraient en possession du responsable du RNDDH, le sieur Pierre Espérance, sans droit ni qualité ».

L’organisation a estimé que cette formulation faisait référence à des rumeurs plutôt qu’à des éléments matériels établis. Elle a également affirmé que la copie du document concerné circulait déjà auprès de plusieurs personnes et que les informations contenues dans ce carnet étaient connues des enquêteurs depuis plusieurs années.