Un rapport intérimaire accuse le maire d’origine haïtienne de North Miami Beach, Michael Joseph, d’avoir tenté de faire modifier des enregistrements officiels et d’irrégularités dans des dépenses publiques…

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NORTH MIAMI BEACH (Floride), mercredi 18  février 2026 (RHINEWS)- Un rapport d’enquête intérimaire commandé par la Commission municipale de North Miami Beach fait état d’allégations multiples de possibles violations de la Charte municipale et des règles de passation des marchés, impliquant notamment le maire Michael Joseph, d’origine haïtienne. Le document, préparé par le cabinet ALGO Law Firm, LLP et daté du 16 février 2026, recommande la poursuite des investigations et la transmission du rapport final aux autorités compétentes de l’État de Floride.

Le 20 janvier 2026, la Commission municipale a adopté une résolution demandant au directeur municipal par intérim, Andrew Plotkin, de mandater un cabinet indépendant afin de déterminer si des élus avaient agi de manière inappropriée envers le personnel, interféré dans les opérations administratives et les processus de sélection des fournisseurs, ou commis d’éventuelles violations éthiques ou de la Charte. Le cabinet a été officiellement engagé le 2 février, avec pour mission de remettre ses conclusions avant le 27 février.

Selon le résumé exécutif, les entretiens menés auprès de plusieurs employés municipaux – identifiés anonymement par des lettres – décrivent un climat marqué par des communications directes du maire avec des cadres administratifs au sujet de dossiers opérationnels et de marchés publics, en dehors de la chaîne hiérarchique établie. Un employé affirme avoir reçu « de multiples appels » du maire concernant des initiatives de projets et des recommandations de fournisseurs, ce qu’il juge « incompatible avec le processus approprié et la chaîne de commandement ». Il évoque notamment des interventions en faveur d’entreprises telles que AECOM et Figgers Communications.

Plusieurs témoignages soulignent des préoccupations liées à l’intégrité des procédures de passation de marchés. Un employé fait état d’une « pratique systémique » consistant à structurer des projets de manière à rester sous les seuils financiers déclenchant un appel d’offres formel (RFP) et l’approbation de la Commission. Le rapport indique que cette pratique « compromet les garanties de concurrence et expose la Ville à des risques juridiques et financiers ».

Le contrat attribué à Figgers Communications pour un système d’alerte d’urgence fait l’objet d’une attention particulière. D’après un cadre municipal, la Ville disposait déjà d’un système opérationnel coûtant environ 12 000 dollars par an, tandis que le nouveau contrat s’élèverait à 48 000 dollars annuels. Ce même employé affirme avoir refusé de signer une dérogation d’achat, précisant que l’approbation aurait néanmoins été accordée par le directeur municipal par intérim. Le rapport mentionne également que la Ville aurait été le premier client municipal de ce fournisseur pour ce type de service.

Des allégations portent aussi sur une tentative présumée d’altération d’enregistrements officiels liés au processus de recrutement du directeur municipal. Un employé rapporte que le maire lui aurait demandé de « déconnecter l’équipement d’enregistrement » et de modifier des vidéos d’entretien afin de retirer des passages jugés défavorables à une candidate. Selon son témoignage, le maire aurait tenu des propos tels que : « I should have known I couldn’t fucking trust you or HR » et « You’re going to fuck me over ». L’employé affirme avoir refusé, déclarant qu’il estimait que « refuser était la seule option éthique », et indique avoir pris plusieurs jours de congé en raison du stress subi. Les ressources humaines n’auraient pas formellement documenté l’incident.

Le rapport évoque par ailleurs des irrégularités potentielles concernant des contrats de lobbying, des paiements effectués sans accords formels exécutés, ainsi que des dépenses liées à un déplacement du maire au Japon en 2025. Des employés signalent des réconciliations tardives de dépenses et une surclasse en première classe dont le coût supplémentaire aurait dépassé 3 000 dollars, en contradiction avec la politique municipale interdisant les frais de confort non autorisés.

D’autres témoignages mettent en lumière des faiblesses systémiques dans les contrôles internes, notamment un arriéré de transactions non réconciliées sur des cartes de crédit municipales (P-Card), un fonds excédentaire de 5,2 millions de dollars au sein du département du bâtiment, et un climat de crainte de représailles dissuadant certains employés de signaler des irrégularités. Une employée déclare ainsi craindre que « les plaintes contre le maire ne soient pas traitées de manière impartiale ».

Le document conclut que « les entretiens ont produit des allégations, des documents et des récits de première main indiquant de possibles violations de la Charte de la Ville de North Miami Beach et des politiques de passation de marchés par des élus, notamment par des actions directes du maire Joseph ». Le cabinet recommande la poursuite de l’enquête et la transmission du rapport final au bureau du procureur de l’État, à la Commission d’éthique de Floride et à la Commission d’éthique du comté de Miami-Dade pour examen d’éventuelles violations administratives ou pénales.

Le cabinet précise que tous les enregistrements audio et documents collectés sont conservés de manière sécurisée dans son dossier d’enquête.