NEW-YORK, vendredi8 janvier 2026 (RHINEWS)– Le Secrétaire général des Nations Unies a regretté jeudi la décision des États-Unis de se retirer de dizaines d’organisations et de conventions internationales, dont plus d’une trentaine d’entités onusiennes, tout en affirmant que la « responsabilité d’agir » de l’ONU demeurait intacte et que l’organisation continuerait à remplir l’ensemble des mandats confiés par les États membres.
Dans un communiqué, le porte-parole d’António Guterres a pris acte de la signature, mercredi, par le président américain Donald Trump, d’un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 conventions et organisations internationales, au motif qu’elles « ne servent plus les intérêts américains ». La décision concerne notamment 31 agences et entités des Nations Unies, parmi lesquelles le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), le Fonds des Nations Unies pour la démocratie, ainsi que plusieurs bureaux du Secrétariat chargés, entre autres, des enfants dans les conflits armés et de la lutte contre l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. Quatre des cinq commissions régionales de coopération multilatérale de l’ONU sont également visées, selon le décret présidentiel.
Le mémorandum précise que, pour les entités concernées, « le retrait signifie la cessation de la participation ou du financement de ces entités, dans la mesure permise par la loi ». Le porte-parole du Secrétaire général a toutefois rappelé à Washington ses obligations financières envers l’organisation. « Les contributions obligatoires au budget ordinaire des Nations Unies et au budget des opérations de maintien de la paix, telles qu’approuvées par l’Assemblée générale, constituent une obligation juridique en vertu de la Charte des Nations Unies pour tous les États membres, y compris les États-Unis », a-t-il déclaré.
António Guterres a insisté sur la poursuite de l’action onusienne malgré cette annonce. « Toutes les entités des Nations Unies continueront de mettre en œuvre les mandats qui leur ont été confiés par les États membres », a indiqué son porte-parole, ajoutant que « les Nations Unies ont la responsabilité d’agir pour celles et ceux qui dépendent de nous » et qu’elles continueront de remplir leurs missions « avec détermination ».
Pour l’exercice 2026, l’Assemblée générale a approuvé un budget ordinaire de 3,4 milliards de dollars, en baisse par rapport aux années précédentes, marqué par une réduction de 15 % des ressources financières et une diminution d’environ 19 % des effectifs, rappellent les Nations Unies.
La décision américaine a suscité des réactions spécifiques dans le domaine climatique. Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Simon Stiell, a estimé que le retrait des États-Unis constituait un recul de la coopération climatique mondiale. « Les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans la création de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris, parce que ces deux instruments servent pleinement leurs intérêts nationaux », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Selon lui, « alors que tous les autres pays avancent ensemble, ce nouveau recul du leadership mondial, de la coopération climatique et de la science ne peut que nuire à l’économie américaine, à l’emploi et au niveau de vie », dans un contexte d’aggravation des incendies de forêt, des inondations, des tempêtes majeures et des sécheresses. Il a qualifié cette décision d’« autogoal colossal », estimant qu’elle rendrait les États-Unis « moins en sécurité et moins prospères ».
M. Stiell a souligné que la convention-cadre poursuivrait son travail, affirmant que « les portes restent ouvertes pour que les États-Unis reviennent à l’avenir, comme ils l’ont fait par le passé avec l’Accord de Paris ».

