CARACAS, mercredi 7 janvier 2026 (RHINEWS)-Le général Javier Marcano Tábata, commandant de la garde d’honneur présidentielle du Venezuela, a été limogé quelques jours après la capture du président Nicolás Maduro par des forces américaines lors d’un raid à Caracas, puis son transfert à New York pour y être jugé pour des accusations de « narco-terrorisme ». La garde d’honneur présidentielle est l’unité militaire chargée de fournir les gardes du corps responsables de la protection du chef de l’État.
Si le gouvernement vénézuélien n’a pas encore communiqué de bilan détaillé, des membres de cette garde figureraient parmi les dizaines de personnes tuées lors de l’opération américaine visant à arrêter Maduro. L’ordre de remplacer le général Marcano Tábata a été donné par la nouvelle présidente intérimaire, Delcy Rodríguez, investie lundi par l’Assemblée nationale dominée par des fidèles du pouvoir. Ancienne vice-présidente de Maduro, elle est considérée comme une proche alliée du dirigeant emprisonné.
Lors de la conférence de presse ayant suivi l’arrestation de Maduro, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela et qu’ils discutaient avec Delcy Rodríguez. Il a également menacé cette dernière d’un « sort pire que celui de Maduro » en cas de non-respect des exigences américaines, notamment en matière de pétrole, le Venezuela disposant des plus importantes réserves prouvées au monde. Mardi, Donald Trump a affirmé que le Venezuela allait « céder » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, une déclaration sur laquelle le gouvernement intérimaire n’a pas encore réagi.
Depuis sa désignation par la Cour suprême, le ton de Delcy Rodríguez oscille entre défi et conciliation. Elle a dénoncé la capture de Maduro comme un « enlèvement illégal », tout en affirmant que son gouvernement avait « invité le gouvernement américain à travailler ensemble sur un agenda de coopération ». Ses décisions sont étroitement observées au Venezuela et à l’étranger afin d’évaluer l’orientation qu’elle pourrait donner au pays et d’éventuelles fissures au sein de son équipe.
Le limogeage du général Marcano Tábata constitue l’un des premiers changements opérés au sein du cercle rapproché de la présidente intérimaire. Outre la garde présidentielle, il dirigeait également la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM). Selon les Nations unies, cette unité a joué un rôle central dans la répression des opposants au gouvernement Maduro, une mission indépendante de l’ONU ayant documenté depuis 2013 de nombreuses violations des droits humains, dont des cas de « torture, violences sexuelles et/ou autres traitements cruels, inhumains ou dégradants » dans ses locaux et des centres de détention clandestins.
Toutefois, son éviction ne semble pas liée à ces accusations, la personne nommée pour lui succéder, Gustavo González López, ayant dirigé pendant de longues années le service national de renseignement Sebin, lui aussi mis en cause par l’ONU pour des abus, notamment à la prison du Helicoide à Caracas. Des analystes estiment que le renvoi de Marcano Tábata est davantage lié à l’échec de la garde présidentielle à empêcher l’arrestation de Maduro, alors que Cuba, allié clé de Caracas, a annoncé la mort de 32 de ses ressortissants lors du raid américain, dont plusieurs auraient été intégrés à cette unité.
L’armée vénézuélienne a pour sa part indiqué que 23 de ses membres, dont cinq généraux, avaient été tués lors des frappes américaines, suscitant un sentiment d’« humiliation » chez certains partisans du pouvoir après la diffusion d’images montrant Maduro menotté en tenue de prison. Le remplacement du général pourrait viser à renforcer l’entourage de Delcy Rodríguez alors que plane la menace d’une nouvelle intervention américaine : Donald Trump a affirmé qu’une seconde vague de frappes était prête mais jugée inutile pour l’instant, tout en avertissant que tout refus d’obtempérer aurait un « très lourd prix ». Selon Reuters, citant des sources anonymes, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, accusé par Washington de participation à une « narco-conspiration », pourrait également être visé, les États-Unis ayant porté en janvier à 25 millions de dollars la récompense pour toute information menant à sa capture.

