KAMPALA (Ouganda), samedi 17 janvier 2026 (RHINEWS)- Le président ougandais Yoweri Museveni a été réélu pour un septième mandat, a annoncé samedi la commission électorale, à l’issue d’un scrutin marqué par des tensions, une répression de l’opposition et une coupure nationale d’internet.
Âgé de 81 ans, M. Museveni a obtenu 71,65 % des suffrages, selon les résultats officiels. Il devance largement son principal rival, l’opposant Bobi Wine, 43 ans, crédité de 24,72 % des voix. Cette victoire, largement anticipée, prolonge de plusieurs années le règne du chef de l’État, au pouvoir depuis 1986.
La campagne électorale s’est déroulée dans un climat contesté. Les Nations unies ont fait état de « répressions et intimidations généralisées », évoquant notamment des restrictions visant les rassemblements de l’opposition. Le scrutin de jeudi s’est également tenu alors que l’accès à internet était interrompu dans tout le pays, une mesure qui a suscité des critiques à l’international.
De son côté, Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, a dénoncé sur les réseaux sociaux des « bourrages d’urnes massifs » le jour du vote. Un porte-parole de son parti, la National Unity Platform (NUP), a qualifié les résultats de « mascarade ». L’opposant a par ailleurs affirmé avoir échappé à une perquisition menée par la police et l’armée à son domicile, ajoutant que sa famille restait, selon lui, assignée à résidence.
Des observateurs électoraux ont indiqué samedi n’avoir constaté aucune preuve de fraude massive, tout en dénonçant des « intimidations, arrestations et enlèvements » visant des membres de l’opposition et de la société civile. Ces pratiques « ont instillé la peur et érodé la confiance du public dans le processus électoral », a déclaré l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, représentant des missions d’observation de l’Union africaine et d’organisations régionales.
Selon M. Jonathan, la coupure d’internet a « perturbé l’observation effective » du scrutin et « accru les soupçons », même s’il a estimé que le déroulement du vote le jour de l’élection avait été « globalement pacifique ».
Samedi, un important dispositif policier restait déployé autour de Kampala afin de prévenir d’éventuelles manifestations. L’opposition a affirmé qu’au moins dix personnes avaient été tuées lors d’une intervention policière près du domicile d’un député local de l’opposition à Butambala, à environ 55 kilomètres au sud-ouest de la capitale. Les autorités locales ont pour leur part fait état de sept morts, accusant des opposants armés de machettes d’avoir attaqué un commissariat et un centre de dépouillement.
Durant la campagne, plusieurs meetings de Bobi Wine ont été dispersés par les forces de sécurité à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs, faisant au moins un mort et conduisant à l’arrestation de centaines de partisans, selon l’opposition.
Au pouvoir depuis quatre décennies, Yoweri Museveni a modifié à deux reprises la Constitution afin de lever les limites d’âge et de mandat présidentiel. S’il est régulièrement accusé par ses détracteurs de museler l’opposition, il reste soutenu par une partie de la population, qui lui attribue la fin des troubles ayant suivi l’indépendance et une période de croissance économique.
Selon des résultats provisoires, son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), disposerait également d’une large majorité au Parlement, tandis que le dépouillement des bulletins se poursuivait.

