Tensions entre Trump et Elon Musk : menaces d’expulsion, retour de “DOGE” et guerre ouverte sur le projet de loi budgétaire de la Maison-Blanche…

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WASHINGTON, 1er juillet 2025 (RHINEWS) Le président Donald Trump a relancé mardi les hostilités contre Elon Musk, allant jusqu’à évoquer une possible expulsion du milliardaire d’origine sud-africaine et le retour du mystérieux “DOGE”, dans un contexte de violente querelle politique autour d’un projet de loi budgétaire massif. Cette nouvelle escalade met fin à une brève trêve entre les deux hommes, anciens alliés devenus adversaires féroces.

Interrogé à la Maison-Blanche sur une éventuelle mesure de déportation visant Elon Musk, désormais citoyen américain, Trump a déclaré : « Nous allons devoir y jeter un œil », avant d’ajouter sur un ton sarcastique : « On pourrait devoir mettre DOGE sur Elon. Vous savez ce qu’est DOGE ? C’est le monstre qui pourrait revenir le dévorer. Ce serait terrible, non ? »

DOGE — acronyme du fictif Département de l’efficacité gouvernementale — avait été initialement imaginé comme une initiative humoristique anti-bureaucratie que Musk dirigeait symboliquement lorsqu’il occupait brièvement un rôle de conseiller spécial à la Maison-Blanche. Il est désormais invoqué par Trump comme une arme politique contre son ancien allié.

La querelle a repris de plus belle après l’adoption d’un vote procédural au Sénat permettant de débattre du « Big, Beautiful Bill », un ambitieux plan de dépenses domestiques défendu par Trump. Musk s’est lancé lundi dans une série de publications sur X, dénonçant une dérive budgétaire massive et des trahisons politiques. « Ce projet de loi délirant, qui augmente le plafond de la dette de CINQ MILLE MILLIARDS DE DOLLARS, prouve que nous vivons dans un pays à parti unique – le PARTI PORCINET ! », a-t-il fulminé.

Reprochant aux élus républicains d’avoir renié leurs promesses de réduire les dépenses, Musk a promis de financer leurs opposants aux prochaines primaires. « Chaque membre du Congrès qui a fait campagne pour réduire les dépenses publiques, puis a voté ce texte honteux, devrait baisser la tête de honte ! Et ils perdront leur siège l’année prochaine, même si c’est la dernière chose que je fais sur cette Terre », a-t-il menacé. Il a publié des affiches moquant les élus qu’il accuse de trahison, et a même évoqué la création d’un troisième parti, « l’America Party ».

Musk a également exprimé son soutien au représentant du Kentucky Thomas Massie, farouche opposant au projet de loi. Trump, en colère, a répliqué lundi soir sur Truth Social : « Elon reçoit plus de subventions que n’importe qui dans l’histoire. Sans elles, il devrait probablement fermer boutique et retourner en Afrique du Sud. Plus de lancements de fusées, plus de voitures électriques. Notre pays ferait des économies énormes ! Peut-être que DOGE devrait se pencher sérieusement là-dessus. »

Mardi, le président a enfoncé le clou en Floride : « Il est furieux parce qu’il perd son mandat sur les véhicules électriques. Mais il pourrait perdre bien plus que ça, je peux vous le garantir. »

De son côté, Musk a répondu sur un ton plus retenu, tout en laissant planer la menace d’une riposte : « C’est très tentant d’en rajouter… très, très tentant. Mais je vais m’abstenir pour l’instant », a-t-il écrit.

Trump affirme que l’hostilité de Musk est motivée par la suppression des crédits d’impôt pour véhicules électriques contenus dans le projet de loi. « Il aurait dû savoir que je ne ferais pas ça. J’ai fait campagne contre ces subventions pendant deux ans. Il n’aura pas son mandat », a-t-il déclaré à ABC News. Musk dément cette version, affirmant que son combat est idéologique : « Tout ce que je demande, c’est que nous ne menions pas l’Amérique à la faillite », a-t-il posté.

Ce conflit a déjà des répercussions économiques : l’action de Tesla a chuté de 7 % mardi, après une baisse de 2 % la veille, contrastant avec les hausses du S&P 500 et du Nasdaq. Début juin, le titre avait déjà perdu 14 % lors d’un précédent épisode de tensions. « Cette querelle entre anciens meilleurs amis est devenue un feuilleton qui continue de peser sur Tesla. Les investisseurs craignent des représailles de la Maison-Blanche contre Musk et ses entreprises », analyse Dan Ives, de Wedbush Securities. Selon JPMorgan, la perte du crédit d’impôt EV coûterait à Tesla 1,2 milliard de dollars par an, et la fin des crédits réglementaires, 2 milliards supplémentaires.

Le mois dernier, Musk avait tenté de calmer le jeu après avoir insinué — sans preuve — que Trump figurait dans les dossiers liés à Jeffrey Epstein. Il avait alors supprimé plusieurs publications polémiques et reconnu avoir « été trop loin ». Depuis, la hache de guerre semble de nouveau déterrée.

Malgré des déclarations récentes indiquant vouloir se retirer de la politique, Musk a les moyens de soutenir un réseau de candidats alternatifs. En 2024, il avait injecté plus de 275 millions de dollars dans les campagnes républicaines. Mais ses récentes tentatives d’influencer la vie politique, comme son appui à un candidat conservateur à la Cour suprême du Wisconsin, se sont soldées par des échecs.

Le duel entre Musk et Trump soulève une question politique fondamentale : qui, de l’homme le plus puissant du pays ou du plus influent entrepreneur de sa génération, parviendra à imposer sa vision ? En 2024, Elon Musk avait pourtant massivement soutenu Trump, versant plus de 275 millions de dollars à sa campagne et à d’autres candidats républicains, via son comité d’action politique America PAC. Mais malgré cette générosité, ses tentatives récentes d’influence se sont souvent soldées par des échecs, comme son soutien infructueux à un candidat conservateur à la Cour suprême du Wisconsin. Pour l’instant, comme le résume sèchement un analyste proche de la Maison-Blanche : « Trump est président. Musk ne l’est pas. »