OEA : Albert Ramdin appelle à accélérer les efforts sur la sécurité et les élections en Haïti…

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PORT-AU-PRINCE, mercredi 19 août 2026 (RHINEWS)– Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a appelé mercredi à accélérer les efforts internationaux en matière de sécurité et de préparation électorale en Haïti, à l’issue d’une visite d’une délégation interaméricaine et internationale de haut niveau dans le pays.

Dans une déclaration publiée à la fin de la mission, M. Ramdin a indiqué que la délégation, composée notamment de représentants de l’OEA, de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), des Nations unies, de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque mondiale et de la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), avait cherché à évaluer la situation et à identifier les besoins prioritaires.

« Nous nous en allons avec une meilleure compréhension des priorités et des besoins d’Haïti et avec une conclusion claire : nous devons collectivement accélérer le travail en matière de sécurité et d’élections, les deux priorités les plus immédiates et interdépendantes d’Haïti », a déclaré le secrétaire général de l’OEA.

La délégation a notamment rencontré le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon M. Ramdin, les discussions ont porté sur les progrès réalisés ainsi que sur les difficultés persistantes auxquelles font face les autorités haïtiennes.

« Les acteurs politiques et institutionnels d’Haïti doivent agir ensemble et rester concentrés sur l’objectif fondamental : rétablir un gouvernement constitutionnel et démocratiquement élu par le biais d’un processus électoral crédible », a-t-il affirmé.

Sur le plan sécuritaire, le secrétaire général de l’OEA a indiqué que les membres de la délégation soutenaient le renouvellement, aux Nations unies, du mandat de la Force de suppression des gangs, connue sous son sigle anglais GSF.

Il a toutefois estimé que le renouvellement du mandat ne suffirait pas à lui seul. « J’appelle les États membres de l’OEA et les partenaires internationaux qui ont engagé du personnel, des équipements ou des ressources financières à accélérer la réalisation de ces engagements », a déclaré M. Ramdin.

Selon lui, les opérations de la GSF doivent contribuer à améliorer la sécurité de la population et à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections dans un environnement sécurisé. Il a notamment cité comme objectifs immédiats la réduction du contrôle territorial exercé par les gangs armés, la sécurisation de la principale voie d’accès à l’aéroport international, le maintien de l’accès à l’aéroport et au port ainsi que le rétablissement d’un accès sécurisé vers le sud du pays.

Les échanges avec la direction de la GSF ont également renforcé, selon M. Ramdin, la nécessité de doter la force du personnel, du financement, du soutien logistique et des capacités opérationnelles nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

La délégation a également abordé la dimension sanitaire de la crise. L’OEA a souligné le rôle de l’OPS dans la réponse aux épidémies de choléra, l’assistance aux populations déplacées, la prise en charge des traumatismes à Port-au-Prince ainsi que la protection des femmes et des enfants.

À l’issue de la mission, un engagement a été pris pour travailler avec la Police nationale d’Haïti (PNH) à la création de centres de prise en charge des traumatismes destinés aux policiers blessés. L’OEA et l’OPS doivent collaborer avec d’autres partenaires à la mise en œuvre de cette initiative.

Sur le plan électoral, Albert Ramdin a salué le travail réalisé par le Conseil électoral provisoire (CEP), l’Office national d’identification (ONI), le gouvernement et les autres institutions concernées en préparation des élections prévues le 13 décembre 2026.

« Nos discussions avec le CEP ont été ouvertes, larges et constructives », a-t-il indiqué, tout en appelant à accélérer le calendrier électoral. Il a notamment insisté sur la nécessité d’intensifier l’enregistrement et l’identification des citoyens ainsi que les campagnes d’information, de sensibilisation et de mobilisation des électeurs.

Le secrétaire général de l’OEA a également souligné l’importance de la confiance dans les règles régissant les candidatures et dans leur application. Les éventuelles préoccupations relatives à l’éligibilité de candidats ou à de possibles liens avec des activités illicites, a-t-il estimé, doivent être examinées de manière transparente et conformément à la législation haïtienne et aux bonnes pratiques électorales internationales.

« L’OEA maintiendra une évaluation continue à la fois des conditions de sécurité et des préparatifs électoraux. Ces deux dimensions ne peuvent pas être séparées », a déclaré M. Ramdin.

La mission a par ailleurs été marquée par plusieurs accords et initiatives. L’OEA a annoncé la formalisation de l’adhésion d’Haïti à la CAF – Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes, à travers une opération facilitée par l’organisation interaméricaine. Cette adhésion doit notamment permettre à Haïti d’accéder à des financements, à une coopération technique et à différents instruments de développement.

Un nouvel accord de coopération de trois millions de dollars a également été signé avec le gouvernement japonais pour renforcer l’identification civile. Le projet prévoit notamment l’acquisition de 350.000 cartes d’identité biométriques, l’élargissement des services mobiles d’enregistrement et un renforcement de la coordination entre l’ONI et le CEP.

Un autre accord a été conclu avec l’organisation non gouvernementale brésilienne Viva Rio, dans la continuité des programmes soutenus par le Canada visant à renforcer la cohésion sociale et à élargir les possibilités offertes aux jeunes et aux femmes affectés par les violences.

L’OEA prévoit également, avec des organisations du secteur privé, dont le Conseil des entreprises d’Amérique latine (CEAL), d’organiser prochainement une délégation de dirigeants d’entreprises afin d’examiner des possibilités d’investissement en Haïti susceptibles de contribuer à la création d’emplois et de revenus.

Pour Albert Ramdin, ces initiatives doivent illustrer le passage de la communauté internationale « de la solidarité et des engagements à la mise en œuvre et aux résultats ».

La mission doit être suivie de nouvelles consultations au sein de l’OEA. Le secrétaire général a annoncé qu’il présenterait, le 26 août, au Conseil permanent de l’organisation un rapport sur les conclusions de la délégation et les domaines nécessitant une action supplémentaire. Une nouvelle réunion du Groupe des amis d’Haïti est également prévue le 4 septembre afin de poursuivre la mobilisation d’un soutien politique, technique et financier.

« Haïti se trouve à un moment décisif. L’avenir d’Haïti appartient avant tout au peuple haïtien. Mais la communauté internationale a également des responsabilités », a déclaré M. Ramdin.

Il a conclu en appelant à accélérer l’appui dans le domaine de la sécurité, à intensifier les préparatifs électoraux, à honorer les engagements déjà pris et à veiller à ce que la coopération internationale produise « des résultats que les Haïtiens puissent voir et ressentir dans leur vie quotidienne ».